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Pourquoi les universités anglaises réussissentThème(s) : comparaison internationale -
Education Nationale
Dossier : les universités françaises
Le Cri du Contribuable n°60, du 29 novembre 2008
- Jean-Yves Naudet
Autonomie, liberté, souplesse : les trois clés du succès des universités anglaises. Un exemple à suivre. Nous avons souvent souligné la faiblesse des universités françaises dans les classements internationaux. Les raisons principales en sont connues : nos universités n’ont pas d’autonomie réelle et ne peuvent choisir étudiants, enseignants, programmes ou financements. Cette analyse est tout à fait confirmée par les informations que publie le site de L’Étudiant (educpros.fr) à propos des universités britanniques. Tout d’abord, on apprend que la seule université privée du pays, celle de Buckingham, « a la cote », puisque, selon une étude réalisée sur l’ensemble des étudiants de dernière année de 287 établissements, c’est celle qui compte le plus d’étudiants satisfaits (95,8 %). Cette université a été créée en 1976 sur le modèle des universités privées américaines. Cependant les autres universités, toutes publiques, se portent bien elles aussi, et figurent en tête des classements mondiaux. Une autre étude de L’Étudiant explique leur succès, non seulement pour Oxford ou Cambridge (dans les 10 premières mondiales), mais aussi pour les autres. La première raison tient à la gouvernance. C’est le vice-chancelier qui dirige et c’est un véritable chef d’entreprise garant de la stratégie de l’université. Chaque université a ses propres statuts et les vice-chanceliers sont libres de l’emploi du budget et de plans de recherche et d’enseignement. Ces patrons de l’université sont souvent recrutés à l’extérieur, par petites annonces dans les journaux spécialisés. Nous, nous préférons élire les têtes de listes syndicales. Une autre condition du succès réside dans la grande autonomie dont jouissent les départements qui composent l’université. Chaque année, ils établissent le plan et le budget avec le vice-chancelier, mais ensuite ils gèrent leur budget eux-mêmes, décident du contenu des programmes et de techniques d’enseignement. Il en va de même pour la recherche. Nous, nous centralisons tout autour du président de l’université qui d’ailleurs, dans la plupart de ces domaines, ne peut décider lui-même sans l’aval du ministère, par exemple pour les maquettes des diplômes d’État. Les procédures de recrutement sont tout aussi souples. Chaque département s’en occupe, et souvent on cherche un spécialiste en passant de petites annonces et on recrute le meilleur après étude des dossiers, pour la durée souhaitée. Les salaires sont fixés dans le plan stratégique. Nous, nous avons des concours nationaux, et ce sont dans beaucoup de disciplines les reçus au concours qui choisissent leur poste en fonction de leur rang, sans forcément de lien avec les besoins de l’établissement. Quant aux salaires des universitaires français, ils sont fixés par la sacro-sainte grille de la fonction publique et l’avancement à l’ancienneté ! Les universités britanniques sont également libres du recrutement de leurs étudiants. La sélection n’est pas là-bas un mot tabou et les meilleures universités prennent les meilleurs étudiants. Chez nous la loi prescrit que tout bachelier, quelle que soit sa section, quelle que soit sa mention, est admis de plein droit à entrer dans l’université. Ils gonflent les effectifs (et les dépenses par exemple de travaux dirigés) avant d’abandonner un ou deux ans plus tard. Une plus grande autonomie exige des procédures rigoureuses d’évaluation. La première évaluation est donnée par la réponse des étudiants et des familles, libres de postuler ici ou là. Mais à côté de ce contrôle « marchand », il y a aussi des organismes de contrôle efficaces, car d’eux va dépendre l’affectation des fonds d’État, qui représentent environ 60 % du budget, le reste étant trouvé auprès des étudiants, des fondations ou des entreprises (il y a d’ailleurs des parcs d’affaires sur les campus). On recourt à des audits externes, mais aussi internes, dont certains sont réalisés par des étudiants. On le voit : des universités publiques performantes peuvent exister, mais cela suppose une authentique autonomie et non par une autonomie de façade comme en France où tout ce qui est important se décide dans les bureaux des ministères bureaucratiques et syndicalisés. 0 Commentaire(s) - Editer cet article |
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