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Plan Banlieues. Un milliard de plus jeté par les fenêtres des cités

Le plan banlieue coûtera un milliard d’euros, a annoncé Fadela Amara, Secrétaire d’Etat à la Ville. Son propre ministre de tutelle, Christine Boutin, affirme pourtant dans La Croix : « On ne résoudra pas les problèmes des quartiers par un énième plan qui se résumerait à leur donner encore plus de moyens. » Alors, un milliard d’euros, pour quoi faire ?

On avait envisagé de l’appeler « plan antiglandouille des jeunes », ce sera finalement le « plan Espoir Banlieue ». Le milliard d’euros qu’il est prévu d’y engager est supposé servir :
•    à l’accompagnement personnalisé des jeunes sans emploi, qui bénéficieront d’une formation longue, débouchant paraît-il sur un métier ;
•    au renforcement des moyens de lutte contre l’échec scolaire ;
•    et au financement d’un plan de désenclavement des quartiers.

Par cette politique, le gouvernement souhaite « faire émerger une nouvelle élite des banlieues ». Mais que faut-il entendre par là ? Souhaite-t-on former dans les cités des polytechniciens, des bac + 5, des plombiers ou des boulangers ?
Nicolas Sarkozy, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, déclarait vouloir garantir, grâce au principe de « discrimination positive », l’égalité entre les enfants issus des cités et les autres. Cette ambition est-elle réalisable ? Comment, sauf à couper l’enfant de sa famille, assurer une complète égalité des chances, entre un enfant dont les parents maîtrisent mal la langue française et un fils d’énarques ?

Le nouveau plan banlieue pêche, comme les précédents, par irréalisme et par ingénuité.
C’est le cas, par exemple, lorsque Fadela Amara annonce vouloir créer 45 000 emplois en trois ans dans les quartiers sensibles, alors que l’actuelle situation d’insécurité y conduit à la disparition des services publics eux-mêmes, et que les derniers médecins y ferment leurs cabinets…

Suffit-il, par ailleurs, de créer des emplois sur place pour convaincre une partie de la population de ces quartiers de la nécessité de travailler pour vivre ? Des millions de Français, dans les banlieues de nos villes, acceptent de se déplacer pour se rendre quotidiennement à leur travail. Alors que près d’un dixième des actifs sont au chômage, quelle est la solution la plus logique : que les habitants des « quartiers » courent après le travail, ou qu’ils attendent que le travail leur courre après ?

Le milliard d’euros que l’Etat et les collectivités locales seraient invités à mettre au pot, servira, selon Fadela Amara, à « désenclaver cinquante quartiers prioritaires qui accumulent les difficultés ». S’agit-il de les aider à résoudre ces difficultés (auquel cas le milliard d’euros prévu devrait d’abord être utilisé pour rétablir dans ces quartiers l’ordre et la sécurité), ou bien à y acheter la paix sociale avec l’argent des contribuables ?

Comme l’a remarqué Christine Boutin, « des milliards d’euros ont été versés depuis plus de 30 ans »… Il est à craindre que le milliard du plan Amara vienne gonfler l’addition, sans plus de résultat.

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