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La crise financière est due à une intrusion massive de l’Etat

La crise des subprimes n’est pas due à une absence d’intervention de l’État, mais au contraire à l’intrusion massive de l’État fédéral américain dans le domaine des prêts au logement.

Dans les années trente, l’État a créé des structures destinées à financer et à garantir les prêts au logement. En 1938 est lancée la Federal National Mortgage Association, surnommée Fannie Mae.

Et comme ce monopole public du marché secondaire des prêts immobiliers paraît incongru, le Congrès, en 1970, lui suscite un concurrent surnommé Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation), organisme supposé privé. Il a bien des actionnaires privés, mais pas de véritable concurrence, puisque c’est l’État qui garantit les prêts.

C’est donc sur ce marché qui n’a rien de libre que des financiers imaginatifs se mettent à créer des instruments compliqués transformant des dettes en actifs financiers commercialisables, des actifs qui, en principe, ne peuvent pas perdre, puisqu’ils sont garantis en dernier ressort par l’État.

Fannie Mae et Freddie Mac ont été mis en faillite le 7 septembre dernier, mais l’État a garanti leurs dettes.

Pourquoi faut-il maintenant un plan de sauvetage de 700 milliards ? Tout simplement parce que des banques et des compagnies d’assurance ont cru faire une bonne affaire en rajoutant un peu de leur propre argent, et surtout beaucoup d’argent appartenant à ceux qui leur ont fait confiance, dans une proportion parfois de un à trente.

On a certes tout à fait raison de condamner ces financiers imaginatifs, mais on doit surtout condamner l’État fédéral qui, depuis trop longtemps, a encouragé de tels errements, en garantissant des prêts octroyés sans concurrence sur des critères tout à fait étrangers au marché libre.

La crise actuelle ne vient donc pas du tout des “dérives du libéralisme”, mais au contraire des dérives de l’étatisme. Le remède n’est pas dans la « relance budgétaire », comme le prétend Henri Guaino, le gourou keynésien de l’Elysée, mais au contraire dans l’équilibre budgétaire et la réduction de notre énorme dette.

Ce n’est pas de nouvelles et étouffantes “régulations”, ni de nouvelles dépenses dont la France à besoin, mais d’économies, en ayant le courage de tailler dans toutes les dépenses inutiles de l’Etat et des collectivités territoriales.

Claude Fouquet, ambassadeur de France

Aller plus loin…

lire le bulletin d’André Noël :  » Quand l’Etat trouve pour les banquiers l’argent qu’il n’avait pas pour le RSAz  »

4 commentaires pour “La crise financière est due à une intrusion massive de l’Etat”

  1. Non seulement je suis d’accord avec ce qu’écrit Monsieur C. FOUQUET mais j’ajouterai que, par démagogie, le gouvernement, se disant choqué par les parachutes dorés des grands patrons, est prêt à légiférer pour en limiter le montant et les fiscaliser.L’ intervention de l’Etat dans ce domaine est une fois de plus mal venue, elle devrait se borner à obliger la transparence vis à vis des actionnaires qui, eux, ont le droit de savoir parce que, eux, ont pris des risques financiers en achetant des actions. Et puis, Messieurs les politiques, un peu de décence! vous oubliez un peu vite les augmentations de traitement que le Président s’est attribué récemment et celles,rémunération et retraite, que les députés se sont votées à la fin de la législature précédente.Encore une intervention malheureuse de l’Etat!

  2. Bonjour,

    En effet, ce n’est pas le monde « ultra- »libéral qui est responsable de ses faillites et de cette panique. Ce sont les outils spéculatifs tels que la vente à découvert et autres outils de levier qui amplifient les évenements.
    C’est de la finance pure, ce n’est même pas le capitalisme car dans le cas de la vente à découvert il n’y a même pas de propriété !

  3. @Claude F: Certes l’Etat américain est bien à l’origine de ce système « sans filet » néanmoins on ne peut absolument pas sublimer le libéralisme tout puissant quand on regarde les dommages collatéraux qu’il entraîne au niveau mondial. Car nous sommes pas, sauf erreur de ma part, dans un système particulièrement vertueux.
    Même si je suis en parfait accord avec la politique actuelle de réforme de l’Etat et du système français dans son ensemble pour demain, je suis bien content que l’Etat régule de cette façon notre économie et qu’il pousse pour plus de transparence et de justice économico-sociale. Quant aux parachutes dorés (une exemple parmis tant d’autres on pourrait parler de la nécessité de légiférer sur la répercussion rapide des baisse du cours du pétrole-au moins aussi vite que pour les hausses brutales- ), si vous ne trouvez pas cela anormal pensez à l’exemplarité et à la masse d’€uropéens qui, eux, ne jouissent pas de la situation privilégié et sécurisée (financièrement parlant s’entend) des top managers, des argentiers ou des politiques qu’ils soient députés ou autres…Ce sont eux les dindons de la farce et non les plus riches ou les plus privilègiés qui ont le sentiment d’être surtaxés. C’est vrai qu’un million en impôt quand dans le même temps on s’en met 10 dans la poche peut paraître dégueulasse…

  4. Bonjour,

    Je vous conseil cet article en lien, un peu ardu car traduit de l’anglais, qui montre pourquoi et comment l’administration « Bush, Greenspan, Paulson » est délibérément impliquée dans la crise mondiale actuelle.
    Si on peut encore douter des desseins de cette administration, les faits passés éclaire sa responsabilité.

    On comprendra alors pourquoi Warren Buffet soutient Obama.

    Je rappele pour comprendre l’article,
    1 que Paulson à été le président de Goldman Sachs pendant une trentaine d’année.
    2 que Goldman Sachs est la seule banque à ne pas avoir trempé son nez dans les dérivés pourris des subprimes.

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=10558

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