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Philippe Séguin : on va dans le mur

Thème(s) : Cour des comptes - déficit budgétaire

298 Contribuables jugent
cette information scandaleuse

À l’occasion de la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes sur les finances publiques, le premier président, Philippe Séguin, a présenté un tableau des plus pessimistes.

C’est d’un ton lugubre qu’il a présenté les chiffres de l’année 2007 :
un déficit public qui est passé de 2,4 % du PIB en 2006 à 2,7 %, soit 50,6 milliards d’euros, une dette publique remontée à 63,9 % du PIB en 2007, soit 47 000 euros par travailleur français, et dont la charge des intérêts a atteint 52 milliards d’euros, soit 2 000 euros par travailleur, un déficit de la Sécurité sociale de l’ordre de 11 milliards d’euros, une « dette sociale » qui a augmenté de 9 milliards d’euros.

Alors que la croissance de ces chiffres a marqué une pause en 2006, ils sont tous repartis à la hausse en 2007.

Il s’agit bien d’un déficit structurel et non conjoncturel comme aimerait le faire croire le gouvernement : « La dégradation des comptes publics ne résulte pas d’une croissance économique insuffisante […], rappelle Philippe Séguin.

Il est inquiétant que, dans une période de relative bonne tenue de la croissance dans notre pays et en Europe, nous ne soyons pas parvenus à retrouver la maîtrise de nos dépenses publiques.

Notre déficit est structurel et un affaiblissement de la conjoncture risquerait de le refaire passer au-delà de la limite des 3 %. »
L’ensemble des pays de la zone euro, à l’exception de la France, ont ainsi profité d’une croissance favorable pour assainir leurs finances publiques.

Le rapport pointe aussi les dépenses des collectivités locales qui ont progressé, en 2007, de 6,5 %, mais aussi le coût de l’assurance- maladie, dont la hausse s’est accélérée (+ 4,2 % contre + 3,1 % en 2006), et il met en garde contre le déficit de la branche vieillesse, qui dépasse désormais celui de la branche maladie.

Pour ce qui est des perspectives des années à venir, elles ne sont guère encourageantes, voire alarmistes, et la promesse du gouvernement de revenir à l’équilibre en 2012 paraît bien peu crédible au vu des mesures annoncées. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, par exemple, ne générera que 7,7 milliards d’économie, là où il en faudrait 46 pour parvenir à l’équilibre !

Selon la Cour des comptes, le rééquilibrage des comptes publics doit passer par un pilotage global renforcé, notamment des collectivités locales, mais aussi, et surtout, par une révision des politiques publiques bien plus ambitieuse que celle annoncée, fondée sur l’exemple des pays voisins.

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