Non au sauvetage des banques avec l’argent des contribuables !
Économiste de formation, journaliste, chef d’entreprise et président-fondateur de Contribuables Associés, Alain Dumait analyse pour Contribuables Associés la débâcle financière.
Cette débâcle financière, c’est la faute à la déréglementation, à l’ultralibéralisme et au capitalisme débridé. Vous êtes d’accord là-dessus ?
C’est en effet ce que les politiciens, l’establishment et les médias dominants nous serinent chaque jour, mais c’est entièrement faux !
Au-delà de ce mensonge éhonté chacun reconnaît que l’élément déclencheur a été cette affaire de crédits subprimes (traduction française : « sous-excellents », euphémisme humoristique pour dire « pourris »…).
Ces subprimes, crédits à taux variables et progressifs – d’abord en dessous du prix du marché, les deux premières années, puis ensuite de plus en plus chers, et sur l’ensemble de la période du prêt, d’un taux moyen plus élevé d’environ 2 % que le taux du marché – ont été accordés à des familles à faibles ressources, appartenant pour la plupart aux minorités ethniques, noires ou hispaniques. (…)
LES BANQUIERS OBEISSAIENT AUX FONCTIONNAIRES.
Quelque trois millions de ces prêts ont été souscrits. Ce qui représente aujourd’hui, avec un prêt moyen à 500 000 dollars par famille, un encours de l’ordre de 1 500 milliards de dollars.
Les banquiers qui ont accordé ces prêts à des familles insolvables étaient-ils fous ? Bien sûr que non ! Ils sont lâches et cupides, mais pas fous. Ils ont obéi aux injonctions du gouvernement américain qui prétendait non seulement favoriser l’accession à la propriété des minorités ethniques, lutter contre les discriminations, mais aussi garantir le système(…)
Quand il fut avéré que les prêts étaient pourris, les banquiers ont réalisé que les produits dérivés l’étaient aussi. Les banques détentrices ont dû passer des provisions de plus en plus importantes, réduisant ainsi leurs fonds propres et leur capacité à faire face à leurs obligations, ou tout au moins à faire du crédit.
« NOUS SOMMES TOUS VICTIMES DU LOGEMENT SOCIAL ! »
La confiance a fait place à la méfiance, la méfiance à la panique, la crise financière à la crise économique. C’est l’écroulement de la planète finance… Et l’élément déclencheur n’est absolument pas la déréglementation, l’ultra libéralisme ou le capitalisme débridé, mais au contraire, très précisément l’intervention politique dans la sphère financière, au nom de l’aide aux plus démunis et la lutte contre les discriminations.
Le responsable direct de la crise, c’est la politique dite du logement social, et la forme particulièrement perverse qu’elle a prise aux États-Unis. (…)
Mais les racines du problème résident dans l’augmentation tout à fait excessive de la masse monétaire depuis 30 ans, et donc de ses contreparties que sont les encours de crédits aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités publiques.
Cette masse monétaire, et ces crédits, aux États-Unis comme en Europe, ont augmenté trois fois plus vite que la richesse des pays considérés : + 50 % dans la zone euro entre 2002 et 2007.
Ce n’est tout simplement pas sérieux. Et évidemment on a prêté à des impécunieux : des familles à faible revenu, des entreprises petites ou naissantes, des États mal gérés.
Bien. Mais aujourd’hui ce sont les États qui empruntent, pour sauver les banques et éviter que le système financier ne s’écroule…
En effet, aujourd’hui les banques ne financent plus personne et ne se prêtent même plus d’argent entre elles. Ce sont les États qui se substituent à elles : en garantissant les dépôts, leurs obligations, en prêtant directement de l’argent à certaines catégories d’agents économiques. (…)
Il n’y a pas une garantie, une réglementation, une aide ou un emprunt, une subvention ou un abondement, de la part de l’État, qui ne finisse pas par un nouveau prélèvement dans la poche des contribuables. C’est toujours lui qui paye !
TIRONS LES LEÇONS DES ERREURS COMMISES
Alors que faut-il faire ?
Il faut d’abord savoir tirer les leçons des erreurs commises.
Nous vivions dans un système d’économie mixte : un peu de marché et beaucoup d’étatisme (sous des formes très diverses).
Les banques, bien que privées, étaient sous l’emprise de l’administration, et dirigées par la crème de l’establishment. Ici des énarques et là-bas la fine fleur des business schools.
Quant au crédit, il était régulé par des monopoles que sont les banques centrales, véritables émetteurs de fausse monnaie (sans garantie).
L’ensemble formant un système fermé, hiérarchisé, de type clanique. (…) Ce qui a « foiré » c’est la partie publique, constructiviste, communisante de cette économie mixte.(…)
Il faut aller vers moins d’interventionnisme et plus de marché libre !
UNE GRANDE CAMPAGNE DE MOBILISATION NATIONALE
Quelle est la position de Contribuables Associés ?
J’espère que notre association va pouvoir très vite organiser une grande campagne de mobilisation nationale sur le thème « Non au sauvetage des banques avec l’argent des contribuables ! ».Une campagne à laquelle toutes les familles politiques peuvent et devraient s’associer.(…)
Commençons tous, les uns et les autres, à demander à nos parlementaires s’ils sont d’accord avec ce nouveau hold-up. Qu’ils sachent au moins que nous, on n’est pas d’accord !
Le Cri du Contribuable n°57, du 18 octobre 2008







Merci de le dire et de le diffuser. Je n’ai entendu que deux politiques l’expliquer, c’est Alain Madelin et Michel Rocard. Laurence Parisot a bien tenté de l’expliquer chez Laurent Ruquier mais les gros sabots d’Eric Nolo ont piétines son propos avant qu’elle ne termine, dommage…
Noter quand même que ce sont 3 personnes d’horizon très different pour relater les mêmes faits.
Quand on tente de l’expliquer, on ce fait incendier par les gauchistes:
“Ouais, ça y’est tu veux faire croire que c’est la faute des pauvres!”
Et gnagnagna, et gnagnagna… Pour parler à des sourds il faut-être sourd soi-même sans doute.
Si le gouvernement veut faire tomber la tête des coupables, qu’il aille chercher du coté de chez messieurs Bush, Paulson et Greenspan.
On comprend aisément pourquoi Warren Buffet soutient M. Obama.
“Who else?”
Crise: échec du libéralisme ou du capitalisme de connivence?
La déferlante médiatique alimentée par les intellectuels de gauche en mal de solutions et les journalistes à peu près tous de formation marxiste martèle ce crédo: c’est la crise du libéralisme, c’est la fin du free market et du capitalisme sauvage.
Si on peut se noyer dans une violente vague à Biarritz cette déferlante médiatique est un tigre en papier. Il faut garder la tête froide et commencer par un fait: l’état est en train de réparer ce qu’il a fait ou laisser faire à une poignée d’institutions financières qu’il contrôle. Quoi de plus naturel? La création de monnaie par la FED mais aussi par la BCE est excessive au regard de la richesse produite; la dépense publique est déraisonnable et ne peut se financer que par une dette colossale, les emprunteurs américains n’auraient pas fait défaut si la loi n’avait pas enjoint les banques de prêter ou d’avoir des ennuis à des personnes sans le sou etc… Voilà pourquoi il n’y a absolument aucune surprise à ce que l’état répare ce qu’il a fait et qu’il vienne au secours des banques qui sont régulées par lui depuis qu’elles n’émettent plus de billets!
Pour la suite, l’état n’est toujours pas la solution, car le pompier éteint l’incendie mais ne fait rien pour prévenir le suivant surtout si on s’aperçoit qu’il a été pyromane. L’état est toujours le problème car d’une part il va sortir très endetté dans de nombreux pays et d’autre part son copinage avec les oligarchies financières est loin d’être fini, au contraire une nouvelle page s’ouvre.
Endetté au point de ralentir la croissance c’est une crainte légitime car les survaleurs sont dans des lignes de compte, la crise boursière en a effacé pas mal, mais il en reste beaucoup, il va falloir vivre avec des dettes publiques et autres.
Copinage c’est à dire connivence et privilèges avec l’oligarchie financière c’est le cas aux USA mais aussi en Europe et en France où les anciens de Goldman Sachs s’appellent tout simplement les anciens de l’Inspection des Finances. Il n’est pas question de nier la valeur des individus, leur capacité à gérer mais il est essentiel dans un état de droit que les conflits d’intérêts soient les plus limités possibles. L’intrication des positions de pouvoir fait craindre que la rule of law soit mise de côté plus souvent qu’à l’habitude. C’est toute la différence entre un système politique libéral et le capitalisme d’état mêlant connivence et privilèges pour une oligarchie dominante. Les participations, nationalisations et autres marquent l’ouverture d’une page nouvelle de l’histoire du capitalisme bancaire. Très loin du libéralisme, attention danger, la démocratie pourrait en souffrir et la libre entreprise aussi. Or de quoi avons nous besoin pour relever les défis de l’énergie, et de la production de richesse en général? D’entrepreneurs libres et audacieux et d’une allocation du crédit la plus indépendante possible.