Trois freins à la croissance
Les obstacles à la croissance sont innombrables. En voici trois exemples.
Le travail réglementé
Les 35 heures, loin d’avoir créé plus d’emploi, ont pénalisé les entreprises (et donc leurs salariés) au point de les pousser à s’étendre à l’étranger, là où on « travaille plus pour gagner plus ». Quant à la détaxation des heures supplémentaires, « c’est une façon détournée de baisser le coût du travail », explique la présidente d’ETHIC, Sophie de Menthon. Les contrats de travail sont à la fois trop nombreux et très contraignants, notamment en cas de licenciement. « 25 % des licenciements pour motifs personnels font l’objet d’un recours aux Prud’hommes et 50 % des recours aux Prud’hommes finissent en transaction », indique Croissance Plus. À ajouter à ces contraintes : le temps nécessaire à la compréhension et au règlement de ces formalités, 30 % du temps d’un patron de PME.
La distribution bloquée
La loi Royer de 1973 soumet à autorisation toute nouvelle implantation de plus de 1 000 m2. Seuil abaissé à 300 m2 par la loi Raffarin de 1996. Votée la même année, la loi Galland empêche les grandes surfaces de répercuter sur leurs prix les marges réalisées sur les prestations de leurs fournisseurs. Ces lois, censées protéger les petits commerces, n’ont pas eu l’effet escompté et génèrent de nombreux d’effets pervers. Selon le Centre pour la recherche économique et ses applications, elles ont permis à la distribution de « gonfler ses prix au détriment des consommateurs », leur faisant subir « à la fois une offre limitée et une “sur-inflation” des prix des produits alimentaires ». En limitant la grande distribution, la loi Raffarin a empêché la création d’emplois : environ 50 000, estime le centre. Pire : selon Michel-EdouardLeclerc, le système d’autorisation préalable aurait souvent servi de « source de financement occulte de la vie politique locale ».
Les professions réglementées
Notaires, huissiers de justice, commissaires-priseurs, géomètres experts, avoués, greffiers, taxis… sont autant de corporations bénéficiant de numerus clausus. Conséquences : moins d’emploi, moins de concurrence. Pour le président de la Commission pour la libération de la croissance française, Jacques Attali, les pharmacies, dont les chiffres d’affaires sont à 80 % sous le contrôle de l’État, en sont un exemple « pathétiquement caricatural ». En France, en effet, seuls les pharmaciens ont le droit d’ouvrir une officine. Le marché reste donc fermé, alors que grossistes et centrales d’achat se pressent à ses portes.







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