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Nicolas Sarkozy - Entretien

Thème(s) : ISF - Réforme - Sarkozy - Service minimum
Les candidats en revue

Quelle est votre position sur le service minimum en cas de grève ? Vous avez d’abord parlé d’une loi. Vous évoquez maintenant une négociation avec les syndicats…

Mon objectif est simple : les usagers des services publics ne doivent plus être les otages impuissants des mouvements sociaux. À partir de là, je suis ouvert à toutes les propositions : si les partenaires sociaux offrent de le faire, et que leur proposition répond à ce que je considère être un vrai service minimum, je suis prêt à ce que nous négociions ensemble.
Si non, je proposerai une loi au Parlement. Le vote d’une loi et la négociation collective sont deux voies pouvant permettre d’atteindre le même résultat. Là est l’essentiel.

Sur les régimes spéciaux de retraite, François Fillon avait déclaré qu’il y serait mis fin en début de la mandature. Il est désormais question d’attendre 2008…

Non. François Fillon a toujours évoqué le rendez- vous de 2008 qui est prévu par la loi de 2003.
C’est un sujet techniquement complexe, et qui concerne une question de long terme. Il n’y a aucune raison de se précipiter.

En revanche, je veux renouveler très clairement mon point de vue : il n’est ni juste, ni raisonnable que les salariés des régimes spéciaux ne participent pas à l’effort qui a été consenti par les salariés des autres régimes en 2003.

C’est pourquoi, si je suis élu, je réformerai les régimes spéciaux.

Faut-il mettre ces régimes spéciaux à égalité avec les retraites des fonctionnaires, ou avec celles du privé ?

Les Français doivent contribuer au financement du régime des retraites de manière strictement égale, qu’il s’agisse des salariés du privé, des fonctionnaires ou des salariés des régimes spéciaux.

Égalité, cela veut dire que l’on doit tout mettre sur la table : la durée de cotisation, le mode de calcul de la pension, les avantages divers, mais aussi la pénibilité, les carrières, les rémunérations.

C’est en prenant en compte tous les paramètres que doit s’apprécier l’équité.

Comment arrivez-vous à faire 37 milliards d’économies sur le budget de l’Etat ?

J’ai fait des propositions concrètes et exigeantes. Je suis d’ailleurs le seul candidat à l’avoir fait : nonremplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, suppression des dispositifs coûteux et contre-productifs de préretraites et de dispense de recherche d’emploi, lutte contre les fraudes et les gaspillages, réforme des régimes spéciaux..…

J’entends également mettre en oeuvre une révision générale des politiques publiques, comme l’ont fait en particulier le Canada et la Suède.

Redéployer 2,5 % des dépenses publiques en cinq ans, le montant nécessaire pour financer intégralement mon programme et revenir à une dette inférieure à 60 % du PIB, ne présente aucune difficulté.

J’entends même aller beaucoup plus loin. En quatre ans, le Canada a fait 10 % d’économies.

Comment clarifier les compétences des collectivités locales ?

La décentralisation est une excellente chose quand elle ne débouche pas sur des complexités inutiles. Sauf exceptions ponctuelles liées à des expérimentations, je pense notamment aux campus universitaires, je propose de faire une pause dans le processus de décentralisation et de fixer dans une loi organique les compétences des collectivités par grands blocs.

Cette clarification permettra de responsabiliser chaque échelon territorial et d’améliorer l’efficacité de l’action locale.

Je souhaite également que nous progressions vers une plus grande spécialisation fiscale, pour que les contribuables puissent savoir qui finance quoi et avec quelles ressources.

Que pensez vous de la proposition de Jean- Michel Fourgous de créer un office parlementaire de contrôle de la dépense publique ?

C’est une excellente idée et je l’ai reprise à mon compte. Je souhaite que le Parlement joue tout son rôle en matière de contrôle des dépenses publiques et d’évaluation des politiques publiques.

L’office parlementaire d’audit et de contrôle rattaché au Parlement sera composé à parité d’agents du public et du privé.

Son coût annuel de fonctionnement sera de l’ordre de 30 millions d’euros. Il rapportera 10 fois plus dès la première année.

La Suède vient de supprimer son ISF. Quand la France le fera-t-elle ?


Il est tout à fait normal que quelqu’un qui gagne beaucoup d’argent paye beaucoup d’impôts. Je ne veux donc pas supprimer l’ISF.
Cela étant, c’est un fait que cet impôt a des conséquences absurdes lorsqu’il encourage le départ à l’étranger des entrepreneurs, des talents et des contribuables.

C’est pourquoi je propose de porter le bouclier fiscal à 50 %, CSG et CRDS comprises, et de permettre à chacun de s’acquitter de son ISF en investissant directement dans le capital de PME à concurrence de 50 000 euros par an.

Je suis pour l’ISF, mais pour un ISF intelligent.

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