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Entretien. Hervé Mariton, député UMP de la Drôme : Service minimum : on aurait pu faire mieux

Hervé Mariton est député UMP de la Drôme depuis 1993 et maire de Crest (8 000 habitants). Il a présidé à partir de juillet 2007 la commission spéciale sur le service minimum.

La loi sur le service garanti dans les transports vous semble-t-elle suffisante ?

Cette loi ne permet pas encore de dire que la promesse de Nicolas Sarkozy a été tenue, mais elle va dans le bon sens. Elle introduit une contrainte pour les grévistes : ils doivent se déclarer 48 heures à l’avance, pour permettre à l’entreprise de transports d’organiser au mieux le service. Dès le 1er janvier, les autorités organisatrices de transport doivent avoir défini ce qui est prioritaire et comment elles organiseront le service les jours de grève. Si elles ne jouent pas le jeu, la loi prévoit que le préfet puisse intervenir.

Le préavis de grève existe déjà. D’autre part, rien n’empêche les grévistes de dire qu’ils ne viendront pas et, finalement, de venir…

C’est exact. Dans ce cas, ils seront en effet payés, et ça n’aura pas permis à l’entreprise de s’organiser. C’est une forme de gaspillage. Mais c’est moins grave que de ne pas dire qu’on fait grève et de la faire quand même. D’autre part on a la chance que la grève soit un sujet désormais très regardé par l’opinion. Sur le préavis, la loi ne fait qu’en rallonger le délai.

Comment l’entreprise pourra-t-elle s’organiser malgré l’influence des syndicats et sachant qu’une entreprise n’a pas le droit de faire appel à des personnes extérieures ?
On aurait pu faire mieux, mais la loi permet des réaffectations au sein de l’entreprise. La loi sur le service garanti est un outil assez puissant, entreprise par entreprise. Elle suggère aussi qu’il y ait des équipes volantes – ce que la RATP fait déjà. Les entreprises de transports auront intérêt à le faire, sinon elles auront des pénalités à payer à la collectivité.

Les pénalités, c’est le contribuable qui les paiera puisque ces entreprises sont subventionnées…
Ce système se mord un peu la queue, c’est vrai. Il faudra, bien sûr, remettre l’ouvrage sur le métier mais je pense que cette loi est utile et qu’elle représente un progrès. L’action du gouvernement aujourd’hui est partielle à bien des égards : les réformes sont rapides, mais manquent d’ampleur.

Il est dommage que cette loi ne s’applique qu’aux transports terrestres…
Un amendement a été voté qui oblige le gouvernement à nous faire un rapport sur l’évolution du dialogue social dans les autres secteurs de transport. C’est clairement un appel à aller au-delà des seuls transports terrestres. Mais nous n’avons pas parlé du reste. De l’Éducation, par exemple, qui a besoin d’un vrai service minimum. Pour l’instant on parle de garderies, dont je ne disconviens pas de l’intérêt, mais l’Éducation nationale doit être capable, en cas de grève, d’assurer de vrais cours.

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