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Le vœu de Borloo : 300 milliards d’euros d’impôts en plus…

Pauvre Jean-Louis Borloo ! Invité du Grand-Jury RTL le 17 décembre dernier, il a déclaré que le départ de Johnny Hallyday pour la Suisse lui « fait de la peine » !

L’émigration fiscale de nos compatriotes n’a pas fini de chagriner le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, pour peu que les mesures qu’il préconise soient appliquées. Au dernier congrès du Parti radical, Jean-Louis Borloo a, en effet, proposé de transférer sur la fiscalité la moitié des charges sociales qui pèsent sur les entreprises et les salaires. La France, rappelle-t-il, est le pays d’Europe qui « taxe le plus la personne au travail ». L’opération vise donc à alléger ces charges pour permettre aux employeurs d’augmenter les salaires directs, ce qui devrait relancer la croissance par la consommation.
« Il y en a pour 600 milliards d’euros », a dit le ministre. «Eh bien, si on décide de diviser par deux, ce qui est vital, il va falloir qu’on propose 300 milliards d’euros au moins de transferts sur d’autres assiettes. »
Lesquelles ? « Ça sera un peu sur le patrimoine, un peu sur les flux financiers, un peu sur l’impôt direct, sur la consommation, sur les mutations et il y en aura pour 300 milliards », répond-il. À la louche… «Au total, c’est toujours le même flux », se défend-il; ce que le directeur de la rédaction du Figaro, Nicolas Beytout, résume ainsi: « En gros, vous baissez les taxes et vous montez les impôts. »
Raison de plus pour s’interroger sur l’efficacité du transfert. L’augmentation des salaires a peu de chance de relancer la croissance, si elle s’accompagne d’une hausse correspondante des prélèvements obligatoires –y compris ceux qui frappent la consommation, ou les sociétés. Par ailleurs, en taxant davantage encore les droits de succession et de mutation – qui, reconnaît le ministre, « ont explosé cette année » – on n’aboutira qu’à inciter à l’exil fiscal les plus fortunés et à étrangler les classes moyennes. Au lieu de cette politique de vases communicants, la sagesse voudrait que l’on baisse les dépenses pour diminuer les prélèvements sociaux. Jean-Louis  Borloo, hélas, n’a pas envisagé cette solution.

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