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Assurance maladie : le malade paiera

Si l’on a moins parlé cet été de la Sécu que du budget et des impôts, ce sujet reste d’une brûlante actualité et devrait constituer un des points chauds de la rentrée. Tout d’abord, on a appris, sans surprise pour nous, que le déficit ne cessait de se creuser : 10 milliards pour le régime général en 2006 et 12,3 milliards en 2007. Comme prévu, le déficit des retraites s’accentue et celui de l’assurance maladie, que l’on avait dit enfin vaincu, reste le plus élevé et devrait, contre toutes les déclarations publiques, progresser encore en 2007 : 5,9 milliards en 2006, 6,4 milliards cette année, selon les chiffres officiels. Contrairement à des déclarations entendues pendant la campagne électorale, le problème de la Sécu n’est pas derrière nous, il est devant nous. La question des retraites en particulier reste entière.

Ensuite, deux autres informations ont été publiées concernant l’assurance maladie. La première concerne des décrets parus discrètement cet été au Journal Officiel, (en plein mois d’août). Il s’agit d’un nième mini-plan de redressement, comportant des mini-réformes. C’est ainsi que jusqu’à maintenant un patient se voyait prélever le forfait non remboursé de un euro par acte médical et par consultation dans la limite d’un euro par jour. Ce plafond est désormais porté à quatre euros par jour. Voilà, paraît-il, 200 millions d’économisés.

Un autre décret autorise la CNAM à faire varier plus fortement le taux de remboursement pour les patients ne respectant pas les parcours de soins coordonnés : les patients sans médecin traitant seront encore moins remboursés. 150 millions d’économisés. D’autres mesures généralisent la suppression du tiers payant pour les patients refusant un générique. Bilan : moins de liberté pour les malades et surtout moins de remboursements. Ces mesures microscopiques ne règlent pas le déficit, qui se mesure en milliards et non en millions.

Dernière information : le Président SARKOZY a confirmé une mesure, annoncée cette fois dans la campagne, celle de la franchise non remboursée sur les soins, jusqu’à 50 euros par an, dont les médicaments (50 centimes par boîte). Encore une usine à gaz, avec des exonérations (CMU, femmes enceintes, enfants) et un plafond arbitraire qui ne tient pas compte de la nature ni du prix du médicament ! La conclusion est toujours la même: la Sécu coûte de plus en plus cher et rembourse de moins en moins.

Le gouvernement a l’habileté de lier ces « économies » au financement de dépenses nouvelles. Mais quand on a des milliards de déficits, comment songer à de telles fables ?  En réalité, le déficit de la Sécu ira en s’aggravant.

Voilà donc posée, une nouvelle fois depuis un demi-siècle, la question de la légitimité du monopole public de l’assurance maladie. Quand les Français ouvriront-ils les yeux sur un système qui n’a aucun régulateur (la gratuité apparente est mauvaise conseillère) et de l’autre sur un système qui présente de moins en moins d’avantages pour un coût croissant. On parle de responsabiliser le malade, mais ce n’est pas en transférant le coût sur lui qu’on le responsabilisera.

La responsabilité passe non par un non remboursement, mais par une connaissance du coût réel et surtout par le libre choix de son assurance avec la mise en place d’une véritable concurrence dans le domaine de l’assurance maladie. Chacun choisira alors, comme pour l’automobile, non seulement son assureur, mais aussi les modalités de remboursement : celui-ci, en bonne santé, préférera une assurance moins chère et remboursant moins ; celui-là, plus malade, ou simplement plus prudent, préférera payer plus pour être remboursé plus le cas échéant.

En France, ce sujet est tabou, contrairement à bien de nos voisins (dont la Suisse). Mais qui a expliqué aux Français cette double vérité : la concurrence d’une part fait baisser les prix et les coûts ; d’autre part, c’est le seul système qui respecte le libre choix du client. Préférer le monopole public, c’est préférer l’esclavage étatique à la liberté. Pour un pays qui a mis la liberté dans sa devise, c’est tout de même paradoxal.

Article extrait du site Libres.org 

5 commentaires pour “Assurance maladie : le malade paiera”

  1. Il est une donnée sur les comptes de l’assurance maladie que je n’arrive pas à connaître : c’est celui des frais de fonctionnement, salaires, immobilier, déplacements etc…

    Il semble que ces chiffres soient mieux protégés que par le secret défense.

    Poser la question est y répondre

  2. Outre le problème soulevé par Patrick, le déficit rapporté au budget global (hors immobilier)est insignifiant. On nous parle toujours du deficit, mais sur un budget total de combien de milliards d’euros?
    Les entreprises privées vendent leur patrimoine immobilier pour ne devenir que locataires de leurs sièges ou bureaux. On attend quoi pour faire de même?
    Enfin, cerise sur le gâteau, c’est toujours ceux qui cotisent qui sont pénalisès.Encore un effort et nous cotiserons pour rien.Un million et demi de CMU…..pour eux pas de soucis…certains y ont un droit lègitime.Mais beaucoup en abusent….beaucoup trop….Je préconise l’inverse….remboursement a 100% pour ceux qui cotisent. Le minimum et les génèriques pour ceux qui ont l’aide gratuite….

  3. Avant de se lancer dans la privatisation de l’assurance maladie, allez voir le dernier film de Mickael Moore sur le système de santé américain : vous écrirez peut-être un peu moins de conneries !

  4. Ce serait normal que ce soit les cotisants qui soient le mieux remboursé et non l’inverse comme actuellement il et vrai que nous sommes dans une societe socialiste aussi voila le resultat à la sovietique.

  5. Privatiser l’assurance maladie pour les consultations chez le généraliste et spécialiste (prise en charge par les mutuelles) et garder le public pour les soins lourds et urgents : hôpitaux, affections graves, de longue durée.

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