Sécurité Sociale : les déficits augmentent à nouveau !
La Cour des comptes a présenté le 10 septembre son rapport annuel sur les comptes de la Sécurité sociale. Le déficit de l’organisme s’est encore creusé, pour atteindre 9,1 milliards d’euros en 2007.
Un record dû notamment à l’augmentation des dépenses de soins et de médicaments, ou à la mise en place de nouveaux dispositifs d’aides sociales coûteux et inefficaces.
500 pages d’analyses chiffrées, assorties d’une annexe de huit pages consacrée à la définition des sigles, indispensables pour s’y retrouver dans la jungle des prestations, organismes et « machins » en tous genres :
les magistrats de la Cour des comptes ont bien du courage pour élaborer chaque année ce volumineux rapport sur les comptes de la Sécurité sociale.
Les sommes dépensées par l’organisme public sont du même ordre, et les gaspillages, inévitables.
Mais depuis le temps que ça dure, l’engrenage a pris de la vitesse et les chiffres des déficits s’accumulent chaque année.
Même l’imposant monsieur Séguin, premier président de la Cour des comptes, et son armée de magistrats hors pair semblent dépassés par l’ampleur du problème.
« La Cour des comptes est consciente de la difficulté à remettre en cause la politique sociale de l’État, mais ne rien faire pourrait amener plus tard à remettre en cause les piliers mêmes de notre protection sociale », semble redouter Philippe Séguin.
Une menace que le contribuable rêve de voir entrer en application ! Mais les technocrates de l’administration ne semblent pas décidés à ébranler ce monumental édifice bâti par leurs soins, malgré les constats d’échec établis chaque année par la Cour des comptes.
Le déficit de la Sécurité sociale (ensemble des régimes et des fonds de financement) est passé en 2007 à 11 milliards d’euros, contre 10,2 milliards en 2006, malgré une conjoncture économique porteuse et les recettes meilleures que prévues de la CSG.
Une nouvelle dégradation qui marque « l’échec des outils de maîtrise des dépenses prévus par la loi organique du 2 août 2005 sur les lois de financement », assène Philippe Séguin. « C’est la 5e année consécutive où les déficits dépassent 10 milliards d’euros ».
Et le premier président de mettre en garde « contre l’effet potentiel d’accoutumance et contre toute tentation de relativiser ce constat », avant de poursuivre son exposé d’un air profondément las…
La plus forte augmentation concerne la branche retraite, dont le déficit est passé de –1,9 à –4,6 milliards d’euros, en raison de l’inadaptation du système au « papy-boom » et les départs anticipés en retraite qui furent plus nombreux que prévu.
Le déficit de la branche maladie reste le plus important, même s’il a été réduit d’1,3 milliards d’euros, pour s’établir à 4, 6 milliards en 2007.
Les prestations sociales sont principalement en cause, à l’exemple des aides à la petite enfance : « fondée sur des prévisions peu réalistes, la Paje (Prestation d’accueil du jeune enfant), a eu un coût beaucoup plus élevé que prévu : entre 2003 et 2005, le coût moyen d’un enfant gardé a augmenté de 60 % ».
Et pour des résultats en outre décevants, puisque le nombre d’assistantes maternelles n’a que peu progressé et que le taux de scolarisation des plus jeunes a fortement chuté.
Un exemple, parmi tant d’autres, de ces dispositifs inefficaces et coûteux que s’obstine à pondre le système social français, malgré le constat d’échec flagrant de son principe de fonctionnement…








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