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RSA : la triple erreur

RSA : la triple erreur

L’annonce, par Nicolas Sarkozy, que le RSA (revenu de solidarité active) serait financé par un prélèvement d’1,1 % a suscité dans la classe politique et économique de vives réactions.

« Pour financer une bonne idée, pourquoi avoir comme seule solution celle d’une taxe en plus ? » a regretté Laurence Parisot, patronne du Medef.

« S’il ne doit guère y avoir de gens opposés aux objectifs poursuivis par le RSA (faciliter l’insertion des personnes qui cherchent un emploi) sans doute sont-ils plus nombreux à douter du bien-fondé de la ressource choisie pour en boucler le financement », a lancé Alain Lambert, sénateur de l’Orne.

L’ancien premier ministre Édouard Balladur s’est réjoui de la mise en place du RSA, tout en estimant que « l’État a parfaitement les moyens de procéder à des économies dans les dépenses budgétaires afin de ne pas alourdir la charge fiscale pesant sur les Français, déjà l’une des plus élevées en Europe ».

Toutes ces déclarations ne vont pas à l’essentiel. Elles ne concernent que le moyen utilisé pour financer la mesure, pas la mesure elle-même (qu’il faut bien financer si l’on en accepte le principe). Or ce que l’on n’ose pas dire, dans la classe politique installée, c’est que le RSA, en soi, est une erreur.

C’est non seulement une dépense sociale supplémentaire dont nous n’avons pas les moyens, mais une mesure nuisible et injuste, montre Alain Mathieu dans « Le modèle anti-social français » (Éditions du Cri) : « les RMIstes qui reprendront un travail recevront le RSA. Ils gagneront ainsi plus que les salariés qui font le même travail au même salaire, mais n’ont pas eu la chance d’être mis au chômage ».

En outre le RSA n’a pas donné les résultats escomptés dans les 34 départements qui l’on expérimenté, rappelle Véronique Besse, qui connaît bien le sujet comme vice-présidente du conseil général de Vendée. Elle ajoute : « Le RSA n’est pas un atout supplémentaire pour amener les bénéficiaires du RMI vers un emploi durable. Le RSA conforte les gens dans l’assistanat. » C’est la première et principale erreur du gouvernement : le RSA risque fort d’être inefficace.

La deuxième erreur concerne la santé économique du pays. Cette nouvelle « aide sociale » vient encore alourdir les prélèvements sur les revenus et les plus-values tirées de l’assurance-vie, des actions, des obligations et de l’immobilier. C’est la septième taxe inventée par le gouvernement depuis son installation, et une très mauvaise nouvelle pour les épargnants qui, comme chacun sait, se recrutent dans toutes les classes sociales et pas seulement chez les « riches ».

« Si l’on taxe trop le capital, il s’en va », avertissait solennellement Nicolas Sarkozy il y a un an, au Medef, devant un parterre de patrons ravis. Que ne tient-il compte de ses propres déclarations ?

Oui, répondent les esprits forts, mais cette décision est avant tout politique. Elle prend les adversaires à rebrousse-poil et leur coupe l’herbe sous le pied. Elle déstabilise un peu plus, ce faisant, le Parti socialiste. La brillante stratégie que voilà ! Nicolas Sarkozy, que l’on sache, n’a pas été élu pour désarçonner la gauche mais pour relever le pays.

En jouant ce petit jeu (le même que celui de Giscard ou de Chirac), il ne gagne pas une voix à gauche, où il sera toujours considéré comme un homme de droite, un ami des riches et un suppôt du patronat, et il perd des voix dans son propre camp où l’on commence à en avoir assez des hommes qui vous font la cour pour obtenir vos bonnes grâces et vous trahissent une fois qu’ils vous ont conquis. Le stratège de l’Élysée s’est tiré une balle (supplémentaire) dans le pied.

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Non à la taxe pour financer le RSA

2 commentaires pour “RSA : la triple erreur”

  1. En Juin le élections européennes nous donnerons l’occasion d’avertir Messieurs Sarkozy et compagnie, que nous la classe moyenne en avons ras-le -bol de toujours payer davantage, alors que l’Etat et les collectivités locales ne veulent pas faire d’économies.

  2. Et ça continue ! Après la dernière créaton en date, concernant le financement du RSA, voici cette semaine une nouvelle grande idée ( - - - une bonne petite taxe )qui s’avance pas à pas bien décidée et surtout aidée par “Maître Borloo” pour nous taxer sur tous les produits courants telles les couches culottes ! ! ( sixième taxe créée depuis le début de l’année ! et 17 ème depuis 2003 ! )
    Alors que comme tout le monde le sait, les jeunes couples avec les enfants en bas age, sont ceux qui ont le plus de mal à vivre correctement et boucler les fins de mois !
    Je suis vraiment écoeuré de cette politique qui me rappelle trop celle des 26 dernières années et particulièrement lorsque Mr Juppé était premier Ministre.
    Alors que les choses prioritaires à mettre en place contre les déficits d’état n’apparaissent toujours pas (ou si peu que les effets seront nuls).
    Ce qui m’étonne encore plus est que globalement les Français sont totalement passifs - Le Gal de Gaulle avait dit ‘les français sont des veaux” moi je pense qu’ils sont plutôt comme un troupeau de gentils moutons - - -
    A ce rythme là, bientôt en France tout le monde roulera dans des petites voitures de 4 CV maximum, ils n’achèteront plus que des petits écrans TV de 38 cm, ils mettront des couches en tissu aux bébés, s’éclaireront et se chaufferont au solaire et à l’éolien, les villes seront bien sur toutes éteintes la nuit, les vaches mangeront des granulés spéciaux pour ne plus dégager de gaz, les vacances d’été seront interdites à + de 50 km de son domicile, etc - - - Quelle joie de vivre ! !
    Et pendant ce temps là, tous les élus continueront à dépenser allègrement et généreusement - - - notre argent ?
    A vous de voir - Moi je ne peux pas adhèrer pas à ce concept de vie ! - Lachez vos com — (commentaires)

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