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François Bayrou (UDF) - Entretien

Thème(s) : Bayrou - Dette publique - Partis Politiques - Réforme
Les candidats en revue

À 55 ans, François Bayrou est la surprise de cette campagne présidentielle. Avec environ 20 % des intentions de vote, le candidat de « l’extrême centre » inquiète autant le PS que l’UMP.Son programme, mi-gauche mi-droite, social et économique, présente au moins un intérêt : il est le moins coûteux de ceux des prétendants au second tour.

Pourquoi le contribuable français vous ferait-il confiance ?


Mon programme est réaliste et entièrement financé, contrairement à d’autres candidats qui multiplient les promesses mirobolantes. Il n’y aura ni augmentation ni baisse des prélèvements obligatoires pendant trois ans mais stabilité de la fiscalité.

Les promesses avancées sont finançables et financées. Toute dépense nouvelle sera accompagnée des économies correspondantes pour l’État.

C’est d’ailleurs le budget le mieux financé de tous les candidats selon l’Institut de l’entreprise (www. debat2007.fr).

Comment atteindrez-vous l’équilibre budgétaire ?


Ma première réforme sera d’inscrire dans la Constitution l’obligation d’un vote de la loi de finance initiale en équilibre de fonctionnement.

Si ce n’est pas le cas, elle sera annulée par le Conseil constitutionnel.

Nous nous donnons trois ans pour combler le déficit du budget de fonctionnement, aujourd’hui de 21 milliards d’euros.
En retenant une prévision de croissance raisonnable de 2 % et une inflation à 1,8 %, l’augmentation des recettes de l’État sera de 14 milliards par an.

En y consacrant la moitié à la diminution du déficit chaque année, nous retrouverons l’équilibre de fonctionnement à échéance de trois ans.

Nous pourrons alors envisager une réduction de la fiscalité.

Vous n’envisagez pas de réduction importante de la fonction publique ?


Sur 370 milliards de dépenses du budget de l’État, la fonction publique représente 110 milliards.
Il reste donc 260 milliards sur lesquels on peut travailler.

9 milliards d’économies sont possibles en revenant sur les exonérations de charges patronales liées aux 35 heures ; 3,2 milliards d’économies sur les services centraux de l’État transférés aux collectivités locales (action sociale, formation professionnelle) ; 4 à 5 milliards en plafonnant de manière globale les niches fiscales de l’impôt sur le revenu ; un milliard par an du fait de la modernisation de l’État.

L’acharnement sur la seule masse indiciaire de l’État occulte 65 % du problème, car tout est dissimulé dans le budget de l’État.

Et les impôts tels que droits de succession et ISF ?


L’ISF ne pèse plus aujourd’hui que sur les « petits riches ». Les très riches ont profité des différentes exonérations progressivement accordées. Je propose donc une imposition sur le patrimoine à base large, à partir de 750 000 euros, sans plus aucune niche défiscalisée, hormis l’outil de travail et les oeuvres d’art, mais à taux léger d’1 pour 1 000.

Quant aux droits de succession, ils seront supprimés pour les successions inférieures à 200 000 euros.

L’augmentation de la fiscalité locale est préoccupante.


Il faut simplifier l’administration territoriale par l’unification des départements et des régions au sein d’une seule collectivité, ce qui permettra d’économiser des dépenses de fonctionnement.

Le maître mot est la responsabilisation. La dérive du financement des collectivités territoriales par les subventions de l’État est une catastrophe.

Plus encore que la spécialisation fiscale, nous devons réfléchir à la spécialisation des compétences : telle question est traitée par telle collectivité à l’exclusion des autres et financée par un impôt propre.

Dans ce cadre, nous pouvons imaginer que la taxe d’habitation et la taxe foncière soient affectées aux communes et leurs groupements ; une partie de la CSG aux régions et aux départements.

N’y a-t-il pas, via l’Europe, moyen de faire des économies, notamment en ce qui concerne la défense ?


15 à 20 % d’économies sont possibles sur le coût des armements en mutualisant au niveau européen nos projets.

L’exemple du Charles De Gaulle est révélateur. Il serait beaucoup moins coûteux de construire un second porte-avions en partenariat avec nos voisins européens.

Sur les moyens logistiques, la problématique est la même.

Comment permettre un contrôle efficace du budget de l’État par le Parlement ?

Qu’on utilise la LOLF et qu’on supprime les dispositifs constitutionnels qui empêchent la démocratie de fonctionner, le 49.3 et le vote bloqué. Qu’on laisse le Parlement faire son travail !

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