Recevez notre newsletter

Abonnez-vous, cliquez ici
Désabonnement, cliquez ici

Profil Facebook de Contribuables Associ�s

Sogerma : le gouvernement schizophrène

En psychologie, le dédoublement de personnalité, cela s’appelle la schizophrénie. Ce syndrome a t-il gagné le gouvernement ? L’affaire de la Sogerma pourrait le laisser croire. Voilà une entreprise, filiale du groupe d’aviation EADS, qui assure, ou plutôt assurait, la maintenance des avions de transport de l’armée française. Cette entreprise va mal, à tel point que sa maison mère décidait, le 12 mai, de la fermer.

Ce qu’apprenant, Thierry Breton, ministre de l’économie, s’est déclaré « très étonné, voire même choqué de la façon dont EADS a procédé ». Jean Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, a proposé un « moratoire sur la fermeture de l’usine ». Dominique de Villepin, de son côté, a sauté dans le premier avion pour voler au secours de l’entreprise. Devant caméras, photographes et journalistes, il a multiplié les déclarations fracassantes, qualifiant la fermeture d’« inacceptable », assurant que les salariés de la Sogerma étaient des personnes de « qualité », affirmant qu’il fallait sauver l’emploi, etc. Dans la foulée, il a convoqué à Matignon, toujours sous l’œil des caméras, Noël Forgeard, co président d’EADS, et Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme, à Matignon. Le forcing s’est révélé payant : EADS a décidé de maintenir 300 emplois, puis, devant la moue de Villepin, promis d’essayer de porter le chiffre à 500. Sourire du premier ministre.

Dans le feu de l’action et de l’émotion, chef du gouvernement a oublié de préciser un point important : l’Etat détient 15 % de la Sogerma. Alors de deux choses l’une : soit le gouvernement savait ce qu’il en était depuis belle lurette et n’a rien fait. Et il ment. Soit il ne savait pas et s’est aperçu brusquement, en lisant les journaux, que l’entreprise dont il est actionnaire était menacée. Et il est incompétent. Dans les deux cas, le gouvernement schizophrène se moque de nous.
Plus généralement, cette affaire révèle la difficulté des entreprises françaises à affronter la concurrence internationale. L’une des raisons pour lesquelles la Sogerma va mal, c’est la décision de l’armée de l’air de lui retirer la maintenance de ses avions de transports, et de la confier à une entreprise portugaise, Ogma. Tout simplement parce que ses prix sont la moitié de ceux pratiqués par l’entreprise française. Or si la main d’œuvre est plus chère en France qu’au Portugal, c’est que le taux d’imposition sur le travail y est d’un tiers plus élevé.

Ne serait-il pas temps que les princes qui nous gouvernent en tirent les conclusions qui s’imposent ?

Réagissez à cet article

Vous devez être identifié pour publier un commentaire.