Précarité. Réformer l’assurance chômage et l’ANPE pour restaurer l’emploi !
La peur de la précarité a joué contre le gouvernement dans la bataille du CPE. Au même moment, un rapport de la Cour des comptes critiquait sévèrement l’organisation de l’assurance chômage et de l’ANPE. Et si les conditions du retour à l’emploi passaient d’abord par leur réforme ?
Le CPE, c’est fini. La France sort de cette tragi-comédie, encore étonnée de ce remue-ménage syndical, politique et médiatique, organisé autour de cette réformette. Les manifs dispersées et les banderoles rangées, le temps est venu de se demander ce qui a changé. La réponse est brève : rien ! Et surtout pas une situation économique figée, qui créée les conditions de la « précarité ».
Le taux de chômage, en particulier, reste très supérieur aux 10 % qu’annoncent les chiffres officiels. Contribuables Associés n’a pas attendu les pseudo-révélations contenues dans « Chômage, des secrets bien gardés », de la conseillère de l’Agence nationale pour l’emploi Fabienne Brutus (syndicaliste SUD et membre d’Attac), pour dénoncer les supercheries utilisées pour réduire les statistiques des demandeurs d’emplois, notamment par le biais des emplois aidés.
Le Cri du contribuable avait consacré, en avril 2005, un dossier qui montrait qu’en dépit de ses 25 000 agents, de son millier d’agences locales et de points relais et d’un budget annuel de 3 milliards d’euros, l’ANPE, ne parvient à traiter que 8 ,5 % du marché de l’emploi en France.
Plus de 90 % des chômeurs qui retrouvent un travail y sont donc parvenus sans elle !
La Cour des comptes critique elle aussi, dans un rapport publié le 23 mars dernier, l’organisation duale de la politique de l’emploi en France, et le monopole de l’ANPE, « à l’origine de nombreux dysfonctionnements allant à l’encontre de l’objectif qui est poursuivi, le retour à l’emploi. »
C’est en effet la difficulté de retrouver un emploi, qui, davantage que le CPE, exaspère le sentiment d’insécurité qu’éprouvent nos concitoyens face à la perspective du chômage.
Plus les délais de retour à l’emploi s’allongent, plus les Français souhaitent être protégés ; mais le caractère coercitif des protections mises en place dissuadent les chefs d’entreprise d’embaucher, ce qui a pour effet d’allonger ces mêmes délais…
C’est ce cercle vicieux que Dominique de Villepin a voulu rompre en jouant, avec le CNE, puis le CPE, la carte de la « flexibilité ». L’opinion publique n’y était pas prête.
Le gouvernement a reculé et s’accroche aujourd’hui, comme à une bouée de sauvetage, à la proposition de Jean-Louis Borloo de créer… de nouveaux contrats aidés.
Si l’on souhaite vraiment remédier au manque d’emplois en France, la sagesse commande de réformer l’assurance chômage et l’ANPE !







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