Le programme Sarkozy : 35 milliards d’euros
Combien coûteraient les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy ? L’Institut de l’Entreprise a fait plancher ses experts, calculette en main.
Comme les partis politiques se gardent d’évaluer le coût de leur programme, force est de le faire à leur place! L’Institut de l’entreprise (voir encadré), a fait ses calculs. Le Parti socialiste dépasse déjà les 50 milliards d’euros. Pour le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy, la note augmente de discours en discours.
D’abord des mesures en faveur des jeunes. Nicolas Sarkozy propose « un service civique par lequel chaque jeune Français entre 18 et 30 ans donnera aux autres six mois de son temps ». Obligatoire, ce service concerne 300000 jeunes. S’ils étaient payés 300 à 400 euros mensuels, cette mesure coûterait 3,1milliards d’euros. Ce service civique obligatoire donnerait au jeune un droit à la formation pendant les six premiers mois de sa première expérience professionnelle. Estimation: 200millions d’euros.
« Je veux qu’un nombre plus important de jeunes ait accès à l’enseignement supérieur », déclare par ailleurs le patron de l’UMP. Cette hausse serait progressive: il en coûterait 470 millions la première année et 2,24 milliards après cinq ans. Hypothèse médiane: 1,5milliard.
Il propose enfin d’affecter dans des classes de 15 les élèves en difficulté. Si la mesure concerne tous les élèves de ZEP, elle coûterait 1,1 milliard.
En matière d’emploi, le ministre candidat souhaite exonérer de charges sociales et d’impôts toutes les heures supplémentaires. Perte de charges sociales, perte d’impôt sur le revenu: un manque à gagner de 4,6milliards pour l’État et la Sécurité sociale.
L’une de ses mesures phares, et qui a fait quelque bruit dans le Landerneau politique, concerne la fiscalité: « Je propose que chacun puisse transmettre à ses enfants sans aucun droit de succession le patrimoine constitué tout au long d’une vie de travail», affirme-t-il. Perte estimée pour le budget de l’État: 6,3milliards.
En ce qui concerne la santé, «l’alignement des honoraires des généralistes sur ceux des spécialistes (…) ne doit plus être une question taboue », rappelle Nicolas Sarkozy. Ce qui signifie qu’il faut relever les tarifs des consultations des médecins généralistes. Coût supplémentaire pour la Sécurité sociale: 600 millions d’euros.
Nous voilà à 17,4 milliards. À ces propositions il faut ajouter celles du fameux discours de Périgueux, le 12 octobre. Le futur candidat de l’UMP s’est surpassé: les mesures annoncées coûteraient, selon les experts de Débat 2007, 12 milliards. Citons, pêle-mêle, les exonérations de charges pour les heures supplémentaires (4,6 milliards), les indemnités chômage pour les bas salaires (1,8 milliard), les retraites des mères de famille (de 1,8 à 3,7 milliards), l’amélioration des gardes d’enfants (entre 1,2 et 3,6milliards), le soutien aux élèves dans les banlieues (1,1 milliard), l’amélioration de la prise en charge de la dépendance (0,8 milliard) et, cerise sur le gâteau, l’effectivité du droit au logement: 0,5 milliard. Résultat total: 35 milliards d’euros.
Quelques propositions vont certes dans le bon sens: la « remise à plat » des 35 heures dans le secteur public, par exemple, ou la réforme de l’État (suppressions des commissions inutiles, gestion des fonctionnaires par métiers et non plus par corps). De même la suppression des droits de succession, pour laquelle milite Contribuables Associés depuis toujours. Mais on peut s’étonner de la teneur étatique de beaucoup de ces mesures. Formation professionnelle, études supérieures, civisme des jeunes: ces domaines gagneraient à être pris en charge par le secteur privé (entreprises ou associations). De la part d’un candidat de «rupture», on s’attendait à ce qu’il rompe davantage avec les mauvaises habitudes françaises. En faisant des propositions d’économie, par exemple…
Article extrait du Cri du Contribuable numéro 17






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