Pacte écologique… toujours plus de taxes
Nicolas Hulot le dit dans son « pacte écologique » : il faut « une taxe progressive et permanente sur le pétrole, le gaz et le charbon », « taxer les véhicules les plus polluants », « restaurer la vignette », « un péage kilométrique pour les poids lourds », « une fiscalité écologique », « une meilleure protection douanière contre les importations agricoles ».
Il fait des impôts son principal instrument. Et toujours pour les augmenter. Pourtant, plutôt que de taxer encore davantage le pétrole ou les véhicules les plus polluants, ne pourrait-on détaxer les panneaux solaires ou les véhicules les moins polluants ? Si la hausse des impôts est efficace, pourquoi leur baisse ne le serait-elle pas ?
La réponse de Nicolas Hulot serait simple : pour atteindre les objectifs du « pacte écologique », les baisses d’impôt ne suffiront pas. L’objectif principal est de « diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 ». Il faudra donc que d’ici 2050 les Français utilisent au moins quatre fois moins leurs voitures, leurs téléviseurs et autres appareils ménagers ou de chauffage. Seule une hausse massive des taxes pourra les y contraindre. D’où la taxe « progressive », c’est-à-dire « en croissance régulière jusqu’à la réduction par quatre des émissions de gaz carbonique ». Le prix du litre d’essence devra sans doute être porté à plus de 10 euros pour atteindre « l’impératif écologique ». Certes 2050 n’est pas demain. Les candidats aux élections présidentielles qui ont signé le pacte seront morts d’ici là.
Mais pourquoi ont-ils signé de telles élucubrations ? Parce que cette signature fortement médiatisée était entièrement hypocrite : ils faisaient croire à l’opinion qu’ils approuvaient le pacte écologique, mais ils ne s’engageaient en réalité qu’à « se prononcer sur les objectifs et propositions ». Chacun assortissait sa signature de commentaires écrits contraires aux propositions du pacte. Ainsi Nicolas Sarkozy s’est-il engagé à « doubler la fiscalité écologique » et pas plus, sans la définir ni prévoir de délai, et à « taxer au taux réduit de TVA tous les produits qui concourent aux politiques de développement durable ». Pas question de la « taxe progressive » et des autres impôts.
Cette signature ambiguë était évidemment destinée à engranger les voix des électeurs sensibles aux thèmes écologistes. Chacun des deux Nicolas utilisait la notoriété de l’autre pour renforcer sa position. Mais n’aura-t-elle pas un effet boomerang ?






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