La croissance pour sortir de l’impasse de la dette
Tribune proposée par Laurent Bonnot, membre d’Energies 2007
Il y a quelques mois la commission de réflexion sur la dette présidée par Michel Pébereau rendait publiques les conclusions de son travail. Le grand mérite que chacun peut reconnaître à cette commission est d’avoir mis la question de la dette publique en pleine lumière. Il ne me semble plus possible de nier la situation préoccupante des finances publiques. La réalité est désormais connue de tous. Je n’en rappellerai que les éléments les plus marquants :
- Sans même tenir compte des 430 milliards d’euros de provisions pour les retraites des agents de la fonction publique, l’endettement global de l’Etat atteint 1 117 milliards d’euros – soit 41000 euros par ménage.
- L’intérêt de la dette représente aujourd’hui à lui seul le deuxième poste de dépense de l’Etat après l’enseignement scolaire : chaque année, à partir du 15 octobre, l’Etat vit à crédit pour régler ses dépenses de fonctionnement, et ce, dans le cadre d’un budget en déficit chronique depuis plus de 25 ans.
- Surtout, la situation est insoutenable à moyen terme ! C’est la solidarité entre les générations qui est aujourd’hui menacée.
Pour sortir de l’impasse, des solutions existent : ce sont celles qu’ont mise en œuvre des pays exemplaires comme le Canada, l’Australie ou certains de nos voisins européens. S’inspirant de ces expériences, le rapport Pébereau décrit les règles de bonne conduite qui devraient systématiquement être adoptées. L’accent est notamment mis sur l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique.
Mais cela sera-t-il suffisant ? Une gestion plus rigoureuse des finances de l’Etat permettra-t-elle, à elle seule, de redresser la situation ? Je suis convaincu du contraire.
Sans croissance, il sera impossible de traiter la question de la dette. Or, depuis 15 ans, la croissance de la France ne s’est élevée en moyenne qu’à 1,9 % par an, alors qu’il faudrait atteindre 3% pour financer nos dépenses publiques et garantir la cohésion sociale.
La situation est-elle donc désespérée ? Je ne le pense pas.
La France dispose de tous les potentiels pour renouer avec une croissance forte et durable dans l’économie du 21e siècle. Pour cela il faut miser sur l’innovation qui seule peut permettre aux pays les plus développés de profiter de la mondialisation comme on su le faire, entre autres, la Bavière, la Catalogne ou la Finlande. Cela nécessite des réformes qui ne peuvent plus attendre. C’est la thèse que défend Christian Blanc dans son ouvrage « la croissance ou le chaos.*
» C’est également l’un des thèmes qu’il devrait développer jeudi 1er juin à 20h lors d’une réunion publique à la mutualité.
Laurent Bonnot
(*) Editions Odile Jacob
Voir le site d’Energies 2007







Excellent tribune
c’est clair, c’est vrai,
mais qui s’en préoccupe parmi nos élus?
personne.
D’accord pour en faire un thème de campagne pour les présidentielles 2007.
Et si Christian BLANC se présente, cela nous changerait des politiciens professionnels.
Je suis d’accord pour voter pour un candidat ayant bossé dans le Public et le Privé, et qui ne soit pas énarque. Qui plus est, a fait ses preuves !!!