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Une mauvaise rhétorique fiscale !

Il était plus qu’urgent de rétablir rapidement l’équilibre des comptes publics dès le lendemain de l’élection présidentielle de 2007. Et c’était le bon moment, dans la foulée de cette victoire, conformément à l’attente des électeurs de la majorité. On a préféré tergiverser. On a dit, comme on le disait depuis plus de 30 ans : «attendons la reprise de la croissance»…

Cent fois le Président a dit : «je n’augmenterai pas les impôts». Il fallait donc réduire les dépenses. En laissant augmenter la dette, on augmentait les impôts de demain. Nous y sommes…
Notre système fiscal (impôts + taxes + cotisations sociales) est chaque année plus complexe. Le code des impôts compte 1500 pages !… Chaque impôt comporte des exceptions, des exemptions, des plafond et des seuils. Quelqu’un inventa un jour le terme de «niche fiscale». Chacune de ces «niches» correspond en fait à une volonté politique de l’Etat. Comme une «niche» est sensée favoriser telle ou telle forme de consommation, d’investissement, de comportement ou de contrat, il est tout à fait surprenant que les «bénéficiaires» de ces «niches» soient ensuite stigmatisés, alors qu’il se sont comportée en citoyens obéissants…

Ces «niches» sont sans doute des diminutions de recettes, mais certainement pas des  dépenses budgétaires au sens strict du terme. «Raboter» les niches fiscales c’est donc augmenter les impôts…

De ce fait, l’engagement présidentiel, ré-interprété par le secrétaire général de l’UMP, devient : «nous augmenterons les impôts de quelques-uns, pas ceux de tous». Grosse finesse…

Ce ne sont pas les niches fiscales qu’il fallait raboter, ce sont les dépenses budgétaires ! Ce ne sont pas les fausses dépenses qu’il fallait réduire, mais les vraies !

Alain Dumait

www.dumait.fr

5 commentaires pour “Une mauvaise rhétorique fiscale !”

  1. Vous avez raison mais inutile de remettre de l’huile sur le feu, il y en a assez.

    Il faut voir, étudier, et appliquer la méthode qui nous
    permettra de faire aussi bien que l’Allemagne quitte à la copier purement et simplement.

  2. Il y a niches fiscales (APL et 1/2 part) et niches fiscales…
    Que Pensez-vous de la « Niche Copé » sur les plus-values exonérant (de 33%) les Sociétés ? celle qui a privé l’État de 22 milliards €uro sur 3 ans.

    Quand on dit l’ » État », on penses aux contribuables

  3. Génial Thomas !
    Commençons par supprimer le SMIC, bosser pour 2 ou 3 euros de l’heure, mais quel pied !

    L’exemple à suivre est plutôt à chercher du côté du Canada.
    Réduction drastique du train de vie de l’ État !
    (et pas bazarder à vil prix les joyaux de la république comme le font les mécréants italiens)

  4. Rajoutons à votre article une actualité brulante: le versement des prélèvements sociaux sur les « intérêts » de l’assurance-vie non plus au moment des « rachats » mais au fur et à mesure des années de cotisations…Car l’assurance-vie appartient semble t’il à ces fameuses niches fiscales immorales pour le gouvernement.

    J’ai 30 ans et j’appartiens à cette génération qui n’a jamais connu une France sans déficit et sans chômage de masse.
    J’appartiens à cette génération qui va payer les retraite de ses parents et qui devra, de surcroît financer l’éventuelle dépendance de ceux-ci en plus.
    Ma retraite? elle sera uniquement possible grâce à mon épargne et celle de mon épouse.
    Comment? par l’assurance vie, placement préféré des français.
    On vient maintenant pocher dedans avant nous.

    Et, grande question: on prélèvera la CSG lors des versements (OK) mais si les placements sur des supports risqués se traduisent par des pertes? On nous remboursera les prélèvements sociaux correspondants?
    C’est bizarre mais je ne le pense pas.

    Vous avez raison, quand vous écrivez : « Ce ne sont pas les niches fiscales qu’il fallait raboter, ce sont les dépenses budgétaires ! Ce ne sont pas les fausses dépenses qu’il fallait réduire, mais les vraies ! » mais cela est vrai depuis 30 ans.
    Et depuis 30 ans, rien ne bouge.
    Et dans 30 ans, rien n’aura bougé…

  5. Il était évident qu’un jour il faudrait payer l’addition.Croire en la croissance pour le faire alors que les emplois non qualifiés quittent le pays depuis cinquantes ans était une illusion que ne pouvaient ignorer nos dirigents politiques.La plus part de ces dirigeants sont encore vivants.Je pense que nous devrions leur demander des comptes pour leur mauvaise gestion.
    La roche tarpéenne doit rester près du capitole

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