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Régimes spéciaux : ceux dont on ne parle jamais

Il y a les régimes spéciaux que tout le monde connaît : EDF-GDF, RATP et SNCF (500 000 bénéficiaires). Sans oublier les parlementaires et les fonctionnaires. Et puis il y a ceux dont on n’entend jamais parler.

Les danseurs de l’Opéra national de Paris ont la possibilité de partir en retraite à 40 ans. Ils peuvent alors commencer une nouvelle carrière en cumulant retraite et salaire, et, l’âge venu, toucher cumulativement deux retraites. Un régime dérogatoire instauré par… Louis XIV ! Les clercs de notaires ont un taux de cotisation onze fois plus élevé que les fonctionnaires et une retraite calculée sur les dix dernières années.

Chez les mineurs, la durée de cotisation est de trente ans ; leur retraite est indexée sur l’inflation. Taux de prise en charge par l’État : 89,2 %.

Le personnel de la Banque de France cesse de travailler, en moyenne, à 56 ans. Avec une espérance de vie supérieure à la moyenne, ses agents font partie de ceux qui vivent le plus longtemps à la retraite (26 ans en moyenne contre 21 ans dans le privé).

N’oublions pas nos honorables parlementaires, dont les pensions, prises en charge par les régimes du Sénat et de l’Assemblée, sont cumulables, elles aussi. Elles sont de l’ordre de 2 200 euros pour les députés. Ceux-ci touchent une retraite à taux plein après 20 ans de cotisation seulement et jouissent d’un système par capitalisation refusé au reste de la nation. Sylvie Andrieux, députée PS des Bouches-du-Rhône, le reconnaît dans Le Monde: « Bien sûr c’est plus avantageux quand on est député que dans le privé. » Mais l’élue en a « marre de l’antiparlementarisme et du fait que Sarkozy fasse de la politique en montant les gens les uns contre les autres ». Absurde ! Ce sont les privilèges des parlementaires qui nourrissent l’antiparlementarisme.

Autre régime bien spécial : celui des ministres des Cultes d’Alsace-Moselle. Pour eux, il n’y a tout simplement pas d’âge légal de départ en retraite, leur droit à pension n’existant qu’en cas d’incapacité physique ou intellectuelle (loi de 1909). Le nombre d’années de service et les dernières rémunérations interviennent dans le calcul de leur pension, qui s’élevait ainsi, en 2002, à 1 450 euros pour 35 ans de service, et à 1 540 pour 40 ans. Jusque-là, les agents de ces entreprises publiques ont échappé aux réformes et aux efforts, déjà minimes, demandés aux fonctionnaires (loi Fillon de 2003). Les privilèges qui étaient, peut-être, encore justifiés en 1945, ne le sont plus aujourd’hui.

Le régime des fonctionnaires

Si vous pensez que le problème du régime spécial des fonctionnaires a été réglé en 2003, regardez de plus près : leurs syndicats, au premier rang desquels la CFDT, ont négocié l’allongement de la durée de cotisation de 37 à 40ans…contre d’autres privilèges ! En particulier celui de calculer sa retraite sur les six derniers mois de carrière (dans le privé, on se cale sur les 25 meilleures années). Ce qui fait dire par exemple à Bernard Thibault, patron de la CGT, qu’il faut aligner le régime du privé sur celui du public. Imaginez les dégâts ! L’heure n’est donc pas à l’« harmonisation » des régimes spéciaux avec ceux du public, comme le déclarait encore récemment Nicolas Sarkozy. Non, c’est tout simplement sur le privé que les régimes spéciaux doivent être alignés.

3 commentaires pour “Régimes spéciaux : ceux dont on ne parle jamais”

  1. Ca me donne vraiment envie de dégueuler quand je vous lis!
    Qui êtes vous, les contribuables associés? Vraisemblablement une bonne bande de bourgeois qui n’ont pas de difficultés de fin de mois, et qui se foutent bien du prolo, du privé ou du public!
    Que des gens comme vous osent nous donner des leçons de morale, cela me donne encore plus envie de faire grève!
    Si vous saviez comme je vous emmerde!

  2. C’est bien de dénoncer les inégalités entre le public et le privé. Et si certains se montrent grossiers,sourds tant pis! Le probléme reste entier. Le privé ne doit pas subventionné le Public, surtout quand l’on voit le niveau de salaire, les avantages sociaux et la productivité effective du public par rapport au privé.
    Il est aussi vrai que l’on ne peut pas les opposer comme cela en favorisant l’un plutôt que l’autre. Si ces inégalités existent, ce sont des personnes qui les ont approuvées soit par leur vote et leur convictions soit par leur silence et leur manque d’implication dans la vie politique.
    Pour ma part je fais tout ce que je peux pour ne pas entrer dans ce systéme et pour ne pas payer d’impôts ou le moins possible.

  3. Il aurait fallu que dans les textes instituant les régimes spéciaux on précise que ces avantages seraient remis en cause si la pénibilité diminuait. Les bénéficiaires parlent, pour les conserver, d’autres types de pénibilité : mais est-ce que la vigilance de conduite baisse à partir de 50 ans, âge actuel de la retraite ? Si ce n’est pas le cas, il faut partir après. Il faut aussi mieux répartir les heures de travail des conducteurs de train dans la semaine pour éviter la fatigue. Pour les conducteurs de bus qui sont exposés aux incivilités et violences, les souffrances sont plutôt psychologiques et n’ont rien à voir avec l’âge ; il faudrait qu’il y ait plus de sanctions contre les agresseurs, des obligations d’excuses devant le chauffeur et une aide psychologique pour les chauffeurs victimes, mais pas un maintien de l’âge de la retraite à 50 ans, car un chauffeur roulant sur une ligne relativement sûre pourra être encore très opérationnel à cet âge et inversement en cas d’agression grave quelqu’un sera trop fragilisé bien avant.

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