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Réforme des retraites : les illusions et les mensonges

Le « dossier » du COR a montré les limites des réformes « paramétriques »

Le COR, vous connaissez ; Centre d’Orientation des Retraites. C’est une officine dont on ne sait exactement si elle est un institut de recherche (assez peu), un lieu de rencontres entre partenaires sociaux et hauts fonctionnaires (tout le monde sauf les retraités bien sûr), une antichambre de Bercy pour annoncer les mauvaises nouvelles aux Français.

Il est vrai qu’en matière de retraites, les nouvelles sont nécessairement mauvaises, du moins si l’on persiste dans la voie des illusions et des mensonges.

Cependant, pour une fois, le COR a fait scandale en expliquant que les réformateurs actuels faisaient fausse route, et que les mesures envisagées aujourd’hui ne couvrent même pas la moitié des déséquilibres auxquels notre système de retraites par répartition est irrémédiablement condamné au cours des prochaines décennies.

C’en est au point que les syndicats CFDT et CGT, dûment représentés au sein du COR, ont demandé que l’on présente bien les chiffres proposés par le COR comme éléments d’un « dossier » et non pas d’un « rapport » officiel. Il faut dire que les auteurs du dossier prennent toutes leurs précautions pour souligner qu’il s’agit d’une exploration, d’un simple exercice de calcul. Mais la conclusion est pourtant sans équivoque : rallonger la durée de la période des cotisations, retarder l’âge de la retraite légale, ou les deux à la fois n’ont aucune chance de sauver le système actuel, et on est très loin du compte.

Cette conclusion ne surprendra pas les lecteurs de la Nouvelle Lettre, familiarisés avec les travaux scientifiques menés par les économistes rigoureux, au premier rang desquels Jacques Garello et Georges Lane. Dans leur premier tome intitulé « La faillite », ils démontrent que toutes les mesures de bricolage du système de répartition, appelées habituellement réformes « paramétriques » sont à la fois inefficaces et injustes. La seule façon de réformer les retraites est de changer le système : une réforme « systémique » s’impose, qui fait basculer les cotisants et les retraités dans un processus de capitalisation.

Est-ce la fin d’une illusion ? Les acteurs de la réforme se rendront-ils enfin compte qu’ils cherchent la solution du mauvais côté ? Ils pratiquent la politique du réverbère, tout comme l’ivrogne qui cherche les clefs de sa voiture sous le réverbère alors qu’elles sont tombées ailleurs. Mais, dit-il, sous le réverbère on y voit mieux.

Il est vrai que les esprits sont ailleurs, et que la puissance des mensonges peut faire oublier les illusions perdues. L’énorme mensonge qu’on nous sert aujourd’hui est celui du miracle de nouveaux impôts. C’est une farce qui est d’autant plus grosse que tout le monde se la répète. De Martine Aubry à Pierre Lellouche de la gauche de la gauche à la droite de la droite ce n’est qu’un cri : sus au bouclier fiscal. Jacques Garello a expliqué cette fureur confiscatoire par la haine du riche. Ils ont sans doute oublié les maximes d’Abraham Lincoln : « Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’entrepreneur. Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche. Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en décourageant l’initiative et l’indépendance. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu’ils pourraient et devraient faire eux-mêmes ».

Ce mensonge est de plus un défi à la comptabilité. Le bouclier permettrait de récupérer (sans doute pour très peu de temps) 1 milliard d’euros, alors que l’on cherche au bas mot 50 milliards dès cette année !

On annonce aussi sans broncher qu’il faudrait taxer davantage l’épargne, créer des tranches d’impôt sur le revenu plus progressives afin de frapper les hauts revenus, fondre la CSG et l’IRPP pour diminuer l’infâme proportionnalité de la CSG. On est donc entré dans une transe fiscale collective, et on a de plus le front d’affirmer que c’est de nature à tout arranger : relance de la consommation (Madame Aubry y tient beaucoup), rééquilibrage des retraites (Bernard Thibaut), élimination des déficits budgétaires. A partir de la grande idée que « tous doivent faire un effort, au nom de la solidarité, et les possédants ont un effort supplémentaire à consentir » les princes qui nous gouvernent, ces fauchés, ces prolétaires, ces exploités et aliénés nous préparent une Saint Barthélemy sociale. Fauchés ? Non, Aliénés ? Oui.

Article extrait du site libres.org

3 commentaires pour “Réforme des retraites : les illusions et les mensonges”

  1. Messieurs,

    J’ai reçu ce jour votre pétition que je renvoie signée.
    Je viens d’ententendre à la radio que Le Ministre Woerth n’envisage pas non plus de toucher aux régimes spéciaux pour la reforme de la retraite.
    C’est un scandale de plus contre lequel je m’insurge.Les EDF font payer une CTA pour leur retraite et bénéficient d’un Comité d’Entreprise pléthorique en effectif, qui fournit des vacances à bon compte, CE financé par le prix du KW qu’ils ont par ailleurs à un prix réduit.Il y en a assez de ces injustices.
    Merci pour vos efforts et courage!
    Sincères salutations
    R.Domachowski

  2. Depuis des années les salariés du privé font seuls (ou à si peu près !) les fais des modifications aux régimes de retraite. Or la Constitution a été récemment modifiée et stipule que « désormais tous les justiciables peuvent s’adresser au Conseil constitutionnel et mettre en cause des législations en vigueur depuis des décennies voire des siècles » (le Figaro du 29 mai 2010).
    Quand on sait que les pensions servies aux salariés du privé par la CNAV sont toujours inférieures à 50% du salaire moyen des 25 meilleures années, on mesure l’écart avec la fonction publique…
    Contribuables associés devrait avoir un poids suffisant pour entreprendre une démarche qui dénonce une discrimination aussi évidente.

  3. et quid des régimes de retraite de nos sénateurs et députés ??C’est vrai qu’on est jamais mieux servi que par soi même surtout qu’on a le droit d’élaborer des lois pourquoi pas les rendre illisibles , incompréhensibles et à son avantage ???

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