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Conseil économique et social à qui profite-t-il ?

Thème(s) : Gaspillage - Syndicats
Dossier : Conseil économique et social

281 Contribuables jugent
cette information scandaleuse


Nul ne sait à quoi il sert, à part offrir des sinécures aux recalés de la République et produire des rapports qui incitent à dépenser toujours plus d’argent public. Enquête sur une institution qui fête ses cinquante ans.

Le Conseil économique et social est inutile.
Il est consulté cinq fois par an par le gouvernement, qui n’est pas tenu de suivre ses avis.

Ses rapports ne sont guère lus (cela vaut peut-être mieux), ce qui est normal quand on connaît les sujets qu’ils traitent.
Qui a pris connaissance de « L’accès de tous aux droits de tous par la mobilisation de tous », écrit par un certain Robert Didier en 2003, ou de « L’acte productif dans la société des savoirs et de l’immatériel », pondu par Hubert Bouchet en 2004 ?
Il faut s’appeler Éric Letty, auteur de la monographie* dont les pages qui suivent sont extraites, pour les avoir consultés !

Le CES est dépassé. C’est ce qu’affirme Denis Kessler, ex-vice-président du Medef, qui estime que sa composition reflète la « France d’il y a cinquante ans », et qui l’accuse en outre de ne rien comprendre aux ressorts d’une économie moderne, de préconiser des recettes « d’un autre âge, celui d’une économie où l’on croit encore que l’État est à la base de la croissance, alors que ce sont les entreprises ».

Même son de cloche du côté de Dominique-Jean Chertier, ancien conseiller social de Jean-Pierre Raffarin, qui insiste sur le recrutement du CES qui, dit-il, n’a qu’un lointain rapport avec la composition de la société française actuelle :
« Sa composition, désormais trop éloignée des équilibres sociaux et sociétaux actuels […], freine le développement du rôle de consultation du Conseil qui n’est pas perçu comme suffisamment représentatif. »

Le CES coûte cher. Les conseillers touchent une indemnité de 3 708 euros par mois. Ils bénéficient en outre d’un régime de retraite fort généreux.
Fin 2005, 845 anciens membres étaient pensionnés.
Si bien qu’il est permis de se demander à quoi sert le CES, et surtout à qui il sert.

Réponse : il sert de maison de retraite à des recalés du suffrage universel, comme Annick du Roscoat, ancien conseiller général (Loire- Atlantique) et régional (Pays de Loire) ou Jean- Claude Decagny, ancien député du Nord.
Il sert à panser les plaies des ministres dont on s’est débarrassé un peu vite, comme Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale, ou de personnalités qui ont payé les pots cassés du financement des partis politiques, comme Michel Roussin.

Il sert à rémunérer des syndicalistes, qui en occupent un tiers des sièges.

Les syndicats se voient ainsi octroyés entre 579 007 et 638 389 euros par an.

Il sert à calmer les velléités d’opposants trop bruyants, comme André Daguin, président d’un syndicat d’hôtellerie, qui, avant sa nomination au CES, militait activement pour la baisse de la TVA dans la restauration.

Depuis, sa ferveur militante a fondu comme neige au soleil.

Il sert à récompenser des amis du pouvoir : de Fodé Sylla, ancien président de SOS-Racisme, à Pierre Charron, intime de Nicolas Sarkozy, à qui il présentait des personnalités durant sa campagne électorale…

Inutile, le CES ? Pas tant que ça !

Voir aussi : la monographie : « À qui profitent les conseils économiques et sociaux ? »,

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