Le point de vue de CA

Nicolas Sarkozy, le Président de la dépense publique

Vivante et passionnée, la conférence de presse donnée le 24 avril par Nicolas Sarkozy a montré que notre avocat-Président n’avait rien perdu de son éloquence.

Ses percutantes démonstrations sur le « paquet fiscal » (« Ce ne sont pas des privilégiés, quand même, ceux-là ! »), la « minorité qui choque » des « chômeurs qui ne veulent pas se mettre au travail », l’entrepreneur local, préférable au « jeune, élégant et brillant inspecteur des finances », le « toujours plus d’argent » à l’Education Nationale qui « n’a pas porté ses fruits » manifestaient d’exceptionnels talents de pédagogie politique.

Ces talents étaient malheureusement au service d’une politique toujours aussi interventionniste et dépensière.

Pourquoi s’attaquer aux « spéculateurs » et aux agences de notation, sans chercher à comprendre leurs fonctions ?
Pourquoi vouloir décider de la répartition des profits des entreprises à la place des actionnaires auxquels ils appartiennent ?
Pourquoi supprimer les allègements de charges aux professions les plus menacées par la concurrence internationale, sous prétexte qu’elles « ne négocient pas sur les salaires » ?

Quant à la « feuille de route » qu’attendait François Fillon, elle ne comporte aucune économie. Certes le « revenu de solidarité active » ne devrait plus coûter que de 1 à 1,5 milliard d’euros, mais cette nouvelle dépense publique est supposée « réhabiliter le travail », sans certitude qu’elle incitera réellement les chômeurs à reprendre un emploi.

Notre Président a semble-t-il oublié ses précédentes déclarations sur la baisse des dépenses publiques, indispensable pour obtenir « le point de croissance qui nous manque ».

Sans doute la lutte contre les gaspillages d’argent public n’est-elle pas un thème aussi populaire que le sort d’Ingrid Bettancourt. Mais si notre Président mettait autant d’énergie et de talent à convaincre les Français de la nécessité de la rigueur financière qu’il en met à obtenir une « preuve de vie » de notre « martyre », le sort des générations à venir serait mieux assuré.

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Mis en ligne le 25-04-2008

 

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