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Pensée économique unique = danger

L’Occident vivait à crédit. L’encours des crédits, dans l’ensemble constitué par les États-Unis, l’Europe et le Japon, représentait 125 % d’une année de production de cette même zone.

Globalement, l’Amérique n’épargnait plus. Elle investissait avec l’argent des Chinois. Ce n’était pas longtemps supportable ! La crise financière a été provoquée, on le sait, par les fameux crédits subprime à l’immobilier social aux États-Unis. Mais le château de cartes du crédit excessif devait un jour ou l’autre s’écrouler.

L’attrition générale du crédit est le phénomène majeur en cours. C’est elle qui provoque la crise économique, la plus grave que nous ayons connue depuis un siècle. Tout simplement parce que moins de crédits signifie évidemment moins d’activité, aussi longtemps que l’épargne durable n’aura pas pris le relais.

Cette analyse dicte ce qui devrait être la bonne politique publique : favoriser l’épargne, en commençant par cesser de la décourager par l’impôt. On dira que ce serait un coup porté à la consommation. C’est possible. Mais le vrai choix est entre une crise longue et une crise courte.

Le gouvernement français a fait pour l’instant le choix inverse. Son ambition est de forcer les banques à faire autant de crédits qu’avant la crise tout en soutenant l’activité, par l’accroissement du déficit. C’est une politique totalement irresponsable. Le fait qu’elle soit soutenue par la pensée économique unique, véhiculée chez nous par une vingtaine d’éditorialistes n’ayant jamais eu la moindre réflexion économique personnelle, est de nature à le confirmer plutôt qu’à l’infirmer.

Quand j’entends l’un d’eux répéter pour la énième fois « tout le monde est d’accord pour accroître les déficits publics », je suis renforcé dans l’idée que c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire !

Alain Dumait

Le Cri du Contribuable

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