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La France écrasée d’impôts

La France écrasée d’impôts

Chacun sait que nous sommes abreuvés de discours officiels, d’analyses et commentaires qui, réunis chaque semaine, pourraient remplir des kilomètres de rayonnages. Mais ce n’est pas cela la réalité. La réalité, en France, ce que chaque Français vit quotidiennement, c’est l’insécurité et la fiscalité. D’un côté les discours, de l’autre le réel.

S’agissant de l’insécurité, j’y ai fait allusion à maintes reprises dans ces colonnes. Je n’en dirai qu’un mot aujourd’hui : personne ne se risquerait à se promener à dix heures du soir dans le 19e arrondissement… de Kinshasa ? Non, de Paris ! Il faut savoir aussi, parmi bien d’autres facteurs d’inquiétude, que la SNCF et son réseau ferré ont fait l’objet de 27 000 actes de malveillance au cours de la seule année 2007, dont certains avaient pour but meurtrier de faire dérailler les trains. Tout cela ne fait que commencer…

Mais arrivons à la fiscalité. Elle est écrasante. La France est le pays le plus imposé du monde et néanmoins, elle est en faillite. Le comble de la mauvaise gouvernance !

Il n’en a pas toujours été ainsi. Avant la première guerre mondiale, les impôts directs pesaient très peu. La régie des contributions directes gérait les « quatre vieilles » : la contribution foncière, la contribution personnelle mobilière, la contribution des patentes, l’impôt des portes et fenêtres. S’ajoutait à cela la régie des contributions indirectes sur les boissons et la régie de l’enregistrement et du domaine du timbre. Mais la première guerre mondiale créa pour l’État d’énormes besoins et ce fut l’institution de l’impôt général sur le revenu, mais limité alors à 2 %.

Survint 1945 et le commencement de l’avalanche dans une France qui était aux deux tiers communiste, militants et sympathisants inclus. Le code général des impôts remplaça les codes de chaque régie. Il compte aujourd’hui 1965 articles, complétés par le livre des procédures fiscales aux 821 articles, d’une complexité inouïe, plus les sous-articles, ce qui a fait naître les experts fiscaux, car le contribuable ne peut rien y comprendre… comme il y a des experts en hiéroglyphes.

En 1982, Mitterrand, à la demande des communistes de son gouvernement, institua l’impôt sur les grandes fortunes (IGF), remplacé en 1989 par l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), y compris les petites fortunes, dont le résultat, à ce jour, est la fuite à l’étranger de quelque 100 milliards d’euros et des himalayas de paperasseries, avec des tonnes de justificatifs. Puis, en rafale, sont créées sans discontinuer de nouvelles taxes, la TVA (1954), qui passe de 17.6 % à 19.6 %, la CSG en 1990, la CRDS en 1996, s’ajoutant aux autres cotisations sociales prélevées par l’Urssaf (l’Union de recouvrement des cotisations sociales et d’allocations familiales), qui font qu’un employeur verse à l’État 50 % du salaire de son employé, une formidable machine à produire du chômage. N’oublions pas les impôts locaux qui ont augmenté de 27.4 % en huit ans, pour atteindre le chiffre de 80.5 milliards d’euros en 2006 et l’on attend à Paris, en 2009, une nouvelle augmentation de 12 %, avec la création d’une seconde taxe foncière, ce qui n’empêche nullement les trottoirs de la capitale d’être généralement dégoûtants. La CSG va passer de 11 à 12.1 % et l’on annonce une douzaine de nouvelles taxes, aussi discrètes que réelles, tout ceci en parfaite contradiction avec les promesses de Nicolas Sarkozy.

On notera également, qu’alors qu’en raison de la crise de nombreux pays vont diminuer les impôts, on va les augmenter en France au détriment des classes moyennes, le dernier troupeau de moutons à tondre.

Bref, désormais en France, l’administration fiscale et ses presque 100 000 fonctionnaires prélèvent jusqu’à six mois de salaires et revenus sur celui qui travaille, ce qui sert en premier lieu à payer lesdits fonctionnaires. « Notre système fiscal est d’une illisibilité absolue, déclare Laurence Parisot, chef d’entreprise et présidente du Medef, d’abord en raison du nombre des taxes : 85 pour les seules entreprises, ensuite parce que certaines taxes sont devenues tellement compliquées qu’elles en sont incompréhensibles… La France a une logique punitive vis-à-vis des entreprises » (Le Cri du contribuable n° 56, du 4 octobre, p. 3 : Impôts : le coup de gueule des chefs d’entreprise).

En 2009, le déficit national sera de 51.4 milliards d’euros, contre 38.4 en 2007. Les intérêts de la dette gigantesque de l’État atteindront 44 milliards en 2008, absorbant presque la totalité de l’impôt sur le revenu, plus 36 milliards d’euros, coût annuel de l’immigration.
Ainsi en France, où la droite a maintenant disparu, les gouvernements quels qu’ils soient ont pour politique une démagogie tous azimuts, un gouvernement dont tous les membres, du chef de l’État au secrétaire d’État, ont pour objectif prioritaire d’être élus et réélus !

Jusqu’en 1914, notre pays était l’un des plus riches du monde, avec une fiscalité légère. Il est aujourd’hui en ruine financière, avec une fiscalité insupportable. Les discours ne changeront rien à l’affaire. La France, qui fut autrefois un grand pays, où l’on vivait à l’aise, compte aujourd’hui 8 millions d’habitants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont deux millions d’enfants, et 100 000 SDF, tous plus ou moins mendiants, un patrimoine à l’abandon, comme la bibliothèque de France, rue de Richelieu à Paris, des universités délabrées et, de plus, une balance commerciale déficitaire alors que l’Allemagne où le taux des prélèvements obligatoires et le plus bas d’Europe a, elle, des exportations florissantes.

S’adressant à Jacques Chirac, Thierry Desjardins, ancien rédacteur en chef du Figaro, a publié il y a quelques années un ouvrage intitulé : « Monsieur le Président, arrêtez d’emmerder les Français. (éditions Plon)» Aujourd’hui, c’est un nouvel ouvrage qu’il faudrait écrire : « Monsieur le Président arrêtez non seulement d’emmerder les Français, mais aussi de les spolier et de les ruiner. »

Christian Lambert

Ambassadeur

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