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Entretien. Jean-Pierre Audoyer, doyen de la Faco

Thème(s) : Education Nationale
« Nous sommes une faculté à taille humaine »

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La faculté libre de droit, d’économie et de gestion de Paris (Faco) est une des rares universités libres françaises. Son doyen en explique la spécificité.

Pouvez-vous nous présenter votre établissement ?


Après la fermeture de la faculté de droit de la Catho de Paris en 1967, la Faco en née, en 68, de la volonté de quelques professeurs de poursuivre cette activité.
Faco signifie « faculté autonome et cogérée » : l’idée était que les étudiants et les parents d’élèves participent à la gestion de l’établissement, sur le modèle des universitas du Moyen Âge.
Les parents sont toujours étroitement associés à la vie de la faculté.

Nous avons 400 étudiants, dont 80 % sont en droit.
Nous avons ouvert cette année deux masters, l’un de ressources humaines, l’autre d’affaires internationales.
Nous lançons une prépa Sciences-po, et nous créerons l’année prochaine une session de préparation au métier d’avocat.

Comment vivez-vous ?

D’abord des droits de scolarité : 4 800 euros par an. Nous avons des bourses d’État, des subventions publiques (15 % de notre budget), de la taxe d’apprentissage et quelques bourses d’entreprises – pas assez à mon goût.
L’idéal serait de voir grossir la part des entreprises.
Nous bénéficions aussi de dons (déductibles de l’ISF).

Votre scolarité est chère…

Oui, c’est le prix de la liberté ! Pour nous, ce prix élevé est un vrai défi : nous devons être à la hauteur de la confiance que l’on met en nous.
Cette année, par exemple, nous avons accueilli en master 2 une étudiante sénégalaise sans moyens,
parce qu’elle avait un dossier très intéressant.
J’aimerais le faire plus souvent, avec le soutien d’entreprises amies.

Comment ?

Nous avons déjà des rapports étroits avec les entreprises. Quand je veux lancer une nouvelle formation, je la teste auprès des entreprises, pour savoir ce qu’elles en pensent.
Nous espérons que les prochains masters que nous lancerons seront sponsorisés par des entreprises. Et il nous faut convaincre celles que nous ne connaissons pas qu’elles ont intérêt à nous soutenir.
Par ailleurs 50 % de nos professeurs sont issus du monde de l’entreprise, les autres sont des universitaires et enseignent aussi dans le public.

Vos diplômes sont-ils reconnus par l’Etat ?


Nous ne délivrons pas de diplômes d’État, mais des diplômes Faco.
Je suis un ancien élève de cet établissement et jamais cela ne m’a pas gêné dans ma carrière.
Ce qui m’importe, c’est que notre formation soit reconnue par les étudiants et les entreprises.
Il n’y a pas que l’État qui embauche : ce sont surtout les entreprises ! Ceci dit nous sommes reconnus, de fait, par les universités publiques qui ne font pas de difficulté pour accueillir nos étudiants, en masters par exemple.
Et nous avons d’excellents rapports avec les universités publiques : au sein de notre conseil d’administration, nous avons un des vice-présidents de Paris-I, de même que parmi notre corps enseignant, nous comptons notamment le vice-président de Paris-II, M. Lecaillon.

Qu’est-ce qui vous fait dire que vos étudiants sont meilleurs ?


Parce que les professeurs me le disent ! Enseignant aussi dans le public, ils peuvent comparer.

Et pourquoi sont-ils meilleurs ?


Parce que nous sélectionnons à l’entrée, tout d’abord, ce que l’université « classique » n’a pas le droit de faire.
20 % des dossiers sont éliminés chaque année.
Je reçois individuellement tous les étudiants dont le dossier a été retenu, souvent avec leurs parents.
Je peux me le permettre parce que la Faco est à taille humaine. Par ailleurs les étudiants sont très encadrés ; dès que l’un d’eux vacille, on s’occupe immédiatement de lui.
Un souci pédagogique impossible dans les universités publiques, qui comptent des milliers d’élèves. Enfin nous insistons sur la culture générale et la réflexion éthique des étudiants.
Car si une entreprise a le choix entre deux experts, techniquement égaux, elle choisira souvent celui qui a le meilleur niveau « culturel », au sens large, mais aussi celui à qui elle pourra faire confiance.

Aidez-vous les étudiants à trouver du travail ?


Jusqu’ici nous ne le faisions pas puisque nous n’avions pas de master professionnel.
Depuis que nous en avons, nous débouchons directement sur la vie active. Nous nous apprêtons aussi à lancer un outil d’aide à l’orientation professionnelle, avec une dimension psychologique :
apprendre à l’étudiant à se connaître, et un aspect orientation afin de l’aider à s’y retrouver parmi les différentes filières universitaires, en France et à l’étranger.

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pixel Jean-Pierre Audoyer, doyen de la Faco
Jean-Pierre Audoyer, doyen de la Faco

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