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Grèves : non à la dictature des minorités

Guy Teissier, député UMP des Bouches-du-Rhône et président de la Commission de la défense, est l’auteur d’une proposition de loi qui soumettrait au droit de vote la reconduction des grèves.

+ Dans quelles conditions avez-vous déposé votre proposition de loi concernant le vote pour la reconduction de la grève ?

Je suis élu de Marseille, où l’on garde un souvenir cuisant de deux conflits catastrophiques: celui de la RTM, en 2005, qui a duré 43 jours, et celui de la SNCM, l’an dernier, qui a failli mettre à bas cette entreprise. Ces deux grèves interminables sont révélatrices des relations sociales actuelles. Aujourd’hui, les conflits syndicaux sont d’un autre âge; patrons et employés s’opposent frontalement. Il faut refonder le dialogue social. C’est dans cette optique que j’ai déposé, en février, ma proposition de loi qui stipulait qu’au-delà de huit jours de grève, on ait obligatoirement recours au vote à bulletins secrets par l’ensemble des salariés de l’entreprise. On ne peut pas continuer avec cette dictature d’une minorité sur une majorité, car c’est bien de cela qu’il s’agit, dont les clients de l’entreprise sont les principales victimes. Et les contribuables: la grève du 8 novembre, à la SNCF, va coûter 20 millions; une journée de grève à Air France, c’est 35 millions d’euros. S’il y avait consultation, tout le monde y trouverait son compte. Si une majorité veut mettre fin à la grève, cela prouverait qu’elle n’est pas légitime. Si par contre, il y a une majorité pour, cela crédibilise l’action syndicale, et la direction de l’entreprise devra apporter des réponses aux revendications.

+ Pourquoi un vote sur la reconduction et l’arrêt de la grève, et pas sur son déclenchement ?

Parce que je ne suis ni contre le droit de grève ni contre les syndicats.

+ Vous reconnaissez-vous dans la proposition que Nicolas Sarkozy fait sur ce point ?

Oui. Ce qu’il propose ressemble beaucoup à ce que j’avais proposé. Je suis très heureux qu’un candidat à la présidence de la République se soit –peut-être– inspiré de ma proposition de loi. Mais on a parfois tort d’avoir raison trop tôt !

+ Certains juristes objectent que le droit de grève étant un droit individuel, on ne peut le faire dépendre d’un droit collectif.

C’est un raisonnement spécieux ! Un vote, par nature, est individuel, quelle que soit sa nature. La grève, elle par définition est une action collective. Si vous vous arrêtez individuellement de travailler, vous n’êtes pas en grève, par contre votre employeur peut vous licencier pour faute lourde ! Ceux qui veulent opposer un droit individuel à un droit collectif, veulent en fait que rien ne change.

+ Autre argument juridique: si la grève est illégale, il y aurait conflit entre l’illégalité de la grève et la légalité de la grève votée.

Mon texte a toute sa cohérence dans l’hypothèse d’une grève dûment déclarée, ce qui est la majorité des cas. Si la grève est illégale, le vote peut la rendre socialement légitime, mais pas juridiquement légale. La vraie question est à savoir si elle peut durer indéfiniment ou pas.

+ Y a-t-il des exemples d’une telle procédure à l’étranger ?

Non, et pour une bonne raison : chez nos voisins nordiques, par exemple, les syndicats sont puissants, représentatifs et pratiquent un dialogue social apaisé. La grève n’est que l’ultime recours, quand toutes les autres possibilités ont été épuisées. En France, on commence par faire grève. C’est dû à l’extrême faiblesse des syndicats, qui se comportent en minorité agissante.

Article extrait du Cri du Contribuable numéro 18

Un commentaire pour “Grèves : non à la dictature des minorités”

  1. Je d’accord en France on fait gréve et en suite on négocie mais le gros probléme étant que les syndicats demandent dans la plus part du temps des augmentations de salaires, mais ils ne voient pas que suite à cela tout le reste augmente ensuite on sétonne que de plus en plus de gens s’appauvrissent normal, il ne faut pas rêver se qu’il donne d’un côté ils le reprenent multiplié de l’autre eh du fait que se sont rarement le secteur du privé qui fait gréve et bien nous payons les augmatations de toutes c’est personnes et nous privé rien à oui payé et vous serez considéré

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