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Et si Nicolas Sarkozy prenait pour exemple la Grande Bretagne pour sa Liberté Economique ?

les indices de liberté économique 2008 sont parus. Ceux-ci sont publiés par Heritage Foundation et par le Wall Street Journal. Cette année, la méthodologie a été sensiblement améliorée, ce qui fait qu’Heritage a recalculé tous les indices pour les années précédentes, avec de nouveaux critères.

 Il ne faut donc pas comparer les résultats actuels à ceux qui avaient été publiés les années antérieures, puisque les données ne sont pas homogènes, mais aux résultats recalculés par Heritage sur les nouvelles bases.

Dix indicateurs de liberté
Désormais, les notes sont beaucoup plus précises, avec une échelle allant de 0 à 100 (au lieu de 0 à 5), 0 signifiant aucune liberté économique, 100 la liberté la plus totale. Ensuite, la note d’ensemble (et donc le classement qui en résulte) est le fruit de la moyenne de dix indicateurs, eux aussi allant de 0 à 100 : la liberté des affaires, la liberté commerciale (commerce international), la liberté fiscale (plus le poids de l’impôt est élevé, plus la liberté est faible), la taille du gouvernement (en fait de l’Etat : plus les dépenses et les entreprises publiques sont importantes, plus la note est faible), la liberté monétaire, la liberté des investissements, la liberté financière, les droits de propriété (plus les droits de propriété sont garantis, meilleure est la note), les problèmes de corruption et enfin la liberté sur le marché du travail (liberté des salaires, liberté d’embauche et de licenciement, etc.).

Le tableau ci-dessous donne le résultat des 50 premiers pays, (sur un total de 157). On ne sera pas surpris de trouver aux premières places Hong-Kong (avec le résultat appréciable de 90,3 sur 100), puis Singapour, l’Irlande, l’Australie, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, etc. On comprend mieux ainsi certains « miracles économiques » récents, comme celui de l’Irlande, dont le Pib par habitant est passé des dernières places européennes aux toutes premières.

Et la France ?

La situation de la France est consternante. Nous sommes 48èmes, loin derrière la plupart des pays européens, mais aussi derrière des pays comme l’île Maurice, l’Arménie ou le Salvador. La plupart des pays de l’Est sont aussi devant nous. Cela permet de mieux comprendre que la croissance française soit l’une des plus faibles du monde et notamment d’Europe. Le détail des notes apporte aussi d’intéressantes précisions.
Notre plus mauvaise note (13,17 sur 100 !) concerne la taille des administrations publiques (Governement size), ce qui ne surprendra guère les Français, puisque les dépenses publiques sont parmi les plus élevés du monde. Nous avons aussi de mauvaises notes pour le poids de la fiscalité et pour l’absence de liberté du travail et de liberté d’investissement. Quant à notre note moyenne (calculée sur l’ensemble des dix critères), comme on le voit dans le tableau ci-contre, elle est seulement de 65,4%, ce qui est bien faible pour une économie de marché, pour un pays développé et pour un membre de l’Union européenne.

De la liberté à la prospérité

Ce qui est aussi intéressant, c’est la fin du tableau. Quels sont les derniers du classement ? La liste est sans surprise. Bon dernier, la Corée du Nord (note : 3 sur 100 !) ; juste avant elle, Cuba (27,5 sur 100) et le Zimbabwe (29,8 sur 100). Parmi les derniers, on notera aussi sans grande surprise la Libye, le Turkménistan, l’Iran ou la Belarus. Sans surprise non plus, le Venezuela de l’aimable CHAVEZ est dans les dix derniers.

Ces indices de liberté sont intéressants et significatifs en eux-mêmes. Mais ils le sont plus encore par leurs conséquences. Les corrélations sont claires et nous les avions présentées certaines années précédentes à nos lecteurs, sous forme de graphique : plus les libertés économiques sont grandes, plus la croissance économique des pays concernés est forte. Et les pays les moins libres sont ceux qui s’enfoncent dans la misère. Parmi les pays de l’ex-tiers-monde, seuls émergent ceux qui ont choisi la liberté ; les autres s’appauvrissent. Les écarts ne s’accroissent donc pas entre le nord et le sud, mais entre pays libres et pays moins libres. La carte des libertés coïncide avec la carte du dynamisme du développement.

Quant à la France, ses mauvaises performances n’ont rien à voir avec l’euro fort, le prix du pétrole ou d’autres sornettes conjoncturelles. Elles viennent d’un manque de libertés et en particulier du poids de l’Etat, des dépenses publiques, de la fiscalité, des réglementations administratives, des rigidités. C’est donc là que les réformes prioritaires doivent se faire.

1 Hong Kong [90.3]
3 Ireland [82.4]
4 Australia [82.0]
5 United States [80.6]
6 New Zealand [80.2]
7 Canada [80.2]
8 Chile [79.8]
9 Switzerland [79.7]
10 United Kingdom [79.5]
11 Denmark [79.2]
12 Estonia [77.8]
13 Netherlands [76.8]
14 Iceland [76.5]
15 Luxembourg [75.2]
16 Finland [74.8]
17 Japan [72.5]
18 Mauritius [72.3]
19 Bahrain [72.2]
20 Belgium [71.5]
21 Barbados [71.3]
22 Cyprus [71.3]
23 Germany [71.2]
24 Bahamas [71.1]
25 Taiwan [71.0]
26 Lithuania [70.8]
27 Sweden [70.4]
28 Armenia [70.3]
29 Trinidad and tobago [70.2]
30 Austria [70.0]
31 Spain [69.7]
32 Georgia [69.2]
33 El Salvador [69.2]
34 Norway [69.0]
35 Slovak Republic, The [68.7]
36 Botswana [68.6]
37 Czech Republic [68.5]
38 Latvia [68.3]
39 Kuwait [68.3]
40 Uruguay [68.1]
41 Korea, South [67.9]
42 Oman [67.4]
43 Hungary [67.2]
44 Mexico [66.4]
45 Jamaica [66.2]
46 Israel [66.1]
47 Malta [66.0]
48 France [65.4]
49 Costa Rica [64.8]

article extrait du site libres.org

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