DETTE DE LA FRANCE

Le 16/06/2009

La Sécurité sociale au bord du gouffre

C’est tout simplement du jamais vu. Le chiffre a été officiellement annoncé ce matin : le déficit de la sécurité sociale devrait atteindre pour 2009, 20,1 milliards d’euros ! Ce qui représente un tiers du produit de l’impôt sur le revenu payé par les ménages en 2008.

Les raisons de ce trou abyssal ?

Lors d’une conférence de presse, le ministre du Budget a déclaré, « c’est le reflet parfait, exact de la crise, ce n’est pas dû à un dérapage de la dépense » !

C’est faux !

Depuis plus de trente ans, les dépenses de protection sociale ont doublé. Depuis la création de la sécu, les droits sociaux n’ont cessé de s’étendre – création de la couverture maladie universelle ou encore création de la CME (Couverture Maladie pour les Etrangers) qui représente un coût de près de un milliard d’euros par an – sans réelle étude d’impact sur les finances publiques et surtout sans aucun contrôle.

Les déficits des hôpitaux n’ont cessé de s’aggraver. Un milliard d’euros fin 2008, s’est alarmé la Fédération hospitalière de France (FHF).

Se pose désormais la question des mesures qu’envisage le gouvernement.
Une augmentation de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) ou de la CSG (contribution sociale généralisée) semble être exclue. Mais un remplacement des cotisations sociales patronales par des recettes fiscales pourrait être envisagé.
Un vaste plan d’économies qui concerne essentiellement les dépenses de la branche maladie a également  été annoncé. Le gouvernement demande à l’assurance maladie de renforcer les contrôles  sur les deux postes de dépenses qui augmentent le plus : les indemnités journalières pour arrêt maladie et les transports sanitaires. Quelques 1000 lettres seront envoyées aux « gros prescripteurs » d’arrêt de travail. Plus de 200 hôpitaux, qui prescrivent le plus de transports sanitaires, devraient être visités pas les services de la sécurité sociale pour les sensibiliser. La chasse au gaspi de la sécurité sociale semble donc engagée. On ne peut qu’approuver l’initiative du gouvernement.

Autre piste envisagée, le relèvement de l’âge légal minimal de départ à la retraite, évoquée hier par le ministre du travail…

Le dernier plan d’économies engagées, élaboré par Philippe Douste-Blazy en 2004, voté avec un nouvel alourdissement de taxes et de prélèvements – participation du patient lors de chaque consultation, passage chez un généraliste obligatoire avant une consultation chez un spécialiste, déremboursement de certains médicaments, prolongement de la CRDS au-delà de 2014 – promettait un retour à l’équilibre en 2007 ! Des pratiques inadmissibles et sans succès à une époque où nous sommes plus nombreux, où l’on vit plus longtemps et où l’on doit être mieux soigné ! Tout cela en dit long sur les prétendues réformes de la sécu.

L’Etat devrait plutôt s’attaquer à une vraie réforme de fond de notre système social. Les déficits perdureront tant que ne sera pas revu l’organisation de la Sécu et tant que ne sera pas envisagé une mise en concurrence plus avancée de l’Assurance maladie.

Le système actuel ne peut plus durer. Les Français ne veulent plus payer les dettes de la Sécu au détriment de leur santé !

Aller plus loin…

Lire la monographie Combien nous coûte, à vous et moi, la Sécurité sociale ?

Cet article est taggé dans:

Il y a 2 réactions.


Par CRONENBERGER, le 21/06/09 à 12:42

J’ai récemment entendu quelqu’un qui allait chez le médecin avec sa liste de médicaments. Stop aux médecins « secrétaires » complaisants ! En 1 h il peut « traiter » 10 patients et flinguer la CPAM avec ces prescriptions démesurées et je ne parle pas des arrêts maladie fictifs… pour entretenir leur clientèle…

Beaucoup d’étrangers viennent aussi se faire soigner avec la carte de la sécu de son frère ou son cousin, soeur, tante, et j’en passe vivant en France… Ici les soins sont gratuits et de bonne qualité et le contrôle ? …

Par NOLA, le 23/06/09 à 20:48

Dans les dépenses maladie, il y a aussi le coût des médicaments que vous n’évoquez pas. Ils sont faramineux car grâce à notre système de remboursement, les laboratoire pharmaceutiques, ces géants qui font des milliards de bénéfices, peuvent se permettent de les vendre plus cher.
Plus amusant encore, alors qu’on pourrait en fabriquer à bas coût une fois que le brevet est passé dans le domaine public (les génériques) eh bien, les labos qui investissent plus dans le marketing que la recherche en créent un autre légèrement différent mais avec la même molécule pour bénéficier à nouveau d’un dépot de brevet( exemple INNEXIUM)
Ils sont aussi capables de créer des maladies qui n’existent pas pour vendre le médicament sensé les soigner (exemple un viagra féminin)
Ce sont aussi les laboratoires qui se chargent de la formation professionnelle des médecins prescripteurs tout au long de leur carrière. Bien pratique quand on vend un médicament pour une maladie chronique qui offre la même chose que l’aspirine mais coûte 27 fois plus cher!(exemple dont je ne me rappelle pas le nom mais les médecins le connaissent bien)
Quand à l’ASFA qui donne les autorisations de mise sur le marché, elle accepte 90% des médicaments et fonde ses autorisations de vente sur les études effectuées par les labos eux mêmes faute de financements publics.
Je continue?
Et quand les labos ont fabriqué une molécule dangereuse pour la santé et que des patients en meurent ils refusent de prendre leurs responsabilités et gagnent les batailles juridiques car en france on ne peut pas se défendre en groupe.
Les exemples sont nombreux, je ne citerai ici que le distilbène!
Il y aurait pléthore à dire contre ce système de sécurité sociale que nous finançons et contre lequel ,curieusement, les médecins se révoltent si peu. Y verraient-ils un quelconque intérêt personnel?

Poster votre réaction