72 % des Français pour l’alignement des retraites du public sur le privé. Sondage exclusif BVA–Contribuables Associés
Entretien exclusif avec Michel Brulé, cofondateur de l’institut BVA : « Les syndicats sont le fer de lance du corporatisme le plus éhonté »
- Que vous inspire ce sondage ?
Sur la question concernant les inégalités face à la retraite, celles-ci sont massivement rejetées par l’opinion, que l’on soit de gauche ou de droite, que l’on soit agent public ou salarié du privé. Rappelons qu’en matière de retraite, on distingue trois catégories de Français : les salariés du privé, qui après la sévère réforme Balladur de 1993 ne peuvent guère espérer toucher plus d’un euro de pension pour un euro versé en cotisation ; les fonctionnaires, pour lesquels ce rapport, en dépit de la réforme Fillon de 2003 est d’environ deux euros de pension pour un euro de cotisation ; enfin les bénéficiaires des régimes spéciaux, où le rapport passe à trois pour un. Ce ratio à l’avantage de synthétiser les multiples différences entre régimes : taux de cotisation, âge de départ, montant de la pension, mode de revalorisation, etc. Or ce qu’on nous propose aujourd’hui, c’est de demander aux plus privilégiés de s’aligner sur le niveau intermédiaire, celui des fonctionnaires, sur un seul critère, celui de la durée de cotisation requise pour toucher une retraite à taux plein.
- Il n’est plus question de l’égalité des Français devant la retraite qu’évoquait le candidat Nicolas Sarkozy.
Non, il est question d’une réforme a minima qui laisse intacte la majeure partie des privilèges des salariés des régimes spéciaux. Comme la réforme Fillon laissait intacte la majorité des avantages des fonctionnaires par rapport aux salariés du privé.
En braquant le projecteur sur la seule durée de cotisation – qui n’explique qu’une modeste part du surcoût des régimes spéciaux – on trompe les Français en leur faisant croire à une égalité fictive. Mais comme l’ignorance sur ce sujet, très technique, est générale, et que ni les gouvernements successifs ni les médias ne contribuent à la dissiper, on peut assez facilement faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes. Et permettre aux syndicats de se poser en défenseurs de l’intérêt de tous, lors même qu’ils sont essentiellement devenus le fer de lance du corporatisme le plus éhonté.
- Ce qui se retrouve dans les réponses aux deux autres questions de notre sondage…
Effectivement, puisqu’on y voit une moitié des salariés du privé dire que les syndicats défendent les gens comme eux, ce qui n’est sûrement pas le cas en matière de retraites. Il est vrai que pour 34 %, les syndicats les défendent « un peu », ce qui n’est pas très enthousiaste.
Cela rappelle la situation de décembre 1995, lorsque le gouvernement Juppé, faute d’avoir informé convenablement les Français, avait dû capituler devant des grèves massives des agents publics, présentées comme la défense de notre système de protection sociale. Alors que dès que Juppé renonça à toucher aux régimes spéciaux, tout rentra dans l’ordre.
- On retrouve les effets de cette désinformation dans les réponses à la troisième question.
En effet. Les Français sont convaincus que nos syndicats (sans syndiqués) auxquels les gouvernements ne cessent de dérouler le tapis d’honneur réservé aux « partenaires sociaux », demeurent représentatifs de l’ensemble des salariés. Ils souhaitent donc leur voir jouer un rôle plus important. On voit le chemin qu’il reste à accomplir pour leur faire toucher du doigt l’acharnement avec lequel ils défendent en fait les privilèges des agents publics.
Et ce n’est apparemment pas plus sur ce gouvernement que sur ceux qui l’ont précédé que l’on peut compter pour leur dire ces vérités. Quand on fait toucher du doigt aux Français une de ces inégalités – la durée de cotisation par exemple – ils la rejettent massivement.
Voir le sondage BVA au format pdf





qu’est-ce qu’on attend pour descendre dans la rue pour manifester CONTRE LES SYNDICATS des transports et pour l’abolition des privilèges des régimes spéciaux ? organisez nous une manif svp !!!
…Les 28%de français ayant voté contre l’alignement des retraites du public sur le privé font certainement partie du PUBLIC.
Je pense sincèrement que salariés et entrepreneurs (du petit libéral BNC à la mega entreprise), devraient descendre dans la rue: ce serait justice.
Qu’il en soit fini des privilèges qui donnent l’illusion d’un pouvoir au service public…Nicolas Sarkozy doit appliquer la “rupture” à ce niveau-là et nous devons l’y aider.
Lydie.
il ne devrait y avoir qu’un seul régime….
un conducteur de T.G.V. travaille moins de 30 heures,et part à 55 ans avec ubne “SACREE RETRAITE”….
etc etc