Gaspillage : un sénateur dénonce les dépenses liées aux cartes de vœux !
La séance des questions du mardi matin au Sénat, généralement consacrée à des sujets techniques ou d’intérêt local, peut réserver de bien bonnes surprises. Ainsi, mardi 7 février, Yann Gaillard, Sénateur de l’Aube, a-t-il posé une question à laquelle de nombreux parlementaires songent sans jamais oser le dire.
« Les dépenses liées aux cartes de vœux sont anecdotiques, mais significatives. M. Chaban-Delmas, déjà, lorsqu’il était Premier ministre, avait interdit le financement de ces cartes sur les deniers publics et j’avais dû alors, comme directeur de cabinet, renoncer à quelques salutations distinguées… Cependant leur nombre et leur coût ont continué d’augmenter depuis et, s’il est agréable de recevoir de telles cartes, on peut se demander s’il est bien normal qu’elles soient toutes financées aux frais de la princesse ! Au Sénat, monsieur le Ministre, leur coût est prélevé sur nos indemnités parlementaires et je sais pour être membre de la commission de vérification des comptes, que la Haute Assemblée en tire même un léger bénéfice comptable… Alors, Monsieur le Ministre, serait-il envisageable, pour dépenser moins, d’interdire de telles cartes, ou de les faire payer par ceux qui les envoient, ou encore de n’autoriser plus que les cartes de vœux électroniques ? »
A cette excellente question, François Loos, Ministre délégué à l’industrie, chargé de suppléer ses collègues absents, a répondu :
« C’est à bon droit que vous vous préoccupez de la gestion des deniers publics. Le chiffrage précis du coût d’envoi des cartes de vœux est particulièrement complexe à établir car difficile à vider de l’ensemble des dépenses de fournitures. Les » vœux électroniques » constituent une bonne idée que nous avons déjà appliquée à trois reprises à Bercy (…). Si nous sommes pionniers en la matière, la généralisation de ce système à l’ensemble des administrations peut se heurter à des difficultés techniques, les cartes de vœux risquant d’être assimilées à des spams et donc bloquées par les pare-feux des serveurs des entreprises. Par ailleurs, il peut être délicat, pour les membres des cabinets ministériels de ne pas répondre aux vœux des personnalités, et notamment des parlementaires. La L.O.L.F., c’est toujours plus d’autonomie et de responsabilité pour les gestionnaires que nous sensibiliserons à votre proposition, sachant qu’ils restent libres d’affecter leurs crédits. »
Il est donc hélas probable que les cartes des parlementaires et des administrations continueront d’être financées par l’argent public et que le vœu du sénateur Gaillard restera un vœu pieux. « Reste que ce sont souvent les parlementaires qui répondent aux vœux des fonctionnaires ! », a-t-il conclu, non sans humour.







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