Un capital de départ pour les jeunes ? Le faux cadeau de Dominique Strauss-Kahn
Démagogie électorale oblige, Dominique Strauss-Kahn propose d’allouer aux « jeunes » une cagnotte financée par l’impôt. Cette mesure dangereuse aboutirait à creuser le déficit public et la dette.
La proposition émise par Dominique Strauss-Kahn d’attribuer à chaque jeune un « capital de départ » financé sur les deniers publics, donc par l’impôt, remporte sans doute haut la main la palme de l’électoralisme et de la démagogie.
Sa présentation montre en quel mépris l’ancien ministre de l’Economie tient l’électeur. « Les jeunes, aujourd’hui, cumulent les difficultés : accès au logement, financement de leurs études, insertion dans la vie professionnelle, accès à la culture… Demain, nous leur laisserons à la fois une dette publique élevée et un environnement dégradé. Ma conviction profonde est que nous leur devons quelque chose ! », explique-t-il sans rire sur son blog internet.
Et que leur devons-nous ? Non pas de réduire le déficit public, ni la dette dont le compatissant Strauss-Kahn déplore l’importance, mais « un patrimoine de départ facilitant leur autonomie », dont il propose de fixer le montant à 10 000 euros par personne.
Cette « réforme essentielle », avoue le bon apôtre, « aura un coût ». Rassurons-nous toutefois : il « l’assume pleinement » ; pas avec son propre patrimoine, bien sûr, mais par le biais de l’impôt sur le revenu (on fera payer les « riches ») et s’il le faut en utilisant les recettes dégagées par les droits de succession. Grâce à quoi, l’on reviendrait, dit-il, « à la situation des impôts qui était en place avant le quinquennat malheureux »…
Si seulement ce pouvait être le cas !… Au cours dudit « quinquennat malheureux », non seulement la pression fiscale n’a pas diminué, mais elle est passée de 42,8 % de la richesse nationale en 2002, à 44 % en 2005-2006. Quant à l’impôt sur le revenu, il a baissé de 8,3 % seulement, au lieu des 33,3 % promis par Jacques Chirac.
Sur la forme, la proposition du candidat à la candidature socialiste s’oppose à la Constitution, qui interdit d’attribuer des recettes (ici l’impôt sur le revenu et les droits de succession) à des dépenses précises. L’ex-ministre de l’Economie ne saurait l’ignorer.
Sur le fond, il est d’autant plus hypocrite de prétendre « faire payer les riches », que les vrais riches se sont déjà mis à l’abri. La proposition démagogique de Strauss-Kahn se réduirait donc à pressurer un peu plus encore les 10 % de contribuables étiquetés « classes moyennes supérieures », qui demandent déjà grâce. Pour quel résultat ? Les objectifs du ministre sont d’autant plus flous que beaucoup d’entre eux (financement des études ou du logement) font déjà l’objet d’aides publiques, au moins partielles.
Si les Français « doivent quelque chose » à leurs enfants et petits-enfants, ce « quelque chose » ne saurait être un énième gadget électoral qui se traduira inévitablement par une nouvelle dépense publique. Le seul cadeau réel, praticable et efficace serait un retour à l’équilibre budgétaire et une diminution sensible de la dette publique. La « méthode Strauss-Kahn » n’y conduira certainement pas.







Réagissez à cet article
Vous devez être identifié pour publier un commentaire.