Les festivals d’été mettent votre argent en scène
Avec l’été reviennent les festivals, tous largement subventionnés par les fonds publics. Pourtant, les collectivités locales ne font pas toujours une si mauvaise affaire.
Pour ceux qui se refusent à bronzer idiot, la France réserve toute une palette de festivals. Qu’on soit amateur de musique baroque, classique ou lyrique, fondu de jazz, de rock ou de répertoires traditionnels, ou tout simplement passionné de théâtre et de cinéma, tous les genres de spectacles et de concerts ont droit à leurs célébrations plus ou moins conviviales ou élitistes. Les collectivités locales ne sont pas les dernières à se frotter les mains. Un festival, c’est aussi une animation bienvenue en période de vacances, et, bien entendu, de solides retombées économiques, surtout lorsqu’on est situé un peu à l’écart des circuits touristiques habituels.
Car ces festivals sont aussi une affaire qui marche, et qui marche même très bien. Ainsi, à en croire les chiffres publiés par la Fédération française des festivals internationaux de musique, les seuls festivals musicaux ont attiré, en 2004, 863 051 spectateurs pour 1719 spectacles et 2081 représentations.
D’un point de vue financier, cela représente 4,4 millions d’euros de recettes propres dégagées et 8,8 millions de retombées pour le commerce local.
De telles manifestations ne peuvent évidemment exister par leurs propres deniers, étant souvent gérées par des associations de type loi de 1901, aux financements généralement limités. Il s’agit donc, pour les collectivités publiques, de mettre la main à la poche. Mais cette participation ne se limite pas aux subventions et dotations diverses. Il y a aussi les nombreux équipements mis à la disposition des festivaliers, gradins, salles, mobilier, voirie, sans parler du personnel communal mobilisé pour l’occasion.
Le festival qui se nourrirait de ses seules recettes, sans ponctionner l’argent public, se fait toujours attendre…
À ce titre, l’exemple le plus flagrant demeure encore celui du festival d’Avignon, lui aussi géré par une association loi de 1901, qui ne peut compter sur son seul public pour assurer son financement puisque 60 % des ressources proviennent des collectivités publiques. L’État en est donc le plus gros contributeur, qui lui versera, en 2005, 3 341 499 €, la ville d’Avignon se contentant de donner 1 314 400 € (hors prestations en nature) dont 150 000 € en reversement de frais de personnels. En guise de comparaison, ce festival ne prévoit qu’une recette de 1 722 889 € pour la seule billetterie (places payées), soit 18 % du budget général. Notons au passage que ce chiffre est inférieur à celui de l’année 2004 (plus de deux millions d’euros). Je suis sang, création du Belge Jan Fabre (qui avait fait parler de lui en début d’année en donnant au Châtelet un spectacle scatologique subventionné par l’argent public – voir Le Cri n°2) n’attirera pas forcément les foules au Palais des Papes…
Notons aussi qu’en cette période plutôt grise pour les finances locales, le montant de la subvention de la ville pour 2005 est le même qu’en 2004, un peu supérieur même, si l’on tient compte de la baisse du reversement des frais de personnel. Tout cela n’effraie pas outre mesure la municipalité d’Avignon. « Nous rentrons largement dans nos frais », explique ce responsable de la mairie avignonnaise, qui évoque les cent dix mille tickets vendus pour le “in� (le festival officiel) et les vingt millions d’euros de retombées économiques calculées par une équipe d’universitaires. Il est vrai qu’à côté du “in� se trouve le “off� qui, lui, ne bénéficie pas de la manne publique. Ce sont pourtant les indépendants du “off� qui assurent six cents spectacles présentés par environ cinq cents compagnies et attirent 450 000 spectateurs.
Côté emploi, le Festival d’Avignon à lui seul permet l’embauche de cinq cents salariés en plein mois de juillet, ainsi que la mise en place de mille emplois saisonniers. En somme, c’est le “off� qui assure le retour sur les investissements du “in�.
Ces chiffres peuvent faire rêver les “petits� festivals nettement moins connus, comme celui de Sablé-sur-Sarthe qui, lors de la dernière semaine d’août, ne proposera “que� quatorze concerts de musique ancienne et baroque avec des artistes venus de France et d’ailleurs.
Là encore le festival est géré par une association loi de 1901 qui n’émarge au budget de la mairie que pour 60 000 €. La ville de Sablé s’y retrouve-t-elle ? Moins qu’Avignon, sans doute, mais en l’absence de calculs précis, on peut considérer que les 9 400 personnes qui ont assisté au festival en 2004 ont constitué un résultat appréciable pour cette petite ville de 13 000 habitants.
Tout se passe donc bien en apparence, mais en apparence seulement. C’est beau, c’est généreux les festivals, mais c’est aussi fragile.
On l’a vu en 2003 lorsque les intermittents du spectacle ont réussi à faire annuler plusieurs festivals parmi lesquels, précisément Avignon et Sablé-sur-Sarthe. Un petit noyau de militants, généralement encadrés par des groupements d’extrême gauche, a réussi à faire supprimer plusieurs manifestations, privant ainsi leurs camarades de cachet et provoquant de véritables petites catastrophes économiques. C’est ainsi que le manque à gagner pour les Avignonnais a pu atteindre 50 % des gains escomptés en 2003.
Quant aux subventions publiques, elles sont tout simplement passées par profits et pertes.
Article extrait du Cri du contribuables 4, en vente chez votre marchand de jounaux.







Bonjour,
vos commentaires sur les festivals et leurs coûts sont intéressants mais, finalement, tout cela est dérisoire aux côtés du vent de folie qui souffle sur les remparts de Carcassonne… L’ancien maire, décédé en janvier, a laissé la place à son premier adjoint, Gérard Larrat qui veut s’illustrer par une dépense inouïe et donc, forcément, populaire. Carcassonne, déjà épinglée par votre revue pour être une des villes championnes dans l’étranglement du contribuable, s’offre un Festival gratuit dans les rues durant l’été. Et voici les chiffres pudiquement avoués dans la presse locale (midi libre du 30 juillet 2005) :
« Le premier magistrat a visiblement ouvert la bourse pour que ce Festival parallèle soit une réussite. Le « Off » a nécessité de coquettes enveloppes budgétaires. 108 700 € ont été nécessaires pour payer les artistes, 20 000 € pour la sécurité, 26 000 € de défraiement extérieur, 5 000 € de petit matériel, 45 000 € de décoration et 192 000 € d’infrastructures techniques. »
Tout cela pour du GRATUIT !!! Nulle rentabilité… Enfin, pas gratuit pour tout le monde puisque le maire a peine arrivé relève la feuille d’impôt de 5 % -Et ce n’est qu’un début… Car ce festival « off » s’ajoute à un festival « in » financé, désormais, par la seule ville puisque la Région gouvernée par Frêche ne donne plus un € septimanien… Après avoir subi 25 % de hausse de prélèvement du Conseil Général, en attendant de payer la hausse de 52 % du Conseil Régional qui s’adossera généreusement au relèvement de 5% de la Ville de Carcassonne, le contribuable carcassonnais se sentira cultivé…et fauché comme les blés !
D’accord avec votre analyse; assez de nous voler et de nous raconter des salades.Salutations.