Retraites : le rendez-vous de 2010 est prêt
Le gouvernement et les médias commencent à nous entretenir du « rendez-vous de 2010 sur les retraites ». On nous annonce un véritable tremblement de terre, salutaire financièrement et politiquement.
Commençons par la dimension politique. A l’heure actuelle un premier débat est ouvert. Il concerne les « régimes spéciaux ». On sait que les salariés des entreprises publiques et autres niches sociales bénéficient de régimes plus avantageux que le régime général, et même que le régime des fonctionnaires. L’idée du pouvoir avait été d’aligner les régimes spéciaux sur celui des fonctionnaires, qui est déjà en soi un régime bien spécial. Mais cette remise en cause de leurs privilèges était déjà trop lourde pour les cheminots, électriciens gaziers, etc. Aussi a-t-on cherché à vaincre leur résistance en leur promettant des « compensations ». La générosité de ces compensations est telle qu’aujourd’hui lesdits pensionnés recevraient encore plus d’argent, et sans doute aux frais du contribuable.
Le deuxième débat concerne le régime général. Le gouvernement a annoncé les mesures qu’il comptait prendre : allongement de la période de cotisations, recul de l’âge de la retraite et encouragement du travail des seniors. Certes ces mesures ne sont pas envisagées pour l’immédiat, l’horizon est toujours postérieur à 2012, on se demande bien pourquoi. Mais elles sont globalement impopulaires, les assurés estimant non sans raison qu’on se prépare à les voler. Cette inquiétude trouve aussi aliment dans le déficit sans cesse croissant de la CNAVTS (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Travailleurs Salariés), plus de 5 milliards d’euros en 2009, pouvant doubler en deux ans.
Voilà pourquoi on attend avec impatience le rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) qui avancerait pour le grand rendez-vous sur les retraites en 2010 des propositions jugées révolutionnaires : la France adopterait un système de retraites par points.
Jacques Garello et Georges Lane ont analysé avec soin les systèmes de retraites par points pratiqués dans le monde entier. Ils se distinguent de notre système actuel par deux traits :
1° Le montant de la retraite dépend du nombre de points acquis, mais les assurés peuvent acheter des points quand ils le désirent. C’est donc un commencement de gestion « individuelle » de sa retraite. Il y aura ceux qui accumuleront les points, et ceux qui prendront une retraite a minima. Déjà les opposants crient à l’individualisme et à la rupture de la solidarité entre assurés.
2° La valeur des points serait déterminée par la caisse de retraite (comme elle l’est aujourd’hui pour les retraites complémentaires ARRCO et AGIRC). En clair, cela signifie que l’assuré connaît le montant de ce qu’il doit donner aujourd’hui pour acheter des points, mais il ne sait pas ce que le point vaudra au moment où sa retraite sera liquidée.
Ce système est politiquement confortable, car il coupe net à toutes les discussions sur l’âge de la retraite et le montant des cotisations, tous deux laissés à la libre appréciation de l’assuré. Mais il est économiquement indéfendable, puisque l’assureur se réserve le droit de ne donner que l’argent dont il dispose, ce fonds dépendant à son tour de la masse des points recueillis et de leur valorisation.
Comme on parle de « capitalisation des points », cela fait croire (et on fait croire) qu’il s’agit d’un système par capitalisation, mais il n’en est rien dans la mesure où l’argent des cotisations courantes (qui donnent droit aux points) est destiné à payer les pensions courantes.
On est donc loin des performances d’une véritable capitalisation, qui a de plus l’avantage de faire connaître aux assurés ce à quoi ils ont droit, au fur et à mesure qu’ils cotisent. Le faux système par points capitalisés a été retenu par les Italiens, et dans une certaine mesure par les Allemands. Le vrai système par capitalisation a été adopté avec succès par le Chili et l’Angleterre, par exemple. De plus, on ne voit pas comment la transition s’opère du système de pure répartition actuel vers le système par points. S’agirait-il d’un simple complément de la répartition ? Sinon en combien d’années et suivant quelles modalités la transition s’opère-t-elle ? La transition demeure la phase la plus délicate de toute réforme « systémique ». Mais ici on se demande réellement s’il s’agit d’une réforme systémique ou d’un habillage plus ou moins adroit d’une réforme paramétrique. Ces points sont étudiés avec tous les détails par le troisième tome de l’ouvrage de Jacques Garello et Georges Lane ( »La transition »). Mais peut-être nous en dira-t-on davantage de l’organisation du « nouveau système » d’ici cet historique « rendez-vous des retraites 2.020″.
Article extrait du site libres.org







Seul le régime de retraite par points est équitable pour tous.L’age de part à la retraite n’est plus dans ce cas un probléme puisque X points correspond à Y euros.Ainsi chacun choisi la somme dont il estime avoir besoin pour vivre et il en deduit à quel age il obtiendra le nombre de points voulus.Cela revient à donner à chacun la LIBERTE de choix en fonction de ses besoins qui sont différents d’une personne à l’autre.
je trouve ce système de retraite très séduisant la question est de savoir comment se fera la transition car il me semble évident que pour les personnes qui arrivent à la retraite on ne peut pas leur dire qu’ils ont cotisé toute leur vie et que maintenant on abandonne le système solidaire je trouverai cela trés injuste . Cependant j’applaudis des deux mains face à cette proposition !
Une réforme du système de retraites s’impose pour plus d’égalité entre les citoyens. Cependant sous prétexte d’améliorations se cache le défaut de financement. Les politiques ne savent pas comment financer les retraites. Ils les rationnent donc. Le système par point n’est dans ce cadre là qu’un moyen de rationnement. Sur mon portail je propose une nouvelle voie économique qui devrait permettre de financer les retraites:
http://www.orvinfait.fr/nouvelle_voie_economique.html
ne peut-on pas envisager deux systèmes de retraites
un système de solidarité, avec un minimum et un PLAFONNEMENT,
et un système par points, à ceux qui ont des revenus importants de se constituer leur retraite …
Bonjour,
Je réagis par rapport à la retraite par points. Ayant étudié ce système vendu à l’époque par une compagnie d’assurance (GROUPAMA), je peux vous affirmer qu’il s’agit pour le futur retraité d’un leurre, car il achète des points mais personne ne lui garanti la valeur de ce point dans XXX années.
Donc la compagnie peut trés bien faire varier cette valeur à son grés et ainsi le retraité se retrouve avec des sommes dérisoires.(Je ne dis pas que cette compagnie l’a fait!!!)
Par contre pourquoi ne pas faire payer toutes les entreprises qui importent de pays à faibles coûts à travers une TVA sociale ? où tout autres moyens, argent qui servirait à renflouer les caisses, et dont une autre partie serait reversée au pays exportateur afin qu’il améliore ses couvertures sociales ?
Ce sont toutes les cotisations sociales qui sont à revoir. Elles ont été établies alors qu’il y avait beaucoup de main d’oeuvre et très peu de matériel. Je prends tjs l’exemple du producteur d’asperge et du céréalier, sur 1 heure de travail il y a la même somme de cotisations. Comment est-ce concevable, vous imaginez la répartition sur 1 kg d’asperge et 1 kg de blé ? et quid de tout le matériel qui a remplacé la main d’oeuvre. Les propositions de Serge Cheminade sont intéressantes, qui pourrait se risquer à les appliquer ? Déjà aux dernières élections vous vous souvenez des réactions ? La TVA sociale il faut l’expliquer et ré-expliquer.