Régime spécial de la SNCF, les retraites en or du chemin de fer
Si les salariés des entreprises publiques qui bénéficient des régimes spéciaux de retraites les défendent bec et ongle, il doit bien y avoir une raison à cela.
On a pourtant du mal à saisir les raisons de cette obstination, quand on lit les déclarations qu’a faites au Monde Jean-Bernard Vatinel, technicien de transports et responsable CGT : « Notre retraite, on se la paie intégralement, on ne doit rien à personne, affirme cet honnête syndicaliste. Les cotisations versées par la SNCF à la caisse de retraite sont supérieures en moyenne de 11 % à celles du secteur privé, et nous ne touchons aucune retraite complémentaire. »
« Le Monde » est un journal formidable. Bien avant que Pierre Péan ne consacre à sa « face cachée » un livre qui fit quelque bruit, il fallait être aveugle pour croire à l’objectivité de ses informations. En l’occurrence, il reproduit les déclarations du cégétiste comme on distribue du bon pain, sans regarder de quelle farine elles sont faites. S’il s’était renseigné si peu que ce fût, le journaliste eût hésité à reproduire sans nuance ni recul les affirmations du cégétiste.
Les cotisations versées par la SNCF sont supérieures de 11 % à celle du secteur privé, dit « Jean-Ber » Vatinel. Mais de quoi parle-t-il, au juste ? Le taux de cotisation appliqué aux employés de la SNCF ne dépasse pas 7,85 % du salaire, hors prime ! Dans le privé, ce taux s’élève à 10,35 % de l’ensemble des revenus…
Le cheminot veut-il parler du montant moyen des cotisations ? Le chiffre serait alors encore plus intéressant : il signifierait que les salaires moyens de la SNCF sont supérieurs de beaucoup plus de 11 % (puisque leurs taux de cotisation sont plus bas) à ceux du secteur privé… Nous préférons croire que le responsable CGT connaît mal son sujet.
« Nous ne touchons aucune retraite complémentaire », déclare le cégétiste. Il oublie de préciser que les pensions du personnel de la SNCF sont calculées sur la base des 6 derniers mois de salaire. Ce régime est beaucoup plus profitable que celui auquel est soumis le secteur privé, où les retraites sont calculées sur les 25 meilleures années. En outre, les pensions des cheminots sont revalorisées sur la base de l’évolution des salaires de l’entreprise publique, et non pas comme dans le privé en fonction de l’évolution des prix.
Le plus gros mensonge réside cependant dans la première affirmation du syndicaliste : « Notre retraite, on se la paie intégralement, on ne doit rien à personne… » Il est permis d’en douter, quand on lit dans Les Echos du 18 septembre que « le budget de l’Etat contribue à l’équilibre des régimes spéciaux de retraite à hauteur de 5 milliards d’euros, au bénéfice, principalement, de la SNCF. » Les cotisations employeur et salariés n’y assurent en effet que 37 % des recettes nécessaires. L’Etat équilibre les comptes par une subvention qui s’élèvera cette année à 2,8 milliards d’euros, ce qui représente pas moins de 6,7 % du déficit de l’Etat prévu dans le Projet de Loi de Finances 2007… Comme d’habitude, le contribuable paiera.
Comme d’habitude, écrivons-nous, car 2,6 milliards d’euros avaient déjà été prélevés de nos impôts pour financer le régime spécial de la SNCF en 2006, tandis qu’à cette fin, 326 millions d’euros étaient parallèlement pompés dans les caisses de retraite… du secteur privé !







Pour tordre le cou à certaines idées reçues sur la retraite des cheminot(e)s
Pourquoi un régime spécial ?
L’existence d’un régime spécifique se justifie par les contraintes de continuité de service public et les responsabilités liées à la sécurité des circulations. Lors de l’embauche, le contrat prévoit une disponibilité permanente du cheminot à l’entreprise et à son réseau. Cela induit le travail en 3×8, le travail en décalé, le travail en déplacement, les astreintes, les repos en dehors de la cellule familiale, le travail durant le week- end et les jours fériés etc…
Qui paie le retraite des cheminot(e)s ?
Le taux global (salarial + patronal) de la cotisation retraite est fixé par décret et est (à la SNCF) de 36.29 % du salaire (dont 7.85 % à la charge des salarié(e)s). A noter que dans le privé le taux est de 29.5 %. Cette cotisation, supérieure de + de 6.79 % pour l’entreprise SNCF, est imposée par le cahier des charges de l’entreprise pour tenir compte des « avantages » des régimes spéciaux.
Les cheminot(e)s cotisent plus et gagnent moins . Car, si l’entreprise SNCF cotise plus que celles dépendant du régime général, il faut savoir que cet écart est intégré dans la politique salariale de l’entreprise, qui le considère comme un élément de la masse salariale. Les salaires sont donc plus faibles. Ce sont donc les cheminot(e)s qui paient leurs « avantages » et non la communauté.
Quel mode de calcul ?
La retraite des cheminot(e)s n’est pas calculée sur le salaire intégral (primes comprises) comme pour le régime général ce qui induit une pension comprise entre 65 et 72 % de sa dernière rémunération contre 78 et 86 % pour une même durée d’activité professionnelle au régime général.
Qui compense le déficit du régime spécial ?
L’entreprise SNCF, en vertu de son règlement sur les retraites, est tenue d’assurer, elle-même, le paiement des pensions de tous ses agents. Ceci, contrairement au secteur privé dans lequel les entreprises ne participent aux charges de retraites de leurs anciens salarié(e)s que par des cotisations calculées d’après le nombre de salarié(e)s en activité et le niveau des rémunérations. Une péréquation automatique, au plan national, régule les charges à l’intérieur des organismes interprofessionnels versant les pensions (régime général et complémentaire) Les pouvoirs publics ont apporté un correctif à ce déséquilibre sur la base de la différence entre la charge supportée par l’entreprise SNCF et celle qui aurait dû être la sienne si elle avait été soumise au régime général, c’est un règlement de la communauté européenne (n° 11092/69) qui oblige l’état à ce rééquilibrage. Cela existe même au sein du régime général ex : les cotisations des informaticiens paieront en fait les retraites d’anciens de professions quasi disparues (cordonniers, textile, mines, sidérurgie etc…) Notons que la SNCF s’est restructurée et modernisée pour passer de 450 000 cheminot(e)s en 1949 à 160 000 aujourd’hui. En excluant, au passage, via l’externalisation un nombre grandissant de travailleurs du rail (SERNAM, SHEM, Maintenance…)
Les « avantages » du régime spécial de retraite des cheminot(e)s sont en totalité financés par l’entreprise elle-même et non par les impôts. (source budget annuel 2005 SNCF)
Bonjour les collabos
Vos articles ressemblent à la presse de Vichy!!
Les juifs sont remplacés par les cheminots!!
Quelle lacheté transparait sur ce site de « merde »
Non aux inégalités. Que les cheminots, ô les pauvres, travaillent autant que les employés du secteur privé ! Tiens, si on disait aux cheminots de devenir chauffeurs poids lourds et de travailler jusqu’à 63 ans ?
Et puis qu’ils se la financent, leur retraite, au lieu d’obliger les autres travailleurs à travailler plus pour que ces pauvres monsieurs « tout fatigué » partent plus tôt.
Et dire que moi je vais être obligé de partir à 63 ans, que je suis sur la route du lundi matin au vendredi soir, que je gagne une misère, et qu’en plus mes enfants seront obligés d’en faire autant pour payer les avantages de ces égoistes !
Que d’agressivité envers des travailleurs tout comme vous!!!
Du lundi au dimanche, toujours au travail, de 1h à minuit…et pourtant je devrais aussi le faire jusqu’à minimum 63 ans…..
Il est certain qu’il est facile de jalouser et de critiquer une profession que l’on ne connait qu’au travers des médias. Si seulement les Français avaient les C…. de s’attaquer aux vrais privilèges de nos députés, misnistres, journalistes, sportifs, intermitents du spectacle… Non plus facile de s’attaquer à l’un des meilleurs service publics. Continuez de croire que la prime charbon existe que les jours de grèves sont payés… Le Français est grande gueule mais quand il faut se bouger c’est autre chose…