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Les dérives de l’Etat locataire

L’Etat n’est pas seulement propriétaire. Il loue aussi de nombreux bureaux. Et sur ce point aussi, sa gestion est plus que calamiteuse… Nicole Bricq, sénatrice socialiste, vice-présidente de la commission des finances et membre du Conseil de l’immobilier, auteur d’un rapport consacré à « L’Etat locataire », qui sera rendu public la semaine prochaine, dresse le « top 10 » des locations les plus coûteuses pour le contribuable ! 189,5 millions d’euros par an, pour 72 baux parisiens étudiés !

Les rapports sur le parc immobilier de l’Etat se suivent et se ressemblent. Et rien ne change ! Les précédents dénonçaient la gestion accablante des propriétés de l’Etat. Aujourd’hui on dénonce les dérives de l’Etat locataire. Il apparaît que l’Etat a des goûts de luxe quant aux choix de ses bureaux. Toujours situés dans les endroits les plus chers de Paris !

Dix organismes publics sont particulièrement montrés du doigt par la sénatrice.

En tête du palmarès figure trois services rattachés au Premier ministre. La Mission de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), le Conseil national consultatif d’éthique et le Haut Conseil à l’intégration (logé rue Saint Georges à 998,6 euros le mètre carré…) et la direction des affaires civiles et du sceau (logé boulevard de la Madeleine à 995 euros le mètre carré..).

Viennent ensuite les locaux du ministère de la Justice : La direction des affaires civiles, l’annexe de la Cour de cassation et le pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.
Mais le meilleur est pour la fin. Les cinq places suivantes sont occupées par certaines institutions accusées d’être sans gêne. C’est le cas de la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations, dirigé par Louis Schweitzer et logé rue Saint-Georges, et dont les bureaux « s’apparentent à ceux d’un quartier général d’entreprise ». 27 mètres carrés par agent. 650 euros le mètre carré ! Une autorité administrative « indépendante » qui coûte aux contribuables  près de 11 millions d’euros par an ! C’est le cas aussi du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) logé quai André Citroën avec 24 mètres carrés par agent et 643 euros le mètre carré.

Le plus étonnant, c’est que toutes ces dérives ont été dénoncées en 2008 ! Dans un communiqué en date du 12 novembre 2008, Nicole Bricq relevait déjà l’importance des coûts locatifs supportés par certaines autorités administratives indépendantes et certains ministères. On peut y lire entre autres que les services du Médiateur de la République sont installés dans le VIII ème arrondissement, l’un des quartiers les plus onéreux de Paris ! Mais ce n’est pas tout. La Halde, le CSA, les ministères, de la justice, de l’intérieur, de la santé, du budget, de l’éducation nationale et de l’écologie, y sont tous épinglés : 88 baux au total représentant un total de 240 millions d’euros de loyers par an pour une occupation globale de 543 500 mètres carrés, soit un loyer moyen de 2,7 millions d’euros et environ 440 euros le mètre carré !

En 2009, ces scandales n’ont toujours par été abolis. Pourquoi l’Etat n’agit-il pas ? Voilà une source d’économies à réaliser !

Aujourd’hui, pour remédier à ce fléau, Nicole Bricq propose dans son rapport la renégociation systématique des baux les plus coûteux, et encourage certaines institutions à « passer le périphérique »… Chiche !

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