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Le TGV, l’arbre qui cache la forêt

574, 8 kilomètres/heure ! Le 3 avril, notre beau pays, en tout cas le pays médiatique, a retenti de cris de joie et de fierté.

« Une fantastique performance (…), une nouvelle preuve de l’excellence de l’industrie ferroviaire française », s’est réjoui Jacques Chirac qui, il est vrai, n’a plus grand-chose à faire d’autre en ce moment que regarder passer les trains. « Un exploit technologique », a renchéri Dominique de Villepin. « Un exploit humain », a surenchéri Guillaume Pépy, directeur général de la SNCF. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé le lancement d’un programme d’études autour de « l’excellence française de la très grande vitesse ferroviaire ». N’en jetez plus !

Certes la performance technique est bien là, nul ne saurait le nier, encore qu’elle soit plus celle d’Alstom que de la SNCF. Mais n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ?

La forêt des déficits, en premier lieu. L’« exploit technique et humain » se fait aux frais du contribuable. L’entreprise publique affiche des pertes de 260 millions d’euros pour sa branche de transport de marchandise, sans compter une perte exceptionnelle de 640 millions d’euros en 2006. « La situation dramatique du fret plonge en fait le système ferroviaire français dans un état de quasi-faillite, analysait un expert dont Le Figaro a recueilli les propos. Seuls les 10 milliards d’euros de subventions publiques versés chaque année maintiennent la SNCF en vie. » TGV ou pas, le fait est là : la SNCF n’arrive pas à faire face à la nouvelle situation concurrentielle du fret.

Par ailleurs le TGV, tout extraordinaire qu’il soit, est un fiasco commercial.
« Personne n’a osé rappeler que le TGV est un échec à l’étranger, rappelle Nicolas Lecaussin dans le mensuel Société civile. Depuis qu’il existe, nous n’en avons vendu qu’à un seul pays, la Corée, tandis que le train rapide fabriqué par l’allemand Siemens a été vendu aux Pays-Bas, à l’Espagne et en Chine. Ce nouveau train deviendra-t-il un autre Concorde ? »
Enfin, le TGV est une vitrine. Un décor luxueux, qui cache (de moins en moins) le mauvais état des trains de banlieue et des petites lignes de province dont les clients subissent régulièrement pannes, grèves et retards. Un peu comme ces faux villages russes que l’on édifiait hâtivement, au XVIIIe siècle, sur le chemin du tsar pour lui faire croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des empires possibles. Un train Potemkine, en quelque sorte.

Un commentaire pour “Le TGV, l’arbre qui cache la forêt”

  1. Non seulement le TGV est un échec commercial, mais il sclérosé nos campages, au non de ce train un nombre important de gare ont été supprimées.
    Souvent la gare est à l’origine de développement économique ( industrie – logistique ), la SNCF à FERCAMISE ( FER – CAMION ) le trafic frêt. D’ou le nombre important de camion sur nos routes, le déplacement des zônes industrielles vers les autoroutes. Je ne parle pas de la polution, des dangers sur la route, des conditions de travail de certains routiers. Nos politiques se sont fait un point d’honneur à donner l’accès de ce train à leurs concitoyens d’ou un endettement de la SNCF et de notre pays!!!
    En conclusion nous avons concertré l’activité vers les gros centres et nos campagnes se sont désertifiés. Est sérieux et responsable??

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