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Union méditerranéenne : l’enthousiasme du MEDEF

Chronique de l’association des contribuables d’Aubagne

Cocorico : « Nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier », a poursuivi sur sa lancée le président français à Tunis » (1).

Cocorico encore : « Du côté des entrepreneurs français, on affiche un optimisme sans faille : «Il faut reproduire ce miracle de l’Antiquité comme un signe de l’extrême modernité», s’enflamme Laurence Parisot, la patronne du MEDEF » (2)

Serions-nous perpétuellement insatisfaits ? Voilà que des « retombées possibles » nous sont suggérées, et nous bouderions l’allégresse attendue !

Nous reviendrons bientôt sur le sujet de l’aide public au développement (APD), cette « excellente manière de prendre l’argent aux pauvres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres, qui en rétrocèdent une partie non négligeable aux riches des pays riches » (3).

Imaginons-nous sérieusement que la « pompe » aux financements fonctionnera du sud au nord et non l’inverse ? Le rapport de la mission parlementaire en convient déjà, lorsqu’il prévoit 3.297 millions d’euros « destinés aux dix partenaires du sud de la méditerranée ». (4) Qui financera ces dépenses qui ne feront qu’augmenter au fil des années ? Les contribuables français, « pauvres des pays riches ». Quant aux retombées, elles iront « aux riches des pays riches », car ne nous y trompons pas, nos concitoyens paieront deux ou trois fois. D’abord comme contribuables aux budgets de la France et de l’Europe, ensuite comme citoyens.

En effet, qui peut les assurer que les rapports commerciaux, aussi ardemment souhaités, avec les pays du sud, préserveront effectivement leurs emplois et qu’ils n’inciteront pas, au contraire, les entreprises françaises à délocaliser davantage, puisque des dépenses nouvelles seront mises à la charge des contribuables français, augmentant ainsi le coût de nos produits, au bénéfice des productions réalisées dans les pays du Sud de la Méditerranée.

Imaginons-nous sérieusement que nous pourrons limiter le nombre de permis de séjour en France pour des ressortissants de pays partenaires à part entière ? Ajoutons à notre tourment, la remarque incluse dans le rapport de mission parlementaire selon laquelle : « Première étape de l’immigration depuis l’Afrique noire, le Maghreb est un sas vers l’Europe  » (5).

En définitive, le citoyen paiera une troisième fois si l’on en croit le rapport publié par Contribuables Associés sur « le coût réel de l’immigration en France » (6), qu’il chiffre à 26 milliards d’euros par an (représentant le solde net des dépenses annuelles que l’état consent aux immigrés et les recettes qu’il encaisse de leur part ).

Quand les dirigeants politiques ont des difficultés dans leur propres pays, ils vont chercher des réconforts à l’étranger, en espérant devenir des « modèles pour le monde entier ». Les chefs d’entreprises en font de même, en espérant « reproduire les miracles ». Mais les uns comme les autres oublient que « les feux mal couverts n’en éclatent que mieux » (Racine).

Gabriel Lévy

1- Le Figaro, 30 avril 2008.
2- Ibid. Toutefois, Madame Parisot, aurait dû se souvenir, surtout lorsqu’on est à Tunis, que son prétendu « miracle de l’antiquité » a fait suite au fameux leit motiv de Caton (« il faut détruire Carthage »), et qu’il s’est maintenu ( provisoirement) sous la férule des légions romaines. Les colonisations occidentales ont fait peut-être de même dans une période plus récente, mais personne n’ose aujourd’hui les qualifier de « miracle ».
3- Site l’Insolent du 31 mai 2007 .
4- Rapport d’information n° 449, Assemblée Nationale, décembre 2007, pages 77 et 78.
5–Audition de M.Jean-François Daguzan. Rapport d’information n° 449, Assemblée Nationale, page 18.
6- M. Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines, spécialiste des migrations. Contribuables Associés, Monographie n°14, Mars 2008.

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