Thierry Breton n’a pas trouvé la cagnotte fiscale
Avec 59,8 milliards d’euros de déficits pour 2004, les dérives financières de l’Etat français s’accentuent. Bercy nous annonçait un déficit à la baisse mais il a augmenté.
Souvenez-vous, au cours de l’automne, Bercy multipliait les communiqués. Au fur et à mesure que les feuilles d’impôts tombaient dans l’escarcelle du ministère des finances, nos grands argentiers, sans doute grisés par leur succès, nous informaient de la constitution d’une cagnotte fiscale. Un vrai petit trésor de guerre : « Grâce au retour à la croissance, les rentrées fiscales sont inespérées et dépassent de 5 milliards les prévisions ».
Appâtés par cette manne providentielle, certains politiciens tiraient déjà des plans sur la comète et annonçaient un grand « retour au social » – de jolis cadeaux électoraux en perspective… D’autres, plus scrupuleux, rappelaient que le déficit pour 2004 devait atteindre la somme vertigineuse de 55,5 milliards d’euros et que la cagnotte miraculeuse devait impérativement participer à combler ce gouffre.
Bref, une foire d’empoigne alimenta la plupart des chroniques économiques de nos journaux et Matignon, en arbitre, déclara vouloir couper la poire en deux. Chacun pouvant se consoler et se rassasier.
Plus tard, la cagnotte ne cessa d’augmenter pour atteindre 7 milliards, puis, pour Noël, 10 milliards d’euros.
Mais l’hiver passé, le trésor de Bercy a disparu. Lorsque Thierry Breton pris ses fonctions au ministère des Finances il ne restait plus un sou.
Deux explications à cette mystérieuse disparition :
La première est simple. Il n’y a jamais eu de cagnotte fiscale. Il s’agit d’un abus de langage de la part de journalistes et de politiciens. Le gouvernement avait prévu pour 2004, avant même que les dépenses soient engagées, que le déficit atteindrait la somme record de 55,5 milliards d’euros. Les recettes fiscales inespérées que le Trésor public engrangeait ne faisaient donc qu’atténuer l’ampleur des déficits, il ne s’agissait en aucun cas d’économies réalisées. Certains se félicitant même que le déficit n’atteindrait « que » 45 milliards d’euros… Soit à peut près autant qu’en 2002, année où le déficit fut déclaré, à juste titre, comme très préoccupant.
La deuxième tient à un autre type de désinformation. Lorsque Bercy a présenté un déficit réduit par rapport à ses prévisions, c’était sans compter sur les déficits de l’ensemble des administrations publiques … L’omission était grossière mais elle a suffit à berner une bonne partie de l’opinion. En définitive, non seulement le déficit n’a pas diminué par rapport aux prévisions initiales mais il s’est creusé ! L’Insee a récemment confessé à la Commission européenne qu’il atteignait 59,8 milliards d’euros. La cagnotte fiscale annoncée est donc un mythe, c’est en réalité, un boulet supplémentaire de 4,8 milliards d’euros que la France doit traîner.
Enfin, ces mensonges de Bercy en cachent un autre… Si les recettes fiscales ont été plus fortes que prévues et que le déficit s’est aggravé, cela signifie que le gouvernement n’a pas maîtrisé les dépense alors que depuis 3 ans il certifie, à qui veut l’entendre, qu’elles ont été « gelées en volume ».







5 sept 2008 at 5:32
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