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Le monde change, la France est à la traîne

Le cabinet d’avocats Ernst & Young publie son “Baromètre 2008 de l’attractivité du site France”. Son constat est sans appel : la France est dans le peloton de tête… des prélèvements fiscaux et des dépenses publiques.

L’observatoire des politiques budgétaires et fiscales d’Ernst & Young met en avant la volonté « mesurée » de la France de maîtriser la dépense publique et sociale. Le gouvernement entend réduire les prélèvements obligatoires de 0,8 % d’ici à 2012, en accordant une priorité à la résorption du déficit. Mais l’OCDE place les prélèvements obligatoires en France à 44,5 % du PIB soit le maximum jamais atteint (pic précédent : 44,4 % en 2000).

Cela implique la réduction des dépenses publiques et sociales d’un peu moins de 1 % par an. – La dépense publique et sociale française s’établit à 54 % du PIB en 2007, devant le Danemark (50,8 %) et la Finlande (50,5 %). Dernier du classement, la Suède (avec 55 %) connaît néanmoins une réduction rapide de 1,2 % du PIB en 2007. Même avec une stabilisation, la France est donc directement menacée de devenir le pays le plus collectivisé.

  • La position de la France en matière de prélèvements obligatoires est moins délicate (4e place à 44,5 %) du fait de l’importance des recettes non fiscales et de la pratique constante du déficit qui entraîne la croissance continue de la dette.
  • Si certains pays continuent d’augmenter leurs prélèvements, nombreux sont ceux, notamment l’Allemagne, la Finlande, la Suède, le Canada et les États-Unis, ayant engagé un effort important de réduction de la dépense publique et des prélèvements obligatoires. L’analyse des pays qui réduisent leurs dépenses publiques et sociales montre que seuls ceux qui choisissent un rythme soutenu parviennent effectivement à atteindre leurs objectifs de diminution.

Ainsi, sur les trois dernières années 2004 à 2007, l’effort de compression de la dépense a été de 4,5 % du PIB pour le Danemark et le Luxembourg, 3 % du PIB pour la Suède, 2 % du PIB pour l’Allemagne, la Finlande et l’Autriche.

De ce point de vue, l’objectif de 4 % du PIB à cinq ans que s’est fixé la France paraît approprié, même s’il ne permettra, au terme de 2012, qu’une réduction modeste des prélèvements obligatoires, la priorité étant donné à la disparition du déficit. Les leviers incontournables pour contrôler la dépense publique et sociale restent la Sécurité sociale et la dépense publique locale.
« Un sursaut de compétitivité fiscale demeure nécessaire », rappellent les auteurs. La France se distingue nettement par son manque de compétitivité notamment en ce qui concerne la fiscalité des entreprises.

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