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Fraude fiscale. Le fisc français et les services secrets allemands unis dans la chasse aux contribuables

Fisc Brother nous regarde ! Les services secrets allemands ayant mis la main sur une liste de ressortissants européens ayant dissimulé de l’argent dans les banques du Liechtenstein, Bercy leur a demandé de lui communiquer les renseignements concernant les Français.

Les citoyens français sont quotidiennement soumis à la surveillance pointilleuse de notre très indiscrète administration fiscale.

• Pour la renseigner sur leurs faits et gestes, celle-ci requiert officiellement l’aide d’une foule de gens : leurs employeurs, banquiers, assureurs, notaires, etc.…

• Pour faire bonne mesure, le fisc accueille aussi volontiers la délation spontanée, en faisant son miel amer des jalousies, inimitiés, rancunes, rancœurs et autres bons sentiments. Se faire construire une piscine, c’est risquer un contrôle fiscal.

Notre train de vie, nos « signes extérieurs de richesse » sont évalués. Les services de Bercy disposent, pour leurs investigations, d’une vingtaine de fichiers informatiques susceptibles d’être recoupés et concernant, entre autres, nos comptes bancaires et postaux, nos salaires, les versements de Sécurité sociale, les revenus de nos capitaux mobiliers, les évaluations immobilières, les successions, la vie des sociétés, etc.

Il manquait à cet espionnage fiscal de faire appel aux services spéciaux étrangers pour compléter ses sources d’information. C’est chose faite. Les services spéciaux allemands, ayant acquis auprès d’un ancien employé de banque des données dérobées concernant l’évasion fiscale vers le Liechtenstein, ont transmis à la Direction Générale des Impôts une liste de contribuables français ayant secrètement déposé des fonds dans les banques de ce pays.

Notre propos n’est pas de prendre la défense des fraudeurs, mais de rappeler deux évidences.
Lutter contre la fraude, d’accord !
Mais :
- encore faut-il que la pression fiscale en France soit supportable. A cet égard, le bouclier fiscal va dans le bon sens ; mais on peut douter de l’efficacité d’un système fiscal si glouton qu’il a déjà conduit à l’expatriation de plus de 100 milliards d’euros de capitaux !
- à condition que le fisc cesse de considérer tous les contribuables comme des coupables à tenir sous haute surveillance. La question que nous posons concerne les libertés des Français. Où la curiosité de l’administration fiscale s’arrêtera-t-elle ? Subsistera-t-il un aspect de notre existence qui demeurera « privé », ou l’Etat, allant au bout de sa logique actuelle, exigera-t-il de connaître le moindre recoin de nos vies ?

Big Brother, ça suffit ! Refusons l’« espionnite » fiscale !

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