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Entretien. Guy-Pierre de Kersaint, maire de Versigny (Oise) : « Un euro, c’est un euro ! »

Maire de Versigny (365 habitants dans l’Oise), depuis 1999, Guy-Pierre de Kersaint gère sa commune comme une entreprise.

Quels sont vos principes de gestion ?

Le premier : ne pas hausser les impôts. Nous ne les avons pas augmentés depuis dix ans, alors que ceux du conseil général et du conseil régional ont explosé. Un conseiller municipal un jour m’a dit: « Si l’on augmentait les impôts, cela nous ferait une cagnotte. » Mais nous l’avons déjà, grâce à un budget de fonctionnement très serré. Ce qui nous permet d’investir.

Comment faites-vous ?

J’ai agi sur plusieurs leviers. Le premier, c’est le suivi drastique des charges administratives. Nous faisons attention à l’achat des fournitures. Un euro, c’est un euro ! Le deuxième, ce sont les effectifs. C’est le poste de dépense le plus important dans une collectivité locale. Quand je suis arrivé, il y avait cinq personnes : deux secrétaires, deux agents communaux et une femme de ménage. Lors du départ d’une secrétaire et d’un employé, j’ai décidé de ne pas les remplacer. Une décision banale, apparemment. Pas du tout!

Expliquez-vous…

J’ai dû demander l’autorisation au centre de gestion du département de supprimer ces deux postes. C’est ainsi : un maire n’a pas le pouvoir, seul, de supprimer un poste ; il doit passer devant une commission paritaire composée de représentants des collectivités locales et des agents. Il faut expliquer à cette commission pourquoi on supprime un poste ! Comme il y avait deux suppressions, il y a eu deux réunions différentes. Les dossiers ont été acceptés. Mais je considère que c’est une véritable ingérence dans notre métier de maire. Venant du monde de l’entreprise, je trouve cela étonnant. D’autant que je n’ai mis personne au chômage: j’ai seulement estimé que nous n’avions plus besoin de ces postes pour la nouvelle organisation que je mettais en place.

Quelles ont été les conséquences de ces suppressions de poste ?

La suppression du poste administratif m’a permis de faire des économies de consommables : fournitures, téléphone, etc. Au total, j’ai pu dégager un excédent budgétaire de 20 000 euros par an, que j’ai affecté au budget d’investissement. Cela nous a permis de lancer un grand chantier de rénovation des routes. Des travaux que nous finançons nous-mêmes, sans attendre les subventions du département ou de la région.

Comment avez-vous remplacé votre employé communal ?

En ayant recours à des prestataires extérieurs. Cela coûte moins cher qu’un collaborateur, et cela vous rend beaucoup plus attentif aux coûts des prestations. Cela nous a amenés à repenser notre organisation interne. L’agent communal travaillant à l’extérieur était sous-employé l’hiver. Grâce à une formation en peinture et en plomberie, il peut désormais exercer ses talents toute l’année. Pour lui, c’est valorisant ; pour nous, c’est un gain d’argent appréciable.

Qu’en est-il de l’endettement de votre commune ?

Nous avons un taux d’endettement très faible. Mais attention, il y a endettement et endettement. Nous avons décidé d’emprunter pour réaliser deux grands chantiers : la rénovation de notre réseau d’eau potable et l’enfouissement des lignes électriques. Des budgets de l’ordre de 600 000 à 700 000 euros. On peut d’autant mieux emprunter que la mairie est bien gérée.

Article extrait du Cri du Contribuable N°30

3 commentaires pour “Entretien. Guy-Pierre de Kersaint, maire de Versigny (Oise) : « Un euro, c’est un euro ! »”

  1. Vous n’avez mis personne au chomage, c’est vrai. Combien en avez vous sorti? En d’autres termes vous affichez un constat d’echec : vous avez perdu la moitié de votre effectif.

    Avec tristesse et compassion.

    Marc

  2. bonjour : voila une exellente gestion , que les autres maires, en prennent de la graines GH

  3. Bravo! dommage que la France n’est pas gérée de cette façon,on en serait pas ou nous en sommes actuellement.

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