|
|
||
|
|
||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les universités françaises à la ramasseThème(s) : Education Nationale -
Gaspillage
Dossier : les universités françaises
Le Cri du Contribuable n°60, du 29 novembre 2008
- Jeanne Pavard
Parmi les 50 plus prestigieux établissements, 20 sont américains, 8 britanniques, 9 asiatiques, et seulement 2 français : l’École normale supérieure, à la 26e place, et Polytechnique, 34e. La première université, Paris VI-Pierre et Marie Curie, ne vient qu’à la 149e place, en perte de 17 places par rapport à 2007. L’autre chiffre qui fait peur : 40 % des étudiants qui entrent chaque année à l’université en sortent deux ans plus tard sans aucun diplôme. L’ancien directeur de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, estime pour sa part le taux d’échec dans son établissement à 73 % en première année, 50 % en deuxième, et 40 % en troisième. Des effectifs en surnombre Les effectifs, eux, progressent sans cesse : de 300 000 étudiants en 1960, on est passé à 2 275 000 en 2006. Une augmentation moyenne de 33 % par an en 25 ans ! En 2006, ce sont 60 % des titulaires du baccalauréat général qui sont entrés à l’université, et 40 % de l’ensemble des bacheliers (bac général, technologique et professionnel). Et pour cause : pas de sélection, pas de vérification des compétences, quasi- gratuité, avantages sociaux non négligeables, dotation de visa… Les étudiants français sont bien plus nombreux (2,3 millions) que leurs voisins européens à faire le choix de l’université : 1,6 million en Angleterre, 1,7 million en Italie, 1,8 million en Allemagne. Contre toute logique de rentabilité, les budgets sont attribués aux universités en fonction du nombre d’étudiants inscrits : elles sont donc incitées à accroître leurs effectifs, sans souci d’efficacité. Aucun quota ne vient limiter les filières générales, qui n’ont que peu de débouchés, et les filières techniques sont délaissées, constituant un système universitaire à deux vitesses. La France détient le record du nombre d’étudiants en Lettres et sciences humaines : 473 000, en augmentation de 130 000 en 15 ans ! Des filières comme la psychologie, la sociologie, ou Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) connaissent aussi des afflux injustifiés. L’accroissement du nombre des élèves dans ces matières ne correspond en aucun cas à un quelconque besoin de la profession, mais plutôt à des effets de mode. Des crédits mal orientés Les crédits de l’enseignement supérieur ne représentent, certes, qu’1 % du PIB soit bien moins que ceux accordés aux enseignements secondaire ou primaire, ou à l’enseignement universitaire des autres pays : 1,7 % du PIB aux États-Unis, 1,6 % en Grande-Bretagne, 1,4 % en Allemagne… Mais au regard de son efficacité, il s’agit d’un vaste gaspillage ! La situation matérielle des universités reflète le laisser-aller général : les locaux sont vétustes, les étudiants français n’ont à leur disposition que le strict minimum en matière d’équipement, notamment informatique, tandis que nombre d’universités étrangères se distinguent par l’utilisation de technologies de pointe… Alors où disparaissent les crédits versés aux universités ? Comme souvent en France : dans les avantages sociaux versés aux étudiants, sous formes d’aides au logement, bourses, etc. Insuffisamment contrôlés, beaucoup profitent de ces avantages, (distribués uniquement sur des critères de revenus, et certainement pas au mérite), mais aussi de la possibilité d’obtenir un stage, ou un visa… En conséquence, le nombre d’ années d’études en France est de cinq années après le bac, une moyenne supérieure à celle de nos voisins européens, mais avec des résultats bien inférieurs. Les filières professionnelles délaissées Les seules filières qui présentent des résultats acceptables sont les prépas, ainsi que les formations techniques, telles que les IUT (instituts universitaires de technologie) et les STS (sections de techniciens supérieurs). Leur point commun : la sélection opérée à l’entrée. Mais dans le reste de la formation universitaire, c’est un sujet qui reste tabou. Résultat : des milliers d’étudiants, mal renseignés, non aiguillés, s’engagent chaque année dans l’impasse universitaire. Si certains se réorientent dès la première année, d’autres persévèrent et ressortent, quelques années plus tard, un diplôme supérieur de sociologie ou de Lettres classiques en poche. Mais leur ignorance du monde professionnel et économique ne fait d’eux que des candidats au chômage… ou à la fonction publique ! 1 Commentaire(s) - Editer cet article |
Editer cet article
-> Utiliser l'article
-> Modifier le texte
-> Imprimez-le -> Faites le suivre -> Sauver en PDF
![]()
Il faut libérer l’université
Cri n° 60 - Charles-Henri d’Andigné La loi Pécresse au crible Cri n° 60 - Jeanne Pavard La liberté de l’enseignement supérieur est en danger Cri n° 60 - C.C Entretien. Jean-Pierre Audoyer, doyen de la Faco Cri n° 60 - Charles-Henri d’Andigné Pourquoi les universités anglaises réussissent Cri n° 60 - Jean-Yves Naudet
|
|
Le Cri du Contribuable - Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts ! 42 rue des jeûneurs, 75002 Paris. Tel : 01 42 21 16 24 / Fax : 01 42 33 29 35 |