Non, la grève n’est pas morale !
Alors que de nouvelles grèves sont programmées dans la fonction publique, contre la réforme de l’Enseignement supérieur, contre la réforme des Hôpitaux… Jacques de Guénin conteste la légitimité du droit de grève dans la Fonction publique. Une opinion reconnue dans les pays voisins puisqu’en Allemagne, pour ne prendre que cet exemple, les fonctionnaires sont tout bonnement exclus du droit de grève !
» Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, une tempête a ravagé le Sud Ouest de la France. De nombreux foyers se sont retrouvés sans électricité, sans chauffage, sans télévision, quelquefois sans téléphone et sans eau pendant plus d’une semaine. Les routes, les campagnes, offraient un spectacle de dévastation.
Mais une extraordinaire solidarité s’est manifestée entre les particuliers. Elle a permis de surmonter l’épreuve.
Comme d’habitude, il y a eu dans les services publics nombre d’individus qui se sont dévoués pour alléger nos épreuves. Mais pas tous : le 29 janvier, des centaines de milliers d’employés des services publics, entraînés par des syndicats en concurrence, faisaient grève.
Ce fut un spectacle contrasté de deux sortes de Français : ceux qui assument, et ceux qui revendiquent. Ceux qui assument essayent tant bien que mal de faire marcher la société autour d’eux. Ceux qui revendiquent préfèrent obtenir plus d’avantages au détriment d’autres catégories : par exemple plus de retraites dans la fonction publique au détriment des retraites des employés du privé.
Non, les grèves dans la fonction publique n’ont aucune justification morale ! Elles exploitent cyniquement une situation de monopole. Lorsque les salariés d’une entreprise soumise à la concurrence font grève, c’est parce qu’ils estiment que l’employeur pour lequel ils travaillent ne les traite pas assez bien en échange du travail qu’ils accomplissent : ils s’arrêtent alors de travailler, en espérant que le tort qu’ils créent ainsi à leur employeur l’incitera à mieux les traiter. Leur grève n’est pas destinée à nuire aux clients de l’entreprise, car ces derniers pourront se tourner vers un concurrent. Ce faisant, les grévistes savent qu’ils prennent un risque : s’ils se trompent sur les possibilités réelles de leur employeur, l’entreprise sera contrainte de fermer et ils perdront leur emploi.
Dans le cas d’un service dit public, en situation de monopole, cette logique n’existe plus : l’employeur (l’Etat), ne subit aucun dommage, le salarié ne court aucun risque et les seules victimes sont les clients de l’entreprise, c’est-à-dire le public.
Quant aux grèves d’étudiants, elles ne font que singer les grèves d’adultes sans en avoir la moindre justification économique ou morale : un étudiant ne travaille pas pour un employeur mais pour lui-même. En arrêtant de travailler, il ne nuit qu’à lui-même, et trop souvent aux autres étudiants, qu’il empêche de suivre ses cours.
Non, rien n’empêche dans la Constitution de circonscrire le droit de grève dans les limites raisonnables, contrairement à ce que rabâchent les syndicalistes. La Constitution dit textuellement et seulement : « le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui la règlementent ».
Rien ne justifie dans une démocratie que l’on permette à des leaders syndicaux inamovibles et retranchés dans leur fromage de contrer le pouvoir élu par la coercition. Un gouvernement nommé par un président élu va proposer des mesures à un Parlement élu pour atténuer la crise dans la mesure permise par nos finances exsangues. Est-il normal que le président de la République doive s’humilier aujourd’hui devant les chefs syndicaux, pour éviter que la France ne soit mise à feu et à sang selon leur bon vouloir ? «
Des syndicats qui, rappelons le, ne représentent que 2% de la population active !
Par Jacques de Guénin,
président du cercle Frédéric Bastiat







Article exemplaire de clarté, de bon sens et de concision que j’aurais aimé avoir le talent d’écrire! Je suis un fonctionnaire (retraité) et je trouverais tout à fait normal que la fonction publique n’ait pas le droit de grêve en échange des avantages nombreux et importants dont elle bénéficie.Il faut poursuivre ce combat juste et moral!