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Rapport de la Cour des comptes. Philippe séguin nuance la baisse du déficit

Le déficit du budget est redescendu en dessous de 3 % du produit intérieur brut (PIB), clame le gouvernement. Thierry Breton, ministre de l’Economie et des Finances, dans Les Echos du 5 février, évoque en toute simplicité « un des plus importants redressements jamais observés dans notre histoire budgétaire ». Ce n’est pas faux. Mais le ministère de l’Economie n’y est pas pour grand-chose.

Si l’on regarde les chiffres, c’est incontestable : le déficit est de 36,16 milliards d’euros, soit 10 milliards de moins que le montant prévu. Ou 6 milliards de moins que l’an dernier. Il atteint désormais 2,6 % de notre PIB, quand le traité de Maastricht permet d’aller jusqu’à 3 %. Nous voilà bons élèves européens, quel bonheur !
Lors de la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes, le 8 février, Philippe Séguin, premier des sages de la rue Cambon, a apporté quelques nuances à ce tableau flatteur. « Le déficit et la dette sont en baisse, c’est une bonne nouvelle », a-t-il déclaré. Ajoutant aussitôt : « Cette baisse est due à des facteurs conjoncturels : cession d’actifs de l’Etat (vente des autoroutes…), bonnes rentrées fiscales consécutives à la croissance… ». Des éléments qui, par définition, ne sont pas appelés à se renouveler chaque année. « Nous ne saurions trop recommander de faire des efforts plus soutenus en matière de maîtrise des dépenses publiques », a conclu Philippe Séguin avec un art consommé de l’euphémisme.

En effet, si les dépenses publiques avaient baissé, la diminution du déficit aurait été plus spectaculaire encore. Il va falloir attendre un peu. Le mois de mai, peut-être ?

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