La Cimade crie famine mais n’est pas prêteuse !
La Cimade veut faire annuler un appel d’offres lancé par le ministère de l’Intégration. En jeu : l’octroi de juteuses subventions. Explications.
La Cimade, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand le Besson fut venu. C’est ce que devaient se dire les dirigeants de cette association humanitaire quand ils ont décidé de contester par référé un appel d’offres qui ne lui était pas assez favorable.
La Cimade est « une association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile ». Elle remplit une « mission d’aide à l’exercice des droits des étrangers », rétribuée par l’État, notamment pour les centres de rétention.
La Cimade était jusqu’à présent l’unique prestataire de services sur ce secteur. Une réforme gouvernementale, actée par le ministre de l’Intégration, Éric Besson, met son monopole en danger.
Le ministère de l’Intégration a lancé, le 19 décembre 2008, un appel d’offres portant sur huit lots géographiques, afin d’attribuer sur des « critères objectifs [la] mission d’informer les étrangers et de les aider à exercer leurs droits ». Six associations y ont répondu : La Cimade, l’Assfam (Association de service social familial migrants), Collectif Respect, Forum Réfugiés, France Terre d’Asile et l’Ordre de Malte. Le 10 avril dernier, Eric Besson a donné les résultats du concours : La Cimade a obtenu trois lots, ses cinq concurrents se contentant d’un lot chacun. Mais La Cimade n’en saisi pas moins la justice pour faire invalider l’appel d’offres! Un peu mesquin pour une association qui se présente comme un service œcuménique d’entraide…Si la mise en concurrence fait peur à La Cimade, elle redoute également « une complète dépendance vis-à-vis des pouvoirs publics » des associations attributaires. On aura tout vu !
Selon son rapport d’activité 2007, les ressources de La Cimade se sont élevées à 7 865 912 euros en 2007. 3 440 694 euros proviennent des marchés publics. Soit 44 % des ressources. Cette somme a été versée à l’association par la Direction de la population et des Migrations. Au titre de » la mission d’accompagnement et d’aide à l’exercice des droits des étrangers dans les centres de rétention administrative ».
2 361 953 euros proviennent de subventions publiques. Soit 30 % des ressources. Parmi les organismes subventionnaires, on trouve la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (1 523 833 euros) et l’ Acsé, l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (193 200 euros).
Selon les propres chiffres de La Cimade, 74 % des ressources de l’association proviennent donc de l’argent public. Les dons et legs privés n’en représentant que 17%!
Qu’en est-il alors de ses revendications d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics ? La Cimade ne serait-elle qu’un faux-nez de l’administration, ces salariés des fonctionnaires déguisés ?
Cette association biberonnée à l’argent public nous fait son cinéma : La Cimade est membre du collectif « Associations en danger » qui dénonce la baisse des subventions du gouvernement. On comprend mieux pourquoi ces associations n’ont pas l’idée de faire appel à l’aide et aux dons de leurs membres : elles n’en ont pas ou si peu, au regard des subventions qu’elles touchent.
article extrait du site Observatoire des subventions aux associations








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