Recevez notre newsletter

Désabonnement, cliquez ici

Enfin, un rapport budgétaire courageux !

Chaque année, à la même époque, le Parlement se livre à un exercice routinier : l’examen du projet de budget de l’Etat pour l’année suivante. Encore le mot « projet » est-il bien superflu tant la marge de manœuvre des parlementaires est réduite – pour ne pas dire illusoire – comme vous avez pu le lire récemment dans les colonnes du Cri du Contribuable.

Mais à cela, point de fatalité puisque nombre de députés s’en plaignent et, pour certains, partent en croisade pour restaurer les prérogatives du Parlement, rejoignant en cela le souhait d’une écrasante majorité de Français puisque 84 % d’entre eux se déclarent favorables à un renforcement du contrôle parlementaire de la dépense publique (sondage BVA du 23 septembre 2006).

D’autres encore passent à l’action. Et c’est le cas de Georges GINESTA, Député du Var, rapporteur spécial de la commission des finances pour la sécurité civile, qui n’a pas mâché ses mots lors de la présentation de ce budget en séance publique. Alors que la sécurité civile représente un budget global de 5,6 milliards d’euros, supérieur à celui de l’agriculture – 3 milliards –, et proche de celui de la justice – 6,3 milliards -, le rapporteur a dénoncé l’augmentation des coûts dont les causes sont connues : « ce sont désormais les conseils généraux qui votent le budget des services départementaux d’incendie et de secours, mais leur gestion manque encore de transparence ». Ce qui devait le conduire à juger « utile d’informer les contribuables sur les dépenses des SDIS par une mention spécifique sur leur feuille d’impôts locaux afin de susciter une prise de conscience », proposition approuvée sur tous les bancs du Palais-Bourbon. Avant de poursuivre sur la gestion des effectifs : « on comptabilise 10 000 sapeurs-pompiers professionnels de plus entre 1997 et 2005. Le décret du 31 décembre 2001 sur la réduction du temps de travail n’explique pas la poursuite des recrutements : entre 2004 et 2005, l’effectif a encore augmenté de 958. Il faut une pause dans les recrutements ! Depuis 2001, les sapeurs-pompiers professionnels assurent entre 90 et 100 jours de garde de 24 heures par an, ce qui signifie 270 jours chômés par an. 70 % de l’activité est concentré sur 50 % du temps. Or, dans de nombreux Services Départementaux d’Incendie et de Secours, on constate encore une présence en effectifs du même ordre à 3 heures du matin et à 16 heures. Une plus grande souplesse des régimes de garde est nécessaire. » Le mot de la fin fut donné par Alain GEST, Député de la Somme : « C’est un rapport courageux ! » Et pour les contribuables, un exemple à suivre.

Un commentaire pour “Enfin, un rapport budgétaire courageux !”

  1. Sapeur-pompier professionnel depuis 1994, je suis indigné par votre article.
    En effet, comment pouvez-vous annoncer aux contribuables que “Depuis 2001, les sapeurs-pompiers professionnels assurent entre 90 et 100 jours de garde de 24 heures par an, ce qui signifie 270 jours chômés par an.”
    Ce sont des propos infondés !!! Nous travaillons effectivement 100 gardes par an, et en moyenne 10 gardes par mois. Pour le citoyen lambda c’est inadmissible certe, mais pour info, nous sommes présents au centre de secours 2400 heures par an, ou encore 240 heures par mois, mais payé sur la base des 160 h !! Quelle profession est dans ce cas ? pas beaucoup…
    D’autre part, nous ne jouons pas aux cartes pendant 24h, une garde de 24h se décompose : de 2h de sport, 2 heures de manoeuvre, et l’après-midi entretien du matériel et travail dans les services (gestion du personnel, mécanique, réparation des tuyaux, etc…), ensuite à partir de 18 h nous sommes encore de garde au centre jusqu’à 7h le lendemain matin, où à tout moment nous pouvons partir en 2 minutes en intervention.
    Alors les jours “chômés” du rapport Ginesta, c’est proprement infondés. Ce sont des jours de repos obligatoires.

Réagissez à cet article