Réformer les banques plutôt que les sauver !
L’histoire nous enseigne qu’en période de crise économique les pouvoirs publics prennent presque toujours des décisions qui sont exactement à l’inverse de ce qu’il faudrait faire.
Ce qui aboutit (peut-être) à atténuer les effets immédiats, mais (certainement) a en prolonger beaucoup les effets dans le temps…
Prenons l’exemple de l’industrie automobile.
Elle aborde la crise en situation de surproduction généralisée. Des regroupements sont nécessaires. Comme toujours, ce sont les producteurs les plus compétitifs et les plus innovants qui resteront sur le marché mondial, tandis que les autres seront éliminés.
Dans ce contexte, à quoi sert l’argent public distribué (en fait, c’est celui des contribuables) ? A retarder les décisions nécessaires, à reculer les compressions d’emplois, à ajourner les fermetures d’usines. Qui néanmoins auront lieu. Mais plus tard, quand les concurrents se seront déjà réorganisés…
Ce n’est pas en demandant et en obtenant l’engagement des constructeurs de ne plus délocaliser leurs productions que le gouvernement en fera des champions mondiaux. C’est même exactement l’inverse qui se produira !
Demeure la question essentielle, la seule qui divise les libéraux entre eux : fallait-il faire une exception pour les banques ?
On a déjà mis, au niveau mondial, entre 2000 et 2500 milliards de dollars pour redorer le bilan des banques. Personne ne sachant la valeur exacte de leurs créances, personne ne sait combien il faudra finalement y mettre pour les « sauver ».
Et on voit bien que cela ne suffit pas pour faire repartir l’activité du crédit. Non pas tant – comme vient de le reconnaître Madame Lagarde – par l’effet d’un « credit crunch », situation où les banques refusent de faire crédit, mais au contraire sous l’effet d’une absence de demande de crédit, contre laquelle les pouvoirs publics paraissent encore plus désarmés.
Je veux bien qu’on tende une main secourable aux banques qui, en effet, ont vécu dans l’idée qu’elles étaient protégées, à la fois par les Etats et par les instituts d’émission, toujours prêts à baisser les taux pour faire durer la bulle monétaire un instant de plus. Mais à la condition que ce soutien ne mette pas en péril les agents économiques eux-mêmes. A la condition que le bras et le corps tout entier du sauveteur ne soient pas happés par le noyé, avant que celui-ci ne coule…
Car il ne faut sauver quelqu’un de la noyade qu’à la condition d’avoir une chance raisonnable de se sauver soi-même.
Alain Dumait
Président Fondateur de Contribuables Associés







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