Recevez notre newsletter

Abonnez-vous, cliquez ici
Désabonnement, cliquez ici

Profil Facebook de Contribuables Associ�s

« Les homes politiques ont empêché les réformes »

Entretien avec Michel Godot, extrait du Cri numéro 10 en vente chez votre marchand de journaux

Titulaire de la chaire de prospective au Conservatoire national des arts et métiers, Michel Godet, 58 ans, est membre du Conseil d’analyse économique du premier ministre. Il publie la troisième édition de son livre « Le Choc de 2006 », tour d’horizon de la situation économique et sociale de la France à l’approche du « Papy boom ».

+ En quoi le développement actuel de notre société n’est-il pas durable ?

En tant que prospectiviste mon rôle est d’annoncer pour éviter. Par exemple, je suis triste et fier à la fois de voir que, comme nous l’annoncions dès 1988, la France est aujourd’hui malade du « diplôme ». Le temps politique, la durée des mandats, sont trop courts par rapport au temps économique, au temps social ou surtout au temps écologique. Nos politiques sont informés des défis à relever, mais ce qui leur manque c’est le courage de réformer. Ce qui les intéresse d’abord, c’est d’être réélus. Ils ne travaillent plus pour l’histoire mais pour leur réélection. Si vous y ajoutez les intellectuels qui s’autocensurent et les médias qui ne jouent pas leur rôle !
Il faut être clair : la France vit au-dessus de ses moyens. Elle vit en prenant dans les poches des générations futures. La dette est de 40 000 euros par habitant en incluant les retraites des fonctionnaires dans le calcul, soit 120 000 euros par actif. Ce sont nos enfants qui paieront les pots cassés. Notre développement n’est donc pas durable, puisqu’il se fait au détriment des générations futures.

+ Quelle est la réforme qui vous tient le plus à cœur ?

Celle de la famille (1). La famille n’est pas seulement une affaire privée. Une forte natalité permet des économies énormes à la société, en assurant les solidarités intergénérationnelles. Actuellement, en France, les familles nombreuses sont surtout d’origine modeste, or celles-ci se paupérisent. Une femme sur deux voudrait un enfant de plus mais y renonce pour des raisons économiques. Il n’y a pas assez de politique familiale. Les familles avec enfants, même monoparentales, payant deux fois plus de CSG que d’impôt sur le revenu, nous avons proposé au premier ministre, avec Evelyne Sullerot, de « familialiser » la CSG. Autre paradoxe, nous vivons dans un pays où l’on est payé pour éduquer des enfants à condition que ce ne soit pas les siens. Une famille avec un enfant reçoit en moyenne 3 à 5 000 euros par an. En cas de défaillance, une famille d’accueil coûte 15 000 euros par an et par enfant, une structure d’accueil 30 000 euros, et une structure fermée pour prédélinquants 180 000 euros. La famille fait, encore une fois, faire une énorme économie à la société en termes d’investissement en capital humain.

+ Quelle réforme va entraîner le choc démographique que vous annoncez pour cette année 2006 ?

A compter de cette année, le nombre d’actifs va baisser en France. Cela va immanquablement entraîner un ralentissement de la croissance, ce qui ne va pas faciliter les réformes mais nous mettre au pied du mur. Par exemple on n’a pas encore véritablement réformé les retraites. Cela va normalement commencer par une réforme inéluctable des pensions de réversion. Sinon on en viendra à des systèmes de retraites par répartition sous condition de ressources avec tous les effets pervers de ce genre de dispositif.
Il faut également que les Français acceptent de travailler plus : il faut rallonger la durée du travail et revenir sur les trente-cinq heures : ce n’est pas en ramant moins qu’on avance plus vite ! Je propose également de rendre les heures supplémentaires non imposables. Mais la mère des réformes doit demeurer celle du service public : il faut moins de fonctionnaires, mais mieux payés. Il faut comme en Suède ou en Suisse supprimer la – fonction publique et mettre en place des agences de service public avec des contrats d’objectifs et de performances.

Un commentaire pour “« Les homes politiques ont empêché les réformes »”

  1. Ce sont les syndicats et la « vieille gauche » qui empêchent les réformes en France. Notre gauche est incapable de se réformer ; c’est la plus « conservatrice » du monde en matière d’acquis sociaux, tandis que d’autres ont compris depuis belle lurette que l’assistanat ne pouvait que contribuer à tirer toute une société vers le bas.
    Nul doute qu’on va à la catastrophe dans notre pays.
    Je suis pour le C.P.E. … On ne voit jamais les Français dans la rue à manifester pour réclamer du boulot quand ils n’en ont pas, et quand ils sont au chômage ils manifestent contre le C.P.E. … c’est-à-dire pour ne pas aller travailler parce que ça leur paraît dangereux …
    Je crois qu’il va falloir qu’on bloque les gens qui sont chargés de faire les virements de salaires aux fonctionnaires s’ils continuent à bloquer l’autre partie du peuple qui n’a pas la sécurité de l’emploi comme eux.
    Sylvette
    Sylvette

Réagissez à cet article