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Sommet de Copenhague : bataille pour des gros sous !

Sommet de Copenhague : bataille pour des gros sous

Alors que le sommet de Copenhague s’achève ce week-end, Jean-Michel Bélouve, auteur de La Servitude climatique*, livre son analyse au Cri.fr.
On aura très peu parlé de climat à la Conférence de Copenhague. Le débat a porté essentiellement sur les aides financières que 127 pays en développement obtiendront des 38 pays que le Protocole de Kyoto classe dans la catégorie des pays développés.

Rappelons les principes adoptés lors de la création de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) en 1992, et son prolongement, le Protocole de Kyoto, signé en 1998 et mis en vigueur en 2005. Dans ces deux traités, les états membres se mettaient d’accord sur « la responsabilité partagée, mais différenciée des nations » dans l’augmentation constante de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et, par voie de conséquence, d’après le GIEC, dans le réchauffement climatique.

Tous les pays membres disent être prêts à unir leurs efforts pour lutter contre l’effet de serre et à favoriser l’adaptation des hommes et de la nature aux augmentations de température. Mais, parce que leur industrialisation a commencé depuis 100 à 200 ans, et que leurs habitants consomment beaucoup d’énergie, les pays développés seraient les principaux responsables de l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. Le Protocole de Kyoto leur imposait donc de réduire leurs émissions de CO2 de 5,2% entre 2008 et 2012 (par rapport aux émissions de l’année 1990), et mettait en place des mécanismes pénalisant financièrement les acteurs économiques de ces pays développés qui émettent en excès des gaz à effet de serre. Par contre, le protocole n’imposait aucune contrainte aux pays en développement.

La Conférence de Copenhague a pour but de prévoir une suite au Protocole de Kyoto en vigueur jusqu’en fin 2012. Il est question de durcir considérablement les réductions de gaz à effet de serre, et surtout, de créer une caisse commune, alimentée par des contributions financières des 38 pays dits développés,  et destinée à financer les pays « en développement » dans leur effort pour une modernisation écologiquement satisfaisante de leurs économies.

Les étapes de préparation du sommet de Copenhague ont posé le principe de contributions se situant entre 0,5 % et 1% des PIB des pays développés, à débattre à Copenhague (conférence de Poznan, décembre 2008), ce qui représente, pour la seule France, 10 à 20 milliards d’euros, soit 320 à 640 euros/an par foyer fiscal ! Depuis, les Chinois, plus gros émetteurs de CO2 de la planète, ne cessent d’exiger le maximum de la fourchette, 1% . Ils ont le soutien des indiens, des brésiliens, des sud africains et des mexicains, tous pays dont l’industrie est en forte croissance. Il est aberrant, en pleine débâcle économique,  de laisser publier des montants de cette ampleur, mais c’est pourtant ce que les représentants de la France et des 37 autres pays développés ont accepté de voir figurer au communiqué final de la conférence de Poznan.  Bien entendu, il n’est pas question que les 38 pays concernés acceptent un tel sacrifice à Copenhague. Et c’est cette question qui constitue le principal motif de dispute.

Sans attendre 2013, l’Union Européenne s’est déjà engagée à donner 7,2 milliards d’euros pour la période 2010-2012. Pour obtenir un accord, il faudra offrir beaucoup plus pour la période 2013-2020. Il apparait toutefois que cet argent constituera pas entièrement une dépense nouvelle, mais qu’une partie de la somme sera prélevée des enveloppes prévues pour le développement des pays déshérités : programmes alimentaires, hygiène et santé, ressources en eau, alphabétisation … Ainsi, la poursuite de chimères climatiques conduit à sacrifier les besoins élémentaires des plus pauvres des habitants de la Terre.

Quand à nos économies, elles subiront le double coup de réductions drastiques des émissions de CO2, ce qui s’obtiendra partiellement d’ailleurs par la délocalisation vers les pays en développement de nos industries les plus gourmandes en pétrole, gaz et charbon, et de la perte d’un peu de nos PIB. 0,5% de notre revenu national donné à une caisse extérieure, c’est plus qu’un demi-point de perte de croissance, car il n’y a aucune contrepartie à ce don. Cette perte entraine directement une diminution équivalente de revenus et d’emplois, ce qui provoque à son tour de nouvelles pertes, et donc un processus cumulatif de récession.

Et si, finalement, on tombait d’accord sur des aides beaucoup moins élevées ? Alors, disent les économistes « réchauffistes » et les écologistes, il n’y a aucune chance de conjurer la hausse des températures et leurs effets catastrophiques.

Un autre sujet de discorde est la réponse à la question : qui va gérer la cagnotte ? L’ONU, appuyée par tous les pays en développement, exige qu’on la lui confie. Cela fait longtemps que cette organisation cherche à se doter de fonds qui lui donneraient les premiers attributs d’une structure de gouvernance mondiale autonome : tour à tour, elle cherche à se faire attribuer une taxe Tobin, une taxe sur les émissions de CO2, une taxe sur les transports aériens… L’argent du développement propre des pays de l’ex Tiers Monde l’attire. Mais pour les pays en développement, ils n’en est pas question. Ils se méfient de l’ONU, dont les comptes et les pratiques financières sont particulièrement opaques et troubles, et veulent que la caisse soit gérée par le FMI et/ou la banque Mondiale, moins complaisantes vis-à-vis des pays en développement.

Et qu’en est-il des doutes qui s’accroissent sur le fondement scientifique de l’effet de serre, dont les insuffisances deviennent de plus en plus évidentes ?
Quid du récent scandale du « climategate », qui a mis en évidence des pratiques de trucage des données scientifiques et des manœuvres visant à empêcher la publication de travaux scientifiques réfutant les thèses  du GIEC ? Et bien, les pontifes rassemblés à Copenhague n’en tiennent  pas compte, si l’on excepte une protestation extrêmement vive du délégué d’Arabie Saoudite, le premier mardi de la conférence. Impavides, ignorant superbement l’inutilité des mesures dont ils discutent eu égard aux objectifs climatiques, ils poursuivent leur dialogue coupé des réalités…

*La servitude climatique retrace l’histoire changement climatique, replacé dans le contexte de l’évolution contemporaine de la société, couvrant les aspects historiques, scientifiques, médiatiques, économiques et géopolitiques du phénomène. A découvrir sur le site de l’auteur : www.belouve.fr

2 commentaires pour “Sommet de Copenhague : bataille pour des gros sous !”

  1. Le CO2 rejeté par l’homme représente 1% du CO2 rejeté par la nature. Le CO2 représente 10% des gaz à effet de serre de l’atmosphère. Le CO2 rejeté par l’homme représente donc 1 pour mille des gaz à effet de serre de l’atmosphère!( soit une cuillère à café sur un seau de 4 litres). J’encourage les lecteurs à consulter le site » pensee-unique.fr » . Ils y trouveront une foule d’informations ARGUMENTEES ( mais politiquement incorrectes) sur le  » changement climatique ».

  2. Bonnes Réformes à Toutes et à Tous !

    Je reviens à l’ instant du BAR TABAC :

    Un des usagers de ce commerce de proximité , nous fait remarquer que les politiciens ont aisément trouvé de l’ argent pour installer des radars le long des routes …

    Mais , alors quand il est question d’ acheter des équipements pour enlever la neige , ils ne trouvent pas les financements !

    Coupés des réalités vécues par nos concitoyens , je suppose que les politiciens attendent que le réchauffement climatique solutionne le problème !
    Ecoutez , je n’ ai aucune idée sur la météo qu il va faire en 2060; mais je dois livrer des clients le 21 12 2009 , et tout ce que je demande ,avec toutes les taxes et les réglementations que l’ on met sur les poids lourds , qu’ au moins les routes du pays soient nettoyées !

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